‹ Correspondance complète de la marquise du Deffand avec ... le présidentChapitre 14 sur 53 · II · texte numérisé non relu

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père qu'elle m'apprendra que tout le monde se porte bien; que cela ne vous dispense pas, monsieur, si vous avez quelque moment de loisir, d'en taire usagée pour m' informer de tout ce qui se passe à Chanteloup; j'y suis toujours en esprit, mais je n'en ai pas moins besoin d'en être instruite.

Vous ne vous attendez pas que je vous mande rien de ce pays-ci, je crois qu'il n'y a rien de nouveau, j'entendis hier la réponse de la Harpe à VÊpître de Voltaire à Horace; elle sera imprimée mercredi, sans doute qu'on vous l'enverra. Je préfère votre correspondance à celle de ces grfinds poètes.

Voilà une chanson que }'ai apprise ces jours-ci ; je vous en dirai Fauteur quand vous l'aurez lue; il y a, dit-on, vingt-cinq ou trente ans qu'elle est faite.

Eh bien?

VoUâ m'entendez bien'.

La mienne est d'aimer tout ce qui est à Chanteloup, et vous en particulier, monsieur. Vous reverra-t-on bientôt?

Paris, dimanche 13 décembre 1772.

Ce dont je suis le plus pressée en ouvrant vos lettres, c'est d'en savoir la date; toujours Stravrberry-Hill! Ne verrai-je donc

^ Je ne comprends pas cette cbaiiaon. (if. de CIsUJ) On trouve le mot de cette énigme impie dans le couplet imprimé, avec quelques variantes, dans les Contes ihéologiques ^ t. !<'■', in-S», 1783.

IMPROMPTU DE VOLTAIRE A DES DAMIiS QUI LUI DEMANDAIENT UN HYMNE A LA VIERGE.

Air : Vous m'eniendez bien.

Divine Mère du Sauveur, Prier pour moi, pauvre pécheur.

Qui n'ai jamais pu croire ,

Eh bien!

Un mot de votre histoire ; Vous m'entendez bien.

Voir V Intermédiaire, excellent petit recueil ; n» 12, 31 août 186ib, p. iS3. (L.)

jamais : de Londres? Quelle abominable goutte !. il y a trois mois qu'elle dure. Je crois que notre ami Craufurd vous trouvera terriblement changé; j'exige de lui on récit fidèle. Qu'y a-t-il à gagner d'être trompé? Je crois que vous ne m'avez rien caché de vos souffrances; de tout ce que vous valez, c'est votre vérité que j'estime et que j'aime le plus; elle ne m'est pas souvent favorable, mais j'ai la satisfaction de ne point traiter avec un masque, de ne point recevoir de fausse monnaie; je sens parfiaitement à qui j'ai affaire, et si je suis trompée, je ne peux m'en prendre qu'à moi. Je me suis plu quelquefois» je l'avoue, à me tromper; c'était une faiblesse d'enfant, mais j* en suis bien revenue.

J'ai peu de choses à vous dire aujourd'hui qui me soient personnelles. Madame de Mirepoix doit m' amener cette^ aprèsdtnée mademoiselle Pitt ' ; elle prétend qu'elle a demandé à me voir, et qu elle aurait très-mauvais air à son retour en Angleterre, si on savait qu'elle ne m'a point vue. C'est apparemment à vous que je dois cette célébrité; si elle était vraie, f&[ï serais très-flattée, mais je sais trop ce qu'il en faut rabattre.

«Les Beauvau, qui ont fait un voyage en Lorraine, sont de retour de jeudi au soir; j'ai vu hier et avant-hier le prince et non la princesse, mais elle soupera chez moi demain : elle est venue fort à propos ; on espère beaucoup en elle pour empêcher M. le duc d'Orléans de suivre l'exemple que vient de lui donner le prince de Condé, en se réconciliant avec le roi, malgré la protestation qu'il avait signée avec les autres princes, par laquelle ils faisaient serment de ne jamais reconnaitre le nouveau parlement, et protestaient contre ce que la force ou la faiblesse pourrait leur faire faire. C'est M. le comte de la Marche* (qui était le seul qui n'eût point signé la protestation) ei M. de Soubise qui ont été les négociateurs; il y en a qui disent aussi l'abbé Terray ; mais on affirme que ni le chancelier, ni le d'Aiguillon, ni la dame' n'y ont eu la moindre part. Personne ne doute que le duc d'Orléans n'ait le plus grand désir de faire comme son cousin : il n'y a que son fils qui le

1 Mademoiselle Anne Pitt, sœar unique du premier comte de Chatham. (AJi.)

3 Filii du prince de Gonti , le seul des princes du sang (|ui se soit constamnent teoo du c6té de la cour dans ses discussions avec le parlement de Paris. (A. N.)

