II
de Cicéron à Aiticus, en suivant les époques. Je trouve que l'esprit de Gicéron doit servir de mesure pour tous les autres , son style m'enchante. Je lui pardonne sa vanité en fiaveur de sa sincérité, et sa faiblesse, parce que, je puis vous l'avouer, en ce seul point je trouve que je lui ressemble.
Dimanclie 30 juin 1776.
J'ai reçu votre thé ; vous aurez dans vos mains de quoi le payer. Si vous voulez que ce soit un présent, vous êtes le maftre; les remerciments vont sans dire.
 qui vous plaignez-vous de votre peu d'imagination? A quelqu'un de stupide : non-seulement j'en suis dépourvue, mais la perte de mémoire me jette dans une timidité qui fait que je n'ose hasarder de parler; les expressions, les mots, tout me manque; j'en suis humiliée, surtout devant les nouvelles connaissances à qui on a bien voulu donner bonne opinion de moi. Vous prendrez cette honte pour de la vanité ; cela peut être , mais sûrement je n'ai pas celle qui cherche à en imposer et à se donner pour meilleur qu'on n'est. Je n'ai pa^ de peine à vous croir^, en vous jugeant par moi, que vous êtes quelquefois dénué de pensée; c'est mon état habituel : quand j'ai été longtemps seule ou avec des sots ou de nouvelles connaissances , je crois que je ne penserai de ma vie, et c'est cet état que je nomme ennui , et qui m'est insupportable.
Vous recevrez un volume par M. de Richmond; il partira mercredi. Ce duc ne se porte pas trop bien; sa tête est plus remplie que la vôtre, mais je ne sais pas si toutes ses idées sont justes et bien arrangées; je crois son cœur excellent, il est plus sensible que votre cousin, mais j'aime bien mieux ce dernier, et j'avoue que je serais charmée de le revoir. Je voudrais bien qu'il vint avec le duc, qui doit revenir au mois d'août, et ne s'en retourner que deux ou trois mois après.
Bonjour, mon ami. Je suis encore à décider si c'est un bonheur ou un malheur pour moi de vous connaître. Mandezmoi toujours toutes vos nouvelles ; elles ne me font rien , il est vrai, mais les nôtres ne vous font point davantage. Je donne à souper mercredi aux Bingham et aux Saint- Paul; jeudi aux Stormont, aux Necker et à plusieurs diplomatiques.
J'allais oublier de vous apprendre que le petit marquis de Coigny, que vous avez vu, a une forte petite vérole. Il Ta prise de sa femme , qu'il a gardée dans son inoculation ; il avait été inoculé par Gatti ; on croit que son frère le vicomte l'aura aussi.
LA MÊME AU MÊME
DimaDclie 7 juillet 1776.
Vos raisonnements sont excellents, ils interdisent toute réplique. On n'est point malheureux quand on a le loisir de s'ennuyer.
Vous attendez M. de Richmond pour savoir à quoi vous en tenir sur l'affaiblissement de ma tète; je vous préviens qu'il n'y a pas pris garde. Je ne doute pas qu'il ne m'ait trouvé autant de santé et de bon sens qu'il lui fallait. Il n'est parti que jeudi 4, il ne passera point par Londfes; il m'a dit que vous recevriez ma lettre dans cette semaine-ci.
Je soupai hier chez les Necker avec une madame Montagu '; la connaissez-vous? C'est un bel esprit, dit-on; cela est-il vrai? Est-elle des vrais Montagu? M. Necker m'a priée de vous faire mille compliments, il me parait qu'il vous aime. L'ambassadrice, lady Stormont, est jolie; elle se tient mal, elle n'a pas bonne grâce, sa physionomie est spirituelle.
Je ne suis pas en train de vous faire ime longue lettre ; vous serez assez ennuyé de celle que vous recevrez par M. de Richmond , et ce sera en même temps que celle-ci.
Je ne défendrai point Cicéron, mais après César, c'estl'homme que j'aime le mieux; sa sincérité me fait lui pardonner tous ses défauts.
Je vous crois sans vanité, mais je vous prie de me nommer avec vérité «et simplicité les personnes à qui vous croyez plus d'esprit qu'à vous; j'en excepte les beaux esprits et les femnles; ne vous comparez qu'avec les gens du monde et de votre société. Quand vous m'aurez fait cet aveu, je vous en ferai un pareil, exceptant les beaux esprits et les hommes ; j'entends par beaux esprits les auteurs et les savants.
^ Fea Elisabeth Montagu, célèbre auteur de Y Essai sur le génie et les écrits de. Shakespeare. (A. N.)
Samedi 20 juillet 1776, à quatre heures après miili.
Je suis fort aise que vous soyez content de la boite de M. Gibbon, et je vous remercie de la peine que vous avez prise de m'écrire une longue lettre. Je trouve vos conseils excellents, et j'ai le désir d'en profiter.
Je suis absolument de même avis que vous sur le jugement que vous portez des discours de l'Académie, mais non sur M. Turgot. Je trouve aussi que vous avez toute raison de condamner qu'on s'occupe trop de soi-même, et surtout d'exiger des autres qu'ils s'occupent de nous. Ceux qui ont de la bonté supportent nos plaintes, et ceux qui n'en ont pas s'en moquent. Je ne prévois pas que j'aie aucune commission dont je puisse vous importuner, ainsi vous me ferez payer par votre banquier si vous le voulez.
Mon intention est de vous rendre mes lettres moins ennuveuses, le plus sûr expédient est de les rendre très-courtes.
Dimanclic.
Je relis votre lettre , et je peux sans scrupule ajouter à la mienne sans craindre de la rendre trop longue.
M. de Saint-Aignan avait quatre-vingt-douze ans, il était frère de M. le duc de Beauvilliers, gouverneur du Dauphin fils de Louis XIV. Son père l'avait eu d'un second mariage à l'âge de quatre-vingts ans. Il avait été ambassadeur en Espagne et à Rome; c'était un homme très-médiocre, fort dévot; il avait épousé, il y a vingt ans, la sœur de M. Turgot, qui est une grande janséniste ; il n'en avait point eu d'enfants. Conservez votre bonne opinion pour son frère, j'y consens, mais n'exigez pas que je sois persuadée que les bonnes intentions suffisent pour faire un bon ministre, quand étant dénué de lumières, il est présomptueux et entreprenant, et s'embarque à faire des établissements sans prévoir leur impossibilité, et qu'au lieu de procurer le bien qu'il désire, il n'en résulterait que du désordre, et de plus grands inconvénients que ceux qu'on chercherait à détruire.
J'ai autant d'horreur que vous pour le cardinal de Richelieu, mais je crois qu'il avait un peu plus de talent que M. Turgot pour le ministère. Jamais Henri IV n'aurait pris M. Turgot
pour ministre, soyez-en sûr; il l'aurait peut-être fait gouverneur de ses pages ou intendant de quelque petite province comme il était avant.
Je soupai hier chez les Necker avec mesdames de Luxemr bourg, de Gambis et d'Houdetot. Je dis au Necker ce que vous m'écriviez d'obligeant pour lui; c'est lui qui est véritablement un bon homme ! De la capacité sans présomption , de la générosité sans faste, de la prudence sans mystère ; ce serait un bon choix que d'employer un tel homme , mais sa religion est un obstacle invincible. Je ne mangeai qu'un potage et un œuf à l'eau, et je n'ai pas dormi de la nuit; mais comme je n'ai pas de vapeurs, je prends patience. Je ne vous parlerai plus jamais de mes chagrins; pour m'en consoler, vous me- démontrez qu'ils ne sont que l'effet de mon caractère, et que<si je n'étais pas la plus vaine et la plus exigeante de toutes les créatures , je devrais être la plus contente, et que je ne me plains que parce que je suis orgueilleuse et injuste. J'aurais cru pouvoir me flatter d'être mieux connue de vous, et que vous ne m'auriez pas accusée d'exiger que l'on fit pour moi plus que je ne fais pour les autres. Mais n'en parlons plus; il y a dix ans que je vous suis à charge de toutes les manières et que j'ai poussé votre patience à bout ; je vous en demande pardon, mais comme vous avez dû remarquer que toutes vos leçons ne m'ont pas été inutiles, et qu'il y a bien des articles sur lesquels je suis très-corrigée, pourquoi ne puis-je pas me corriger sur le reste? Si vous avez le courage d'en faire l'épreuve, je vous en serai obligée.
Paris , dimanclie 4 août 1776.
