‹ CorrespondanceChapitre 60 sur 95 · A UN AGENT DES CROISEURS AMÉRICAINS · texte numérisé non relu

A UN AGENT DES CROISEURS AMÉRICAINS

Le pavillon couvre la marchandise,

Passy, 30 mai 1780.

Monsieur,

Dans ma dernière lettre du 27 courant, j'ai omis de vous parler d'une chose importante. Je vous prie de donnera nos croiseurs des ordres formels pour qu'ils ne saisissent plus de vaisseaux hollandais , quoique chargés de marchandises ennemies, à moins qu'elles ne soient de contrebande. Tous les États neutres de TEurope semblent disposés à changer une règle qu'on avait considérée jusqu'à présent comme le droit des gens, c'est-à-dire : on prend le bien de Vennemi partout où on le trouve; on veut établir comme règle que les vaisseaux libres font les marchandises libres *. Cette règle est en elle-même si raisonnable et peut avoir de si bons effets pour Thumanité, que je désire vivement qu'elle devienne générale. Et je ne fais pas de doute que le Congrès ne Taccepte, aussi largement que l'ont déjà fait la France et l'Espagne*. En attendant, et jusqu'à ce que j'aie reçu des ordres à ce sujet, c'est mon intention de ne plus déclarer de bonne prise les articles anglais saisis sur les vaisseaux hollandais , s'ils ne sont contrebande. J'ai trouvé juste de vous donner cet avis à Tavance pour que vous puissiez éviter les ennuis et les frais qui résultent de

1. Nous disons en français : Le pavillon couvre la marchandise.

2. C'est Timpératrice Catherine de Russie qui eut la gloire de proposer cette nouvelle règle de droit des gens. Sa proposition fut aussitôt acceptée par le Danemark, la Suède, la Hollande et le Portugal.

ces captures, et de leur détention jusqu'au jugement. Avec une grande estime et mes meilleurs vœux pour le succès de votre entreprise, j'ai l'honneur d'être, etc. B. F.

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