Madame du Bairy. (A. N.)

retienne; c'est un jeune homme trés-entété, et qui croit, ainsi que son oncle le prince de Gonti, jouer un grand rôle en étant à la tête d'une prétendue faction, qui n'a produit ni ne produira jamais d'autre effet que de n'être bonne à rien, et de ne pouvoir procurer du bien à leurs amis, à leurs domestiques, à la chose publique et à leurs propres af&iires. Ce n'est pas ici comme chez vous : il faut être ici à la tête d'une armée quand on veut faire des remontrances. Ces g^rands princes, depuis leurs protestations, sont devenus des bourgeois de la rue Saint- Denis; on ne s'aperçoit point à la cour de leur absence, ni à la ville de leur présence.

On nommera incessamment la maison du comte d'Artois; quand la liste paraîtra, je vous l'enverrai, et vous saurez ce qu'on peut écrire par la poste. Quand je trouverai des occasions sûres, je vous dirai tout ce qui viendra à ma connaissance ; j'ai préféré cette fois-ci de vous écrire par Couty *, à M. de Lauzun qui a dû partir cette nuit pour aller passer six semaines chez vous. Qu'y va-t-il faire? C'est ce qu'il ne sait pas, je crois, mieux que moi. Je vous envoie la réponse de la Harpe*, une chanson et de petits vers sur M. le prince de Condé : il y en aura sans doute une infinité d'autres; je recueillerai ceux qui en vaudi^ont la peine , et vous les aurez quand j'en trouverai l'occasion.

M. de Choiseul a eu un très-gros rhume; il s'est cru de l'eau dans la poitrine, et, pour la première fois de sa vie, il était devenu fort triste et fort inquiet : vous devez juger de l'état de la grand'maman. Dans ce même temps arriva la clavicule de l'abbé*, et une compagnie de vingt personnes dont elle n'était l'objet d'aucune. Cette femme, pas plus grosse qu'une petite poupée, a un courage de lion; tout le monde devrait l'adorer et l'aimer, mais elle ne produit point cet effet; on Testime, mais elle ennuie, parce que les vertus, quoique supérieures aux sentiments , ne sont pas si agréables : on est forcé à les admirer, mais cette admiration est une sorte d'effort qui fatigue. Voilà un raisonnement tout à fait de son goût; n'allez pas vous révolter contre : songez que je vous parle à l'oreille, et

^ Le frère d'une femme de chambre de madame du DefFand , qui était domestique en Angleterre. (A. N.)

3 Cette pièce avait pour titre : Réponse d* Horace à M. de Voltaire, en réponse à son Epitre a Horace, (A. N.)

3 L'abbé Barthélémy s'était, par une chute, cassé la clavicule. (A. N.)

DE Madame la marquise du deffand. J93

qu'excepté Wiart, qui est une sorte de muraille, personne ne m'entend.

Voici la chanson, sur l'air : Réveillez-vous, belle endormie.

Pour faire une fausse démarche Condé se montre le premier; Crainte que son cousin la Marche Des hommes ne soit le dernier.

Vers adressés à madame de Monaco.

Quand le prince est à vos genoux, Vous sentez que le prince est roux ; Et lorsque le prince vous lorgne.

Je vois que Son Altesse est borgne.

Je donne à madame de Luxembourg, pour ses étrennes, un coffre de parfilage, c'est-à-dire couvert de fil d*or; c'est la mode : ce coffre sera rempli de diablotins ; elle les aime à la folie. J'ai prié vainement Pont-de-Veyle de me faire des Couplets; il ne l'a pas voulu, je les ai faits moi-même; ils sont détestables, qu'importe? les voici. Air : Réveillez-vous, belle endormie.

