Cesi-k*dïre inamovibles
2. L'article XFV avait été supprimé par Franklin et ses amis.
Nous n'eûmes pas une longue conversation sur ces différents points, parce que j'y coupai court en faisant observer que tant que le Parlement réclamerait et exercerait le droit de changer à volonté nos constitutions, il ne pouvait pas y avoir d'arrangement; tous nos droits étaient menacés, et nous n'étions sûrs de rien. On me fit sentir combien un arrangement était nécessaire à l'Amérique, puisque rien n'était plus facile à l'Angleterre que d'incendier tous nos ports. Je m*échauffai alors, et je dis que la majeure partie de machétive fortune consistait en maisons dans ces ports, que les Anglais pouvaient en faire des feux de joie si bon leur semblait, mais que cette crainte ne changerait jamais ma résolution de résister jusqu'au bout i cette prétention du Parlement, qu'au surplus l'Angleterre ferait bien de prendre garde au tort qu'elle nous ferait éprouver, parce que, tôt ou tard, elle serait certainement forcée de nous payer dommages et intérêts! Le docteur sourit, et, je crois, en approuvant mes paroles, quelque vives qu'elles fussent; il me dit que certainement il les rapporterait le lendemain à lord Dartmouth.
Pendant que nous causions du plan, M. Barclay conta qu'étant allé un jour chez lord Hyde, il y trouva lord Howe, et que lord Hyde lui avait dit : « Vous •pouvez tout dire devant lord Howe, c'est un ami en qui je me fie; » sur quoi il lui avait parlé avec autant de liberté qu'à l'ordinaire. J'appris ainsi comment lord Howe avait eu la eopie du plan qu'il m'avait montrée. M. Barclay ajouta qu'il était question d'envoyer sur les lieux un commissaire avec des pouvoirs suffisants pour prendre connaissance des sujets de
plaintes et y faire droit, à certaines conditions, mais qu'il était difficile de trouver un homme propre à cette mission. — « Pourquoi n'en pas charger Iprd Hyde ? lui dis-je. C'est un homme prudent et sage, une personne de haut rang qui s'acquitterait fort bien de cet emploi , ou, s'il ne voulait pas s'en charger, lord Howe, dont vous venez de parler, y conviendrait, k mon avis, parfaitement. » Tout cela n'était qu'une conversation, et nous nous séparâmes.
Lord Ghatham ayant fait imprimer, pour le soumettre au jugement du public, le plan que les lords avaient rejeté, j'en reçus six exemplaires de lord Mahon, son gendre, et je les envoyai h différentes personnes; en Amérique.
Il se passa plus d'une semaine sans que j'entendisse parler de négociation, et tout mon temps était employé à voir les membres du Parlement, quand je reçus un billet de M. Barclay. Il me mandait qu'il était indisposé, et qu'ayant besoin de me voir, il me priait de passer chez lui. Je m'y rendis le lendemain matin; il me dit qu'il avait vu lord Hyde, qu'il avait eu un nouvel entretien avec lui sur les articles, qu'il savait maintenant à fond ce qu'il fallait pour faire marcher l'affaire, qu'il désirait donc que nous prissions un nouveau rendez-vous avec le docteur Fothergill, et qu'il tâcherait de nous apporter un plan rédigé d'après ce qui avait été proposé et accordé des deux côtés, en y joignant quelques propositions de son cru. J'y conbentis volontiers, l'entrevue fut fixée au jeudi soir, 16 février.
Lorsque nous fûmes réunis, M. Barclay nous lut ce qui suit :
Plan d'où résulterait^ on le croit^ une union permanmtê entre la Grande-Bretagne et ses colonies,
I. On payera le thé détruit, et, pour éviter toute perte de temps et commencer de suite l'œuvre désirable de la réconciliation, on propose que l'agent ou les agents de la province prennent, dans une pétition au roi, l'engagement que ce payement aura lieu, et qu'en conséquence de cet engagement, un commissaire soit autorisé, par une clause d'un acte du Parlement, à ouvrir le port de Boston (en suspendant le bill du port de Boston) aussitôt après ce payement.
IL L'acte du thé sera rapporté, autant pour l'avantage de la Grande-Bretagne que pour celui des colonies.
III. Le château William sera restitué à la province de Massachusetts en l'état où il se trouvait, avant que le gouverneur Hutchinson l'eût livré.
IV. Gomme il est à croire que le commencement des mesures conciliatrices calmera considérablement les esprits en Amérique, on propose que les habitants de la province de Massachusetts] adressent une pétition au roi, et y établissent leurs objections contre ledit acte '. U est entendu que ledit acte sera rapporté. En attendant^ le conamissaire aura le droit d'en suspendre l'exécution , afin de mettre les habitants en état de faire la pétition.
V. Les diverses provinces qui se croient lésées par le bill de Québec, présenteront des pétitions par leurs assemblées, et il est entendu que cet acte sera rapporté en ce qu'il étend le territoire du Canada au delà de ses anciennes limites.
YI. Le statut d'Henri YUI sera formellement désavoué par le Parlement: