Pasteur anglais, prisonnier sur parole, à Valognes
bientôt remis en liberté et reconduit en Angleterre. En attendant si cinq louis d^or peuvent vous ôtre de quelque service, ayez la bonté de tirer sur moi pour le montant de cette somme ; votre billet sera payé à vue. Un jour ou l'autre vous aurez peut-être occasion d'aider de pareille somme un étranger qui en aura un égal besoin. Faites-le. Par ce moyen vous acquitterez l'obligation que vous croirez avoir contractée envers moi. Dites à votre obligé d'en faire autant à l'occasion. En poursuivant cette pratique on peut faire beaucoup de bien avec peu d'argent. Rendons service à la ronde. Les hommes sont tous de la même £a* mille. J'ai l'honneur d'être, etc. B. F.
A JOHN ÂDÂBIS.
Passy, 12 octobre 1781.
Monsieur,
J'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le k courant ' . Je n'ai jamais connu de paix, même la plus avantageuse, qui n'ait été critiquée comme insuffisante ; tandis que ceux qui l'ont faite sont dénoncés comme maladroits ou corrompus. Bienheureux ceux qui font la paix^ doit être entendu je suppose, d^un autre monde, car dans celui-ci ils sont souvent maudits. Gomme je suis encore un peu trop attaché à ce monde, je n'avais aucune ambition d'être appelé à fabriquer la paix, et j'ignore comment on m'a mis dans la commission. Je n'en regarde pas moins comme un honneur de vous être associé dans une affaire si importante, et si la chose se fait de mon vivant, ce que je n'ose espérer, je ferai de mon mieux pour vous aider à remplir cette fonction.
1. Le congrès venait de nommer commissaires, pour négocier la paix en Europe, et de concert avec la Cour de France, John Âdams, Benjamin Franklin, John Jay, Henry Laurens, et Thomas Jefferson. Ce dernier n'accepta pas, et resta en Amérique.
DE BENJAMIN FRANKLIN. ^bi
.... J'espère que votre santé est entièrement rétablie. Je ne doute pas que vous ne preniez le conseil d'habiles médecins, autrement j'oserais vous offrir mon avis qui serait de prendre quelques doses de quinquina pour fortifier votre constitution et prévenir le retour de la fièvre. Avec le plus grand respect, j'ai l'honneur d'être etc.
A EDMOND BUBKE.
Concernant Vèchange du général Burgoyne et de M, Laurens,
Passy, 15 octobre 1781.
Monsieur,
J'ai reçu, il y a quelques jours seulement, votre aimable lettre d'août dernier, où il est question du général Burgoyne.
Tant que les fous d'ioi4)as continueront de temps en temps à se faire la guerre, parce qu'ils n'ont pas asses de bon sens pour s'arranger k l'amiable, ce sera le métier des sages d'alléger autant que possible les calamités de ces guerres qu'ils ne peuvent prévenir. M. Burke a toujours tenu une grande place dans mon estime, mais le vif intérêt qu'il prend à son ami le rend encore plus aimable, et me rend encore plus précieux l'honneur qu'il me fait de me mettre au nombre de ses amis.
Je ne crois pas que le Congrès ait aucun désir de persécuter le général Burgoyne • . Avant de recevoir votre lettre, je n'avais pas entendu dire que le Congrès Peut rappelé. Sî l'on a pris cette décision, je suppose qu'elle est condition-» nelle, et qu'elle ne doit s'exécuter qu'autant qu'on n'accepterait pas l'offre faite par le Congrès d'échanger le général
1 . Il était prisonnier sur parole, et dans son propre pays, en Angleterre.
contre M. Laurens* ; cette décision n'aurait pour objet que de fortifier l'offre en question.
Je viens de recevoir une copie authentique de la résolution du Congrès qui propose cet échange. Gomme je n'ai aucune communication avec vos ministres, je vous envoie cette pièce. Si vous trouvez moyen de négocier cette affaire, je suis sûr que de rendre un aussi galant homme à sa famille et à ses amis, sera pour vous double plaisir. Avec un grand respect et une invariable affection, je suis, Monsieur, votre très«obéissant et très-humble serviteur.