Je désirais que cette étrcnnc Fût accompatfnée d*un couplet; Je n*ai pu tirer de ma veine Un seul vers qui m*ait satisfait.

Je me suis adressée aux diables, A leurs ministres les lutins, Mais les trouvant peusecourables, Mon recours est les diablotins.

Paris , 5 janvier 1773. Les fecteurs ne rendent les lettres dans ce temps-ci que le lendemain de leur arrivée, par le grand nombre qu'ils en ont à distribuer ; ainsi , quoique je vous aie écrit dimancbe , je vous écris encore aujourd'hui , pour répondre à votre lettre du 27 que je reçus hier. Je vois avec peine que vos forces reviennent bien lentement; j'admire votre courage, et de vos vertus c'est celle que j'envie le plus et que je n'aurai jamais; ce n'est pas à

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mon àçe qu'on peut l'acquérir; j'en suis bien £àchée, sant parfaitement tous les inconvénients de la faiblesse.

J'ai reçu par madame Damer deux exemplaires des Leiires de madame de Pompadour; j'ai fait grand plaisir à Pont-de- Veyle en lui en donnant un. Vous pouvez lire ces lettres, elles ne sont sûrement pas de madame de Pompadour; mais elles ne sont pas ennuyeuses ni de mauvais ton; il y a du mal de beaucoup de gens. Je suis curieuse de savoir comment vous aurez trouvé celle de M. le duc d'Orléans '; j'avoue qu'elle me parait très-bonne; il me semble seulement qu'elle s'est fait trop attendre; c'est le, sujet de toutes les conversations et de toutes les disputes.

Je ne reçois plus de nouvelles de Voltaire. Peut-être m'a-t-on fait des tracasseries avec lui. Il a écrit à d'Âlembert que le roi de Prusse lui avait envoyé une jatte de porcelaine où il y avait un Amphion, une lyi*e et une couronne de lauriers; Voltaire, par. sa réponse, lui a demandé s'il mettait ses armes partout. Ce roi lui a répliqué par application de ces trois choses à sa Henriade, à tous ses autres ouvrages, et même à ses bâtiments, car il prétend avoir construit une ville. Voltaire a envoyé copie de cette lettre que l'on dit être charmante, et à qui par conséquent le récit que je viens de vous foire ne ressemble pas.

Le livre dont vous êtes charmé réussit parfaitement ici ; mais il vient d'être défendu. Tout le monde dit qu'il est de l'abbé Ra3fnal* : on en doit être étonné, car les ouvrages qu'il a faits précédemment ne donnaient pas lieu de penser qu'il eu pût feire un aussi bon que le dernier; je ne l'ai point lu, je n'ai pas l'esprit assez solide pour faire de telles lectures, elles demanderaient une application dont je suis incapable, et un désir de s'instruire que je n'ai pas ; je ne cherche qu'à tuer le temps, faute de trouver les moyens de le bien employer. Je ne veux pas vous faire perdre le vôtre par une plus longue lettre. Adieu.

Que vous dirai-je de mademoiselle Pitt? Elle m'a rendu deux ▼isîtes ; elle doit m'en rendre encore une avant que de partir,

^ Une lettre du duc d'Orléans an roL Le dnc, ^ œ qn'il paraît, ne tarda pat à tniTre 1 exemple de aon ooom^ le prince de Gondé, en m réooocîUant arec la cour. Le motif de cette soumission, et la récompense qui en fut le prix, étaient la permisition du roi d*épouser avec certaines restrictions ma« dame de Mon tesson. (A. N.)

* V Histoire philosophique et politùfue des deux Indes, (A. N.)

k ce qu'elle m'a fait dire. Je crois qu'elle a beaucoup d'esprit, qu'elle a du goût, qu'elle juge^bien des ouvrages. Je ne sais sr elle juge aussi bien les hommes, elle les voit peut-être à vue d'oiseau, et se croit fort supérieure* à tous; elle parle bien, mais pesamment; je lui trouve quelques rapports avec feu madame de Sandwich ' . Ne serait-elle pas un peu envieuse et jalouse? Mais, à dire le vrai, je ne la connais pas assez pour la pouvofa* juger; je pense qu'elle ne manque pas d'agrément quand elle est à son aise , mais moi je ne le suis pas en vous parlant d'elle, car je ne suis pas en état de la définir.