Je voudrais être bien sûre que vous soyez plus tranquille ; mais je connais votre sensibiUté , mon ami ; cependant je crois que c'est à tort que vous vous alarmez * ; je juge par le détail que vous me faites que Fa cause du mal m'est étrangère et n'a point d'existence réelle. Je vous prie instamment de continuer SI me donner des nouvelles. Votre amitié pour votre cousin n'est pas le seul motif de l'intérêt que j'y prends; j'ai tant d'es-
1 Au sujet d*uuc maladie du général Gonway. (A. N.)
le <: ' 1
time pour lui et milady , qu'il y a bien peu de personnes que j'aime autant qu'eux.
Vous avez Tair de me croire mécontente de M. de Richmood, mais c'est tout au contraire ; je n'ai que des sujets de me louer de lui , et je l'ai trouvé encore plus aimable dans son dernier voya{je que dans le précédent. Je suis très*toucbée du service qu'il a essayé de me rendre en voulant vous déterminer à venir ici. Je ne saurais me plaindre de ce qu'il n'y a pas réussi. J'ai peu d'espérance de vous jamais revoir, et c'est là où je dois feire usage de ma raison.
M. le j>rince de Gonti mourut avant*hier après dfner; il avait reçu la visite de l'archevêque et des exhortations de M. de la Borde; c'est tout ce qu'il a r€çu\ Son fils* s'est très-bien conduit ; les d'Orléans et les Gondé ne lui ont donné aucune marque d'attention.
L'Idole est dans la plus grande douleur, elle s'est retirée à Auteuil. La maréchale de Luxembourg l'y a suivie, elle vient de me mander tout à l'heure que j'y serai reçue, c'est une trèsgrande faveur , j'irai cette après-dfnée.
On m'apporte dans le moment une lettre de l'abbé Barthélémy; elle est si originale que j'en vais faire faire une copie pour vous l'envoyer ' ; j'y joindrai celle d'une lettre de Voltaire* que je vous prie de montrer à peu de personnes , car je ne veux pas qu'on dise que c'est par moi qu'elle est devenue publique en Angleterre. Je me suis souvenue que je ne vous avais point dit quel était le Montazet dont il était question dans les discours de l'Académie , c'est de l'archevêque de Lyon.
Nous avons ici M. et madame Hamilton, votre ministre de
1 Elle entend par là qu*il n'avait pas reçu les sacrements. Dans le^ Nouvelles du Jour, on parle ainsi de cet événement : « Tout le monde s*accorde à conyenir d'nne conversation, à peu près telle qu*on Ta rapportée, entre le maLide et rarrhevèquc de Paris; elle a eu lieu le jour de la première visite du prélat: depuis il a été refusé deux fois par le suisse à la porte de la rue , sans être descendu de carrosse, et en présence d'un peuple immense. Les gens du métier reprochent h M. de Beaumont (l*archcvêque) de n'avoir pas sauvé ce scandale, en mettant un peu d*astuce, en descendant, en entrant dans la cour, et se tenant ou quelque endroit, pour en imposer au moins aux spectateurs, et qu*on crût qu'il avait été admis auprès de Son Altesse. » (A. N.)
2 Son fil.H unique, le comte de la Marche, qui , u la mort de son père, de<> vînt prince de Conti. (A. N.)
3 Cette lettre n'a pas été trouvée. (A. N.)
^ Au comte d'Aiigental. Voyez le tomcLXIII, page 261^ de l'édition des Œuvres de Voltaire, par Beaumarchais. (A. N.)
Naples*; je ne les ai point encore vus. La dame de Monta^ju ne me déplaît point , sa conversation est pénible parce qu'elle parle difficilement notre langue ; elle est très-polie , et elle n'a point été trop pédante avec moi ; je lui ai fait voir la lettre de Voltaire , elle me dit , sur les ferles et le futnter , que ce fumier n avait pas servi à fertiliser sa terre.
J'attends votre première lettre avec impatience; je suis aussi inquiète que vous , car mon inquiétude est double ; ne négligez aucun détail.
Lundi 5.
