‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 69 sur 86 · Son filS; Francis Folger^ mourut à quatre ans · texte numérisé non relu

Son filS; Francis Folger^ mourut à quatre ans

A SAMUEL COOPER

Londres, 13 janvier 1772.

Cher monsieur,

....Quant à mon agence, que je sois réélu ou non, et qu'on permette ou non à l'assemblée générale de me payer on traitement, il n'importe; je n'en continuerai pas moins de faire tous mes efforts pour servir mon pays aussi longtemps que j'en serai capable. Je n'ai rien à demander aux ministres, et je n'en attends rien. Grâce à Dieu, j'ai ce qu'il me faut pour le peu de temps qui me reste à vivre, je suis trop vieux pour toute autre ambition que celle de laisser après moi le nom d'un honnête homme.

Votre histoire du pasteur et de la proclamation est fort plaisante. Je ne puis la comparer qu'à une anecdote que me contait mon père. J'ignore si elle a jamais été imprimée. Charles !«' ordonna de lire dans toutes les églises sa proclamation qui autorisait les divertissements, le dimanche. Beaucoup de pasteurs obéirent, quelques-uns refusèrent, d'autres le lurent aussi vite et aussi indistinctement que possible. Mais, à l'étonnement de la congrégation qui ne s'attendait à rien de pareil , un pasteur lut cette proclamation à haute et intelligible voix. Il la fît suivre du quatrième commandement : Rappelle-toi de sanctifier le jour du sahbat, et dit alors : « Frères , je vous ai lu le commandement de votre roi et le commandement de votre .Dieu , jugez vous-mêmes lequel des deux on doit préférer. » Avec une grande et sincère estime, je suis, etc.

A JOSHUA BABCOCK.

Vagriculture. — • La civilisation.

Londres, 13 janvier 1772.

Cher monsieur,

C'est avec grand plaisir que j'ai appris par M. Marchant, que vous et mistriss Babcock et toute votre bonne famille continuez de jouir d'une bonne et heureuse santé. J'espère vous trouver tous dans le môme état, quand bientôt je viendrai prendre abri sous votre toit hospitalier, comme je Tai fait souvent autrefois. On me dit que le colonel est toujours un actif et habile agriculteur; c*est le plus honorable des emplois, suivant moi, car c'est le plus utile et celui qui rend l'homme le plus indépendant. Son fils, mon homonyme, sera bientôt, j'espère, en état de mener la charrue pour lui.

J'ai fait dernièrement un tour en Irlande et en Ecosse. Dans ces contrées il y a un petit nombre d'hommes qui sont propriétaires, nobles, gentlemen; leur opulence est extrême; ils vivent dans l'abondance et la magnificence. La masse du peuple est composée de tenanciers, extrêmement pauvres, qui vivent dans une misère sordide, couchent dans des tanières de boue et de paille, et ne sont vêtus que de haillons.

Je pense souvent au bonheur de la Nouvelle Angleterre. Là, chacun est propriétaire, chacun a son vote dans les affaires publiques, chacun vit dans une maison propre et chaude, avec abondance de bonne nourriture et de chauffage, et s'habille de la tête aux pieds avec de bons vêtements, fabriqués peut-être par sa propre famille. Puissent les habitants de mon pays, conserver longtemps cette situation ! Mais s'ils envient le commerce de la Grande- Bretagne, je puis les mettre à même d'en avoir une part. Qu'ils fassent comme les Itoia ()]s\ax\A ^\x \^\^<^ ^\é^s(a&^^

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qu'ils vivent de pommes de terre et de petit lait ; alors leurs marchands pourront exporter du bœuf, du beurre et de la toile. Qu'ils aillent Qi^jai^es et Qntpie^ç, oomme la plupart des Écossais, ils pourront faire une grande exportations de souliers et de bas, et s'ils se résignent à porter des haillons, comme les fîleurs et les tisserands d'Angleterre, a» pourront fournir da draps «t d'étoff09 le monàJ^ ant|er. ^nân, si mes compatriotesambitionneat; Tbopii^^F i'^^Qif parmi eux una gentilhommerif) ^aorméme^t ric^i qu'iU vendent leurs domftia^s et qu'ils p^ye^t uq )pur4 faN mage ) le pUteau des prop7i4l^irf « s'élèvera autant que bai^^ara celui des ten^ncisri^, et<^es tenanciers de-» yie»droQt bieptOt pauvres, déguenillés» çr^eu^, san^ courage et sans énergie. Si je n'avais jaqiaiç é|é on Aipérique, s'il mç fallait me faire uae idée de I» ^piété civiUr sôe sur ce que je viens de yoir, j^mai^ j^ m cposeillQf^ à un peuple de sauvages de se ranger à la civilisation \ car je vous assure que, pou? la jeui^ançe ^t le }>iç&-Atpe 4q la vie, tout Indien comparé h ces pauvre» gei^s est im g$fUl$man; il semble que Teffet le plus clair da cf)^ espèce de civilisation soit d'abaisser les multitu4e§ ^"^ dessous de l'état sauvage, afin qu'une poigué^ d'homme suit élevée au-dessus. Mes meilleur? soubiùts^ vpu$» g,% ^ux vôtres, eto, P, F,

A SAMUEL FRANKL».