MADAME LA MABQUISE DU DEFFAND A M. HORACE WALPOLE

Paris , 11 janvier 1773.

Vous avez vu, par ma dernière lettre, pourquoi j'ai été quelque temps sans vous écrire. Vous me demandez si l'on est content de vos Gramont ; on trouve le papier fort beau , les gravures mauvaises ; le caractère pourrait éû*e plus net, on voudrait plus d'intervalle entre les lignes, et le format trop carré; voilà toutes les critiques que j'ai recueillies. Pour VÊpitre dédicatoire, personne ne l'a remarquée ; du moins on ne m'en a pas parlé , et j'en ai été fort aise. Je suis si fatiguée de la vanité des autres, que j'évite les occasions d'en avoir moirméme.

Depuis les deux visites dont je vous ai parlé, de mademoiselle Pitt, je ne l'ai point revue; on dit qu'elle ne se porte point bien, et qu'elle restera encore ici quelque temps. Je lui crois une sorte d'importance qu'elle ne veut pas commettre en s' abaissant à me rechercher; en effet, elle me ferait trop d'honneur. Je donnerai à souper jeudi aux Manchester et à votre ambassadeur*, qui ne me plaft point du tout; j'aime mieux son secrétaire ', qui me paraft bon homme et fort officieux.

Le Caraccioli me visite fort assidûment; il adore madame de

1 La coMtcsse de Sandwich , mère da fea comte de ce nom. Elle était fille de Wilmot, comte de RocKester, et vécut longtemps à Paris , où elle mourut dans un âge fort avancé. C'est à cette dame que Ninon de Lenclos donna son portrait, qui se trouve actuellement dans la collection de Strawlierry-Hill. (A. N.)

3 Le comte de Mansfield, alors vicomte de Stormont. (A. N.)

8 M. Saint-Paul. (A. N.)

Beauvau , son éloquence l'a subjug^ué : cet homme est un peu braillard, mais il est doux, et a de la franchise et de la candeur; sa santé n'est point bonne. Pour moi, je sors rarement de mon tonneau , et jamais avant neuf heures ; je retranche tous les jours sur mon manger, et je me poite bien, aux insomnies près; mais depuis huit ou dix jours , je ne dors pas plus de trois ou quatre heures par nuit, quoique j'en reste douze ou treize dans mon lit; mais comme je ne souffre point, je prendrais le mal en patience, si j'avais des livres qui pussent m' amuser; mais tout ce qu'on nous donne de nouveau est détestable ; le style d'aujourd'hui est horrible, lâche, recherché, de la philosophie partout, une morale rebattue, sèche. Il y a un roman de M. Dorât, dont le titre est : les Malheurs de l'inconstance; il est par lettres, il est rempli de toutes les pensées, les idées, les réflexions qui lui ont passé par la tête depuis qu'il est né. Les événements ne cheminent point : j'ai eu la gatience de lire le premier tome; pour le second, je n'ai lu que la fin de chaque lettre. Ah! vous avez raison, les lettres pleines de raisonnements sont bien ennuyeuses ; il vaut bien mieux qu'elles soient à bâtons rompus.

Nous avons une actrice nouvelle*, je crois vous en avoir parlé; les uns la trouvent divine, les autres qu'elle le deviendra, et moi je pense qu'elle sera médiocre, c'est-à-dire peut-être un peu au-dessus de mademoiselle Yestris, mais qu'elle n'aura jamais une manière à elle, et qu'elle sera au-dessous de mademoiselle Clairon et de mademoiselle Dumesnil, ((uaud elle a été bonne. Je continuerai cette lettre, s'il me survient quelque chose à vous dire.

Maiili %

La journée d'hier n'a rien fourni. Je ne sortis qu'à neuf heures pour aller chez les Caraman ; la compagnie était madame de Gambis, le comte de Broglie, son frère l'évéque et l'évéque de Mirepoix ; la conversation fut douce et facile , et c'est sans comparaison la maison où je me plais le plus. Ma liaison avec eux se fortifie tous les jours , mais il y a de nécessité tous les ans une absence de six mois qu'ils passent à Roissy; je peux y aller tant que je veux, mais je ne saurais découcher; et faire dix lieues pour un souper me devient chaque année une corvée plus difficile; je n'ai de ressource fixe pour les étés que le

^ Mademoûelle Raucourt. (A. N.)