J'ai vu l'Idole, elle observe très-bien le costume, il n'y a lien à dire; et moi, mon ami, j'observai très-bien hier celui d'une Française; on m'annonça le duc de Ricbmond, je sautai de mon tonneau à son cou, je l'embrassai de tout mon cœur, je me flattais qu'il tous aurait vu, quil.me dirait comment il vous avait trouvé , qu'il me rendrait compte de l'état de votre cousin, point du tout, il n'avait vu ni l'un ni l'autre ; j'en fus un peu refroidie, je vous V avoue; je le quittai pour aller à Âuteuil, mais je passai la soirée avec lui au Carrousel. La duchesse de la Vallière m'inquiète; elle a un rhume très-obstiné, elle ne dort point, elle est triste et changée, je serais très* fâchée qu'elle partit avant moi. Mon Dieu ! que j'attends samedi ou dimanche avec impatience ! et je ne puis pas soutenir l'inquiétude. Mettez la main sur la conscience, et avouez que vous avez beau être Anglais , votre amitié est un peu française ; vous n'attendriez pas patiemment des nouvelles de vos amis, si vous étiez inquiet de leur état.
Dimanche 18 août 1776.
Je suis fort aise du bon état de monsieur votre cousin. On m'a conté un semblable accident * avec toutes les mêmes cir^ constances, arrivé à quelqu'un il y a plus de trente ans , et qui se porte encore aujourd'hui fort bien. Je suis ravie que vous n'ayez plus ce sujet d'inquiétude, je la partageais véritablement.
1 Feu sir William Ilamilton, et sa première femme, mademoiselle Barlow.
3 Une attaque de paralysie. (A. K,)
Il VOUS reste T Amérique, mais cela est bien différent. Vous me ferez plaisir de me mander toutes les nouvelles qu'on en recevra.
Vous m'avez dit quelquefois que vous apprendriez volontiers celles de ma société ; j'ai peine à le croire; vous ferez bien, si cela est vrai, de me le répéter. Au bout d'un certain temps et dans l'éloignement, les objets s'effacent, et il est très-naturel qu'ils cessent d'intéresser. Cependant je vous dirai aujourd'hui que madame de la Vallière ne voit encore personne ; j'envoie tous les matins savoir de ses nouvelles : elle a un peu dormi cette nuit, et si en effet elle n'a d'autre incommodité que Tin-, somnie , je n'en dois pas être fort inquiète : j'ai l'expérience qu'on se passe de sommeil.
L'abbé Barthélémy est arrivé de Ghanteloup , madame de Gramont de Plombières , et madame de Luxembourg est revenue coucher à Paris , après quinze jours de séjour qu'elle a fiait à Auteuil auprès de la divine comtesse. Ma société en est plus ranimée , mais ce sera pour peu de temps. Dans quinze jours, les comtesses de BouflBers doivent, dit-on, aller à Arles, parce que M. Pomme, qui traite la belle-fille et qui était venu ici pour elle, s'y en retourne. L'abbé en fera autant pour Ghanteloup , et madame de Luxembourg a différents voyages à fiedre dans le courant du mois prochain.
Le jeune duc ^ comme vous l'appelez, ira à Aubigny aussitôt la vacance de notre parlement ; je voudrais bien que son affaire réusstt, mais je. crains plus que je n'espère.
On vous a dit la vérité : la reine a très-bien traité milady Lucan'; elle la rencontra au Moulin -Joli, chez Vatelet; la milady y avait dîné ; la reine vint s'y promener et s'informa qui elle était; elle lui fit dire de s'approcher d'elle, lui parla de son talent, voulut voir ses miniatures, et la pria de lui en donner. La milady lui en laissa le choix, la reine en prit deux^ qui étaient le portrait de son fils et de sa fille ; elle lui dit de venir à Versailles , elle y a été , et la reiue l'a très-bien traitée.
Je vois quelquefois madame Montagu ; je ne la trouve pas trop pédante, mais elle fait tant d'efforts pour bien parler notre langue, que sa conversation est pénible. J'aime bien mieux milady Lucan , qui ne s'embarrasse point du mot propre , et qui se fait fort bien entendre.
* Le feu duc de Richmond. (A. N.)
^ La cointe«s6 douairière de Lucan. (A. N.)
J'ai vu le cheTalier Hamilton et madame sa femme , ce n'est pas assez pour les counaltre. Je ne vois pas d'autre Anglais.
J'allais oublier de vous raconter ce que me dit l'autre jour l'ambassadeur de Naples*. M. -de Richmond m'avait bien recommandé de ne pas vous le laisser ignorer.
