‹ CorrespondanceChapitre 66 sur 95 · MON PEUPLE · texte numérisé non relu

MON PEUPLE

Je suis entièrement de votre avis en ce qui touche les tests religieux*. Mais, quoique le peuple du Massachusetts

1. On appelait en Angleterre tw^, ou épreuve, certaine confession religieuse qu'il frUait signer, certains actes religieux qu'il fallait faire pour jouir des privilèges civils réservés aux membres de l'Ëglise anglicane. Il y avait aussi des tests dans les colonies américaines; c'était le moyen d'assurer la domination d'une Ëglise nationale, c'est-à-dire privilégiée. En Amérique tout cela a disparu depuis longtemps.

2â2 CORRESPONDANCE

ne les ait pas tout à fait abolis daus sa nouvelle constitua tion, cependant si nous nous rappelons ce qu'était ce peuple il y a cent ans, nous conviendrons qu'il a fait de grands pas vers la libéralité de sentiments en matière religieuse ; et nous pouvons espérer qu'il ira encore plus près de la perfection, quand, dans quelques années d'ici, il révisera sa constitution. Si les prédicateurs chrétiens avaient con* tinuô d'enseigner comme firent jadis Jésus- Christ et ses apôtres» ou comme font les quakers aujourd'hui, sans exiger de salaire, j'imagine qu'il n'y aurait jamais eu de tests^ car je crois qu'on les a inventés bien moins pour protéger la religion môme , que pour s'en assurer les bénéfices. Qu'une religion soit bonne, elle^e soutiendra d'elle-même; qu'elle ne puisse se soutenir, ou que Dieu daigne si peu la soutenir, que les hommes qui la professent soient forcés de recourir à l'autorité civile , c'est un signe , je crois, qu'elle ne vaut rien. Mais , à me plonger dans ces profondeurs de la théologie, je perdrais pied; je ne vous ennuierai point davantage ni de politique > ni de nouvelles qui ne sont point choses plus certaines. Je conclus aveo le désir de vous embrasser encore une fois, et de jouir en paix de votre aimable société , au milieu de nos honnêtes, bons et spirituels amis au London*. Adieu. B. F.

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