‹ Correspondance complète de la marquise du Deffand avec ... le présidentChapitre 16 sur 53 · AVIS AUX PRINCES · texte numérisé non relu

AVIS AUX PRINCES

Princes et rois, si vous save2 l'histoire, Vous avez tous présent à la mémoire Ce grand combat , ce spectacle fameux , Près d' Actium , lorsque Ton vit sur l'onde Flotter l'Empire et le destin du monde ; Ce fut, je pense, en sept cent vingt et deux. Vous savez tous comment l'habile Octave , Toujours heureux , sans jamais être brave , Eut la victoire et ne combattit point; Comment Antoine , épris jusqu'au délire

* AlinoMoeh des Muses de 1*774, p. 55. — Contre tes jîoUeurs, dit la Giaette et Avant'Coureur de littérature des sciences et des arts du !•' janvier 1774, p. 3, iQ-S", sans nom d'auteur. — Les Perroquets, conle historique, Poésies du chevalier de Clsle, de rîmprimerie du prince de Ligne, 1782 (sans titre), p. 49-51 ; p. 33 et 34 delà réimpression de wes Œuvres. {H. de Clsle.)

Vous avez dû bien vous divertir de tous les pots au noir où vous m'avez fait donner, et vous avez dû être content de tous les commentaires et les interprétations que votre Monstre a produits ' . La grand'maman a tort d'être mécontente du fils de

D'une beauté perfide au dernier point, Laissa pour elle et la gloire et TEmpire. Mais savez-vous, quand du combat d*£pire, Rome, avilie, attendait un tyran, Ce que faisait dans Rome un courtisan?

Vous Tignorez, et je vais vous l'apprendre* : n II instruisait douze de ces oiseaux, Au pourpoint vert, dont la lanf^ue indiscrète. Comme nos sots, tant bien que mal répète Les mots épars qu*on jette en leurs cerveaux. Six pour Antoine ^ et Tautre moitié contre , Forment des vœux par le maître** dictés. » Octave arrive; on vole à sa rencontre.

Et jusqu'aux cienx ses exploits sont portés Dès qu'il paraît sniri de ses phalanges. Des Antonixîs les ^x cols*** sont tordus. Le reste dit : Vivat Octavius!

Princes et rois, fiez-vous aux louanges.

Le 7 décembre 1773, le cheralier écrivait ce qui suit à son cousin le comte de Riocour :

• Je vous envoie une anecdote de la cour d'Auguste que j'ai mise en vers. «

Voyez: i® dans la Correspondance publiée par M. de Sainte-Aulaire , ce qui est dit sur ce conte , t. II , pp. 259, 260, 262, 263 ; 2<* la lettre de Voltaire au chevalier, du 15 décembre 1773; 'dP hi lettre de madame du Deffand à Voluire, du 3 janvier 1774, t. IV de la Correspondance de 1824, p. 405.

^ Voici un conte erotique du cheralier qui se rapporte au Monstre dont parle madame du Deffand.

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