Il prétend qu'il a vu M. Conway, dans le temps qu'il était ministre, se promener au Ranelagh étant extrêmement ivre , et que lui , ainsi que tous les Anglais du plus grand monde et de la meilleure compagnie, s'enivrent tous les soirs. Je lui demandai s'il vous avait vu, ou s'il avait su que vous vous fussiez enivré quelquefois ; il me dit que non : mais pour votre cousin, il en était sûr. Je crois que ce pauvre ambassadeur ne vivra pas longtemps ; il est jaune comme un coing , il a les jambes enflées, il a une toux continuelle , il crache à foire horreur. Je prétends qu'il tousse comme une caverne. C'est un étrange homme ; il n'en faudrait pas deux semblables pour la société , un seul y est tout au plus supportable.
MADAME LA MARQUISE DV DEFFAND A M. HORACE WALPOLE
Paris, samedi 7 septembre 1776.
J'ai oublié, dans ma dernière lettre, de vous mander que madame Geoffiîn était tombée , pour la troisième fois , en apoplexie. Cette dernière fois-ci elle est restée paralytique d'un côté ; elle a presque perdu la connaissance : on croit pourtant qu'elle ne mourra point de cette attaque. Vous voyez que la mort en veut ici aux personnes de mérite singulier; d'abord mademoiselle de Lespinasse, ensuite M. le prince de Gonti, et puis madame Geoffirin, qu'on peut regarder comme morte. Ces trois personnes étaient fort célèbres chacune dans leur genre. On regrettera moins M. le prince de Conti, parce qu'il n'avait plus de maison ; les désœuvrés se rassemblaient chez les deux autres : jusqu'à temps qu'il survienne quelques personnes assez ridicules pour être dignes de leur succéder, il faudra s'en passer.
Je compte sur ce que vous direz de moi à vos parents : c'est pour me conduire à l'anglaise que je me suis fait l'efFoil de ne leur pas dire moi-même combien j'ai pris intérêt à cet étrange
* Le marquis de CaraccioH. (A. N.)
événement ' . Je ne comprends pas comment tous n'êtes point avec eux, et comment vous vous accommodez de la vie que vous menez : des estampes , des médailles , des breloques , me semblent un froid amusement ; mais il ne faut pas juger des autres par soi-même. Si en effet vous ne vous ennuyez pas , vous êtes heureux ; et il faut bien que cela soit» puisque c'est par choix que vous vivez ainsi.
L'Idole me donna à lire avant-hier une lettre de M. Hume, à l'occasion de la mort du prince : il lui disait adieu , comme n'ayant plus que quelques jours à vivre. Cette lettre m'a paru de la plus grande beauté ; je lui en ai demandé une copie , et je l'aurai*. Elle part à la fin de ce mois pour Arles; sa maison est déjà retenue et meublée. Une certaine bienséance, l'embar^ ras d'un maintien dans cette espèce de veuvage, la confiance que la belle-fille a dans la science de M. Pomme , de qui elle attend sa guérison, et qui habite dans cette ville, l'ont déterminée à s'y établir pour y passer l'hiver : elle ne reviendra qu'au mois de février.
Je vous ai dit que madame de Luxembourg devait faire de petits voyages : elle partit mercredi 4 ; elle ne sera de retour que le 20 ou le 21.
La Sanadona va s'absenter aussi :' elle part mardi pour Praslin , où elle ne restera que huit jours , malgré les efforts que tout le pr as Image fait pour la retenir plus longtemps ; mais elle veut me revenir trouver, jugeant qu'elle m'est fort nécessaire. Elle ne se trompe pas; elle est pour moi ce qu'est un bâton
1 Un récent malheur de famille. (A. N.)
2 Cette lettre, qui mérite Téloge qu'en fait madame du Deffand, était ainsi conçae : *
À madame la comtesse de Bouffhrs.
« Édiniboarg, 20 aoAt n'S.
» Quoique je sois certainement à quelques semaines et peut-être à quelques jours de ma propre mort, je ne puis m'empêcher, ma chère madame, d'être frappé de celle du prince de Conti, perte si grande à tous égards. Mes réflexions ont portée l'instant sur votre situation dans cet événement malheureux. Quelle différence pour le plan entier de votre vie! — Mandez-moi, je vous prie, quelques détails, mais que ce soit de manière ù ne vous point embarrasser dans quelles mains votre lettre peut tomber après ma mort. Ma maladie est ime diarrhée, ou mal d'entrailles, qui me mine depuis deux ans , mais qui , depuis six mois , m'entraîne à ma fin avec un progrès visible. Je vois chaque jour la mort s'approcher, sans inquiétude, et sans regret. Je -vous dis adieu avec beaucoup d'affection et de respect, pom* la dernière fois.
n Da^id Hume. «
II mourut le 25 août, cinq jours après la date de cette lettre. (A. N.)
