A LORD HOWE
Le matin du même jour, 20 février, on eut soin de répandre dans toute la ville le bruit que lord Norlh ferait ce jour-là, à la chambre des communes, une motion pacifique pour guérir tous les différends entre TAngleterre et TAmérique. Aussi la chambre fut-elle pleine, et chacun y était dans l'attente. Le parti Bedford, ennemi de l'Amérique et qui avait poussé aux
mesures de sévérité^ était alarmé et oommençait à jeter les hauts cris contre la timidité du ministre et contre la fluctuation de sa politique. Ce parti commençait à compter les voix, pour voir si l'on ne pourrait, en rejetant la motion de lord Nortb, le désarçonner et le jeter hors du ministère. Les amis de ce dernier craignaient donc pour lui, et de tous côtés on cabalait et on chuchotait dans la salle. Enfin il fit la motion annoncée, mais je doute que ce fût celle qu'il avait d'abord dessein de faire. Elle était si mal rédigée, elle répondait si peu à l'intention qu'on lui avait prêtée que je soupçonne fort qu'à l'origine elle se rapprochait plus du plan de M. Barclay, mais qu'à l'instant de la proposer, lord North la mutila, d'après les avis qu'il reçut. Mon ancienne proposition d'abandonner aux colonies le produit des droits commerciaux s'y retrouvait, et bien des gens qui ignoraient ce qui s'était passé disaient que c'était ce qu'il y avait de mieux dans la motion.