A THOMAS BOND
Passy, 16 mars 1780.
Cher monsieur,
f ai reçu votre bonue lettre du 22 septembre; je vous remercie des agréables nouvelles que vous me donnez de la santé et du bien-être de mes vieux amis, Hugh Roberts, Luke Morris, Pbilip Syng, Samuel Rboads, etc., sans oublier ni vous ni votre famille* Aux vieux , donnez de ma part une poignée de main ; aux jeunes donnez ma bénédiction. Pour moi, je ne trouve pas que je vieillisse. Une fois arrivé à soixante-dix ans, j'ai réflécbi qu'à suivre la môme route, j'arriverais probablement à la tombe; aussi me suis-je arrêté court, j'ai tourné bride, et je me suis mis à retourner en arrière. Voici quatre ans que je fais cela, ne me donnez donc plus que soixante-six ans. Conseillez à nos vieux amis de suivre mon exemple ; maintenez-vous en bonne humeur, cela maintiendra votre corps; vous ne plierez pas plus sous le faix de l'âge que si vous avies avalé une hallebarde.
Je suis charmé que la Société philosophique ait fait ce compliment à M. Gérard *• Je voudrais qu'elle en fit autant pour M. Feutry , uu homme de mérite, et pour le docteur Ingenhousz qui vient de faire de grandes découvertes sur le rôle que jouent les feuilles des arbres, en épurant l'air pour l'usage des êtres animés. Je vous enverrai son livre. II est médecin de Tlmpératrice-Reine. Je n'ai pas encore vu votre écrit sur l'inoculation. Je suis toujours, etc.
P. S. J'ai acheté quelques bons livres que je veux offrir
1. Médecin à Philadelphie. Voy. les Mémoires de Franklin^ p. 233.