Gpogle
pour gens de ma confrérie. Quand vous devriez me croire autant de vanité qu'à Gicéron » je vous avoue que quand je me compare aux autres femmes , j'augmente d'estime pour moi; je me crois plus fidèle» plus sincère qu'aucune autre : mais je suis aussi faible que ce philosophe ; j'en conviens à ma honte : c est à la nature que je m'en prends; je suis restée telle qu'elle m'a faite : je n'ai pas à me louer d'elle ; si elle m'a donné un corps assez sain, elle y a joint un esprit fort malade. Elle vous a traité tout au contraire ; je voudrais que votre âme fut moins saine , et que votre corps le fût davantage.
Pam, dimanche 15 septembre 1776.
Le duc de Bichmond est parti ce matin pour Aubigny : on n'a jamais vu personne aussi profondément triste. Il dit qu'il ne se porte pas bien ; mais il ne dit pas quel est son mal : il repassera par ici en retournant à Londres.
Vos nouvelles d'Amérique se font attendre bien longtemps : elles sont un objet de grande curiosité pour toute l'Europe ; je les attends avec patience ; ni vous ni les vôtres n'y êtes point personnellement intéressés.
Les Lucan sont fort aimables; ils me donnèrent l'autre jour chez moi la plus jolie musique du monde , et qui ne me causa pas plus d'embarras que si c'avait été chez un autre : je ne sortis point de mon* tonneau ; je ne me levai pour personne. Le milord avait fait apporter un piano-forte dans mon antichambre ; il avait amené le maître de musique de ses filles , qui est Italien, un autre Italien qu'il a pris ici , qui est bon violon; il avait sa flûte : ses deux filles * chantèrent tour à tour, et chacune s'accompagna. Votre ambassadrice * chanta et s'accompagna aussi. Il vint assez de monde ; mais je ne vis que ceux qui s'approchèrent de mon tonneau. La musique finie , tout décampa , le piano-foite , les musiciens, les enfants , une partie de la compagnie , et nous restâmes douze pour le souper, milord , milady
1 La comtesse de Spencer d'à présent, et mademoiselle Louise Bingham, qui mourut fort jeune^ sans avoir été mariée.
2 Alors lady Stormont, depuis créée comtesse de Mansfield , de son propre droit. (A. N.)
{Lucan), le duc {de Richmond), votre ambassadeur et Panibassadrice, madame de Mirepoix , ses deux nièces {mesdames de Cambis et de Boisgelin), et quelques autres.
Le lendemain» vendredi, madame de Montagu nous donna un très-bon souper dans une maison qu'elle a louée à Ghaillot. La compagnie était madame de Mirepoix et ses deux nièces, un milord écossais, Eglinton (j* estropie peut-être son nom), le duc de Richmond, la maltresse de la maison et mademoiselle Grégory ', madame de Marchais et moi.
Hier je fus à Saint-Ouen avec le vicomte de Beaune ; nous ne trouvâmes que les mattres de la maison • et milord L***; on a oublié de l'enterrer, car certainement il n'est pas en vie. On parla d'une brochure qui va paraître, dont le titre sera : Commentaire sur la vie de Voltaire. Il v parle , à ce qu'on dit , de toutes les personnes célèbres qu'il a connues. Madame Necker prétendait qu'il fallait que je fusse brouillée avec lui , parce que je n'y étais pas nommée. Je l'assurai, avec vérité, que j'en étais fort aise, et que je préférais d'être dans le nombre des personnes qu'il avait oubliées, qu'à côté de celles qu'il a célébrées : mesdames du Chàtelet et Geoffrin y tiennent les premières places. Je serais bien ftichée d'être citée comme un bel esprit; je n'ai jamais rien fait qui puisse m' attirer ce ridicule.
Madame de Montagu s'est très-bien comportée à l'Académie : elle ne se laisse aller à aucun emportement * ; c'est une femme raisonnable , ennuyeuse sans doute , mais bonne femme et trèspolie. La Lucan et son mari sont aimables , rempUs de talents ; je les vois avec plaisir. Voilà tout ce qui compose ma société anglaise, et un M. Hobbart*, qui est, dit-on, petit-fils de Crom-
^ Fille du feu docteur Grégory, d'Édimbouq;, et mariée depuis à M. Allison, l'un des ministres de l'Église épiscopalc de cette ville. Elle était alors intime amie de la famille de madame Montagu , qu'elle accompagna dans son voyage à Paris et à Spa. (A. N.)