lyondres, 15 j9.pviep 1772^ Plier po^si^,

J^ai yeçu votre bppue lettre du 8 novembra , je nwi réjouis d'apprendre qu^ vous vous portez tous bie|i^ vQUSi votre chère femm^ et vos quatre filles, J'espère <m'f Uea trouveront toutes de bons maris, J'osç dire qu'oUea ont été élevées de façoïi à, les mériter,

J'iSi counu un saga \\Q\\\axâ^ q^\ c^^wmllait ^sj^[e^l^

DE SBNJAMIK FRANKLIN. 275

amis de prendre leurs femmes dans un tas; car, disait-il, quand il y a plusieurs filles elles se eorrigent l'une l'autre^ l'émulation leur fait acquérir plus de talents, elles en apprennent et en font davantage, et sont moins gâtées par la faiblesse paternelle que ne l'est un enfant unique. A vos filles mes meilleurs souhaits et mes bénédictions, si elles ont quelque prix ! Votre affectionné cousin. B. F.

A IdSTRISS pieOB^ IÏUNKI4N.

Londres, 28 janvier ITTl, Ma obère enfant.

Je vous ai écrit dernièrement plusieur3 petites lettre^, en vous promettant de vous écrire plus lon^ueiAent pjtr le capitaine Falconer; c'est ce que je fais maintçnant en ayant plusieurs de vos lettres sous les yeux, Je prends note des sommes considérables que vous avez psgr^es ; il était inutile de m'envoyer lei5 quittances ; vçtre compte suffit.

Les petites histoires de notre petit-fils n^'apiuseot beaucoup, je suis heureux de penser à tout Je plaisir qu'il vous donne. Je prie Dieu de le cçnsçrvQr h, nou9 et à ^e8 père et mère. M. Bâche* est sur son déport, Ça tenue m'a beaucoup plu. Je lui ai conseillé de s'établir h, Philadelphie, où j^espère qu'il réussira. Je vous ai déj^ dit que j'^Vdi9 vu sa mère et ses sœurs à Preston; çq ^out de9 («eus fort bien élevés et très-agréables.

J'ai reçu la soie de votre jeune voisine Haddock, et je rai portée à ses parents, qui sont dans une bonne situation; ils ont un magasin de draps et de toiles dans Bishop's gâte Street. Un de leurs parents , qui est fabricant ^ Spitalfields, tirera bon parti de cette soie. J'honorerai toute jeune dame qu'à mon retour je trçuyerai habiUée de la soie

J. Le gendre de Franklin.

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qu'elle aura fait produire elle-même. Je vous remercie des saucières; je suis channé de voir un tel progrès dans la fabrication de la porcelaine. Du fond du conir, je lui souhaite de réussir.

Mistriss Stevenson, elle aussi, aime beaucoup qu'on Im parle de votre petit garçon. Son petit -fils, mon filleul, est un bel enfant de neuf mois. U a un regard aitentif, ol^r* vateur, sagace, comme s'il avait un grand fonds de raison; mais il ne sait pas encore assez notre langue pour nous dire tout cela intelligiblement. Sa mère le nourrit elle-même, et je Peu estime, car ici cela n'est point du tout à la mode, aussi y a-t-il un grand noihbre de petits innocents qui souffrent et meurent. L'enfant s'appelle William.

Les écureuils sont arrivés sains et sauCs. Vous verrez par la lettre ci-incluse avec quel plaisir ils ont été reçus. On vous envoie un millier de remerciments pour eux; quant à moi je vous remercie de la promptitude que vous avez mise à exécuter la commission. Le sarrasin et la farine de mais sont arrivés en bon état. Ce sera un grand régal pour moi cet hiver, car, ne pouvant être en Amérique, tout ce qui vient de mon pays me console un peu, et me rappelle ma maison. Les pêches séchées sont excellentes, surtout celles qui ont été séchées sans la peau. Celles qui ont leur peau ne m'ont pas paru aussi bonnes. Les pommes sont les meilleures que j'ai jamais mangées, et n'ont reçu en route aucmi dommage. L'esturgeon dont vous me parlez n'est pas arrivé , mais cela n'a pas grande importance.

J'espère que notre cousin Fisher réussira en ce pays. Cest un homme sage et honnête, et quand je l'ai vu à Birmingham, il m'a paru qu'il avait tout le respect de ses parents et de ses amis. Il lui faudrait une femme active, vive, laborieuse. Je vous ai envoyé d'Irlande une belle pièce de toile fine; vous ne m'en parlez pas dans votre lettre du 2 décembre ^ et cependant vous devriez Pavoir reçue ; cela me îail craVudiô ofxlçiW^ \i^ w^^^^t^f^.

Je vous ai écrit de Dublin et de Glasgow eu Ecosse. J'ai été près de sept semaines en Irlande et quatre semaines en Ecosse ; en tout j'ai été absent de Londres plus de trois mois. Mon voyage a été fort agréable ; j'ai reçu mille politesses de la gentry des deux royaumes, et ma santé a beau* coup gagné par le grand air et Pexercice.

J'ai conseillé à M. Bâche de ne faire d'affaires qu'au comptant, et de se résigner à moins vendre. C'est la plus sûre façon et la plus facile de faire le conmierce. Je lui ai donné deux cents livres sterling pour ajouter quelque chose à sa pacotille. Mes tendresses à notre chère Sally. Votre man affectionné. B. F.

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