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Carrousel , mais à chaque jour suffit son mal , et jusqu'au mois de mai je ne manque pas de compafpfiie.

Par {jrand extraordinaire j'ai dormi celte nuit; je me trouve un peu réparée. Hier j'étais si fatig^uée, que je m'endormis dans mon tonneau et que je reçus des visites tout d'un somme; la duchesse de Boufflers entra et sortit de chez moi sans que je m'en doutasse ; je ne l'appris qu'à mon réveil.

A 5 heures du soir.

Je suis seule , je n'ai rien à faire et vous ne haïssez pas les lon{jues lettres quand elles sont en style de gazette. Je voui| diluai donc que je viens de recevoir une lettre de la grand'maman : voici ce qu'elle me mande après m' avoir parlé de votre santé.

« Remerciez-le hien pour moi , je vous prie , du présent qu'il n me fait', et ayez la bonté de me faire relier ce livre en beau » maroquin rouge, parce qu'il sera placé dans mon petit cabinet » particulier avec l'estampe de notre Horace. Il me ferait un » présent bien plus précieux encore, s'il voulait bien me donner n ses OEuvreSy'je goûterais le prix de l'ouvrage et je sentirais n celui de T amitié qui m'en aurait gratifiée. »

Il parait depuis quelques semaines un livre qui a pour titre : Les trois siècles de notre littérature, ou Tableau de l'esprit de nos écrivains, depuis François P' jusqu'en 1772, par ordre alphabétique*.

J'ai été contente des deux premières pages de 1;ï Pré/ace, elles annoncent un bon ouvrage; mais la suite en est si ennuyeuse, que je n ai pu la continuer. Après vous avoir écrit ce matin, je me suis fait lire l'article de Voltaire, qui contient quarantetrois pages in-octavo ; je parierais qu'il n'est pas de la même main que le reste de l'ouvrage ; je m'imagine qu'à peu de chose près, vous en seriez fort content. Si ce livre n'est point chez vous, et que je puisse l'avoir, je vous l'enverrai.

Vous Siurez les Lettres de madame des Ursins, par la première occasion que je trouverai.

Je vous dirai que je soupçonne d'avoir fait l'article de Voltaire, M. de Pompignan; il respire la vengeance , et parmi les gens qu'il reproche à Voltaire d'avoir outragés, dont la liste est fort grande, il n'est point nommé. Je vais chercher l'article

1 L*édition des Mémoires HfOi chevalier de Gramont, par M. Walpolc. ( A. N.) S Par M. Tabbé Sabatier de Castres. (A. ?(.}

Pompîgnan^ et je vous dirai demain s'il me confirme mes soupçons.

Mercredi 13.

Je lus Tarlicle Pompignan hier, je me confirmai dans l'idée que celui de Voltaire était de lui, et qu'il était aussi l'auteur du sien. J'ai relu ce matin l'un et l'autre; mais soit qu'ils m'aient été plus mal lus, ou que je varie dans mes jugements, je n'ai plus d'opinion; ce peut être de Palissot, de Fréron, enfin de qui on voudra. Je n'y ai point trouvé l'énergie que j'avais liier cru y trouver ; ce n'est pas la peine de vous l'envoyer.

Les gens qui avaient critiqué le format de Gramont s'en dédisent; ainsi, si vous faites une nouvelle édition, croyez-moi, n'y changez rien, cela vous coûterait de la peine et des frais ; si vous vouiez toujours que YÉpître soit à la tète, gardez-vous bien d'y mettre mon nom. Je suis très-touchée et reconnaissante des marques de votre considération, et je ne prétends pas en tirer aucun autre avantage, et de plus, je ne veux point exciter de jalousie et donner occasion de parler de moi.

Je vous envoie un petit écrit sur les jésuites.

Trouvez-vous cette lettre un peu longue? Elle vous déplairait moins à Strawberry-Hill ; elle est déplacée à Londres, où vous avez mieux à faire.

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