A RICHARD PRICE
De la tolérance,
Passy, 9 octobre 1780.
Cher monsieur,
J'ai eu le plaisir d'apprendre, par vos deux estimables amis et par votre lettre, que vous jouissez d'une bonne santé. Puisse Dieu vous la conserver , autant pour le bien de Phumanité que pour votre bonheur ! Je vous remercie beaucoup de la seconde édition de votre excellente brochure. J'ai envoyé à M. Dana l'exemplaire que vous lui destiniez; il est en Hollande. Je désire voir le morceau que vous avez écrit sur la tùlérance^ à ce que m'a dit M. Jones. Je n'espère pas que votre nouveau parlement soit ou plus sage ou plus honnête que le dernier. Tous les projets que l'on fait pour avoir un parlement honnête , lois sur les places, etc. , me paraissent vains et impraticables. Le vrai remède, selon moi, c'est de faire que les places ne rapportent rien, et de rendre le roi trop pauvre pour pouvoir donner ni argent ni pensions. Jusque-là (ce ne peut être que le résultat d'une révolution , et je ne crois pas qu'il vous reste assez de vertu pour en faire une) votre nation sera toujours pillée et obligée de payer des impôts, afin que les pillards la pillent et la ruinent. La liberté et la vertu s'unissent donc pour vous crier : c Sortez d'ici,