‹ CorrespondanceChapitre 75 sur 95 · A WILLIAM HODGSON · texte numérisé non relu

A WILLIAM HODGSON

Conduite de M. Digges*,

Passy, 1" avril 1781.

Cher Monsieur,

J'ai reçu votre honorée du 20 passé, je suis révolté de ce que vous me dites de Digges. Celui qui dérobe au riche une seule guinée est un misérable ; mais quel nom donnera celui qui viole un dépôt sacré, qui vole de pauvres prisonniers en leur prenant les dix-huit pences que la cba* rite lui a confiés, qui répète ce crime autant de fois qu'il y a de semaines dans un hiver, et qui le multiplie en volant six cents pauvres par chaque semaine? Il n'y a pas de mot dans notre langue pour flétrir une telle scélératesse. Si ce drôle n'est pas damné, à quoi sert-il d'avoir un diable ?

1. Ce Digges s'était chargé de distribuer de l'argent aux prisonniers de guerre américains, en Angleterre, et il avait gardé

pour lui cet argent.

Je regrette que vous ayiez été obligé d'avancer de l'argent. Il y a quelque temps, j'ai prié M. Grand de vous envoyer un mandat de deux cents livres sterling, payable à Londres. S*il ne l'a point fait, tirez sur lui pour deux cent cinquante livres, payables à trente jours de vue ; votre billet sera payé.

.... Avec vous, avec tous les honnêtes gens, je tais des vœux pour la paix ; il y a eu des propositions de médiation, mais l'effet en est encore incertain. Je n'oublierai pas votre requête, vous pouvez compter que pour vous rendre service, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir. Avec une sincère estime, je suis, cher monsieur, etc. B. F.

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