2 M. et madame Necker.
^ Dans une autre lettre, qu'on ne donne pas ici, parce qu'elle n'offre d'ailleurs rien d'intéressant, elle dit : « Il y a fort longtemps que je n'ai vu madame Montagu ; elle fut à l'Académie le jour de la Saint-Louis ; elle fut bien mécontente; on y lut un écrit de Voltaire contre Shakspeare; il doit être imprimé, je vous l'enverrai. » (A. N.)
* M. George HobbarC, qui, à la mort de son frère aine, en 1794, devint comte de Buckingham. L'éditeur ignore d'où a pu venir l'erreur ou l'on a été de croire qu'il descendait de Gromwell; peut-être a-t-on confondu son nom avec celui de quelque autre Anglais qui se trouvait à Paris dans ce temps-la. (A. N.)
well : quel homme est-ce? il me semble avoir du bon sens. Je suis» comme je vous l'ai mandé, séparée de mademoiselle Sa* nadon ; elle est à Praslin» et n'en reviendra que dans le cours de cette semaine : j'attends, à peu près dans le même temps, le retour de madame de Luxembourg ; je la reverrai avec grand plaisir : je crois qu'elle est, pour le présent, la personne dont je suis le plus aimée.
Je vais ce soir souper , avec madame de Marchais , chez la comtesse.de Broglie et l'évêque de Noyon*, lequel crache ses poumons, ce qui fait grand'pitié : il est doux et aimable.
Notre reine se porte bien; elle est quitte de sa fièvre tierce, ce qui assure le voyage de Fontainebleau , qui sera le 9 octobre jusqu'au 18 novembre.
Ne cessez point de parler de moi à vos parents, je les estime de toute mon âme et je les aime de tout mon cœur.
Paris ^ 7 octobre 1776.
C'est par M. Elliot que je vous écris; je lui avais déjà remis les Commentaires de Voltaire, je les lui laisse , quoique je voie , par votre lettre du 29, que vous les avez déjà lus. Je suis de votre avis sur tout ce que vous dites sur la jfureur de la célébrité ; la vanité, qui la fait rechercher, n'empêche pas que les ouvrages soient bons , mais diminue bien de l'estime pour Fauteur.
Monsieur donna hier une très-belle fête au roi et à la reine dans son château de Brunoy " ; je n'en ai point les détails , je les apprendrai aujourd'hui; je sais seulement qu'il n'y avait que la famille royale, dont Mesdames les tantes n'étaient point, les
^ L'évêque de Noyon était le frère du comte et du maréch«il de Broglie.
2 Brunoy^à cinq lieues de Pari8, château qui appartenait autrefois à M. Paris de Montmartel, banquier de la cour 80us le règne de Louis XV. Après avoir acquis de grands biens, il désira de faire un mariage distingue, et s'allia à TiU lustre maison de Béthune, en épousant une sœur du marquis de Bétbune, colonel général de la cavalerie. Il en eut un fils appelé le marquis de Brunoy, et connu seulement par son goût pour les processions. Étant mort sans enfants, la terre de Brunoy fut vendue à Monsieur. Depuis la Révolution elle a passé en différentes mains. La princesse de \Vagram la possède aujourd'hui. 1827. (A.K.)
seules daines de semaine ont suivt, et les officiers du roi et de la reine. M. le duc de Chartres n'a point été invité, ce qui surprend beaucoup. Il n'y a eu que MM. de Guines, d'Esterhazy *, le comte et le chevalier de Coigny qui aient été admis.
On parle beaucoup de changements dans notre ministère ; les clameurs contre M. de Saint-Germain sont à toute outrance; le contrôleur général * est fort malade , et sa considération est des plus minces. Le Maurepas parait ne pas savoir ce qu il fait. On ne sait ce que tout ceci deviendra; nous n'avons pas un seul homme qui ait le sens commun. Je m'applaudis bien , je vous assure, de ne m' intéresser à qui que ce soit, pas même à la chose publique. Pourvu que je passe le temps sans un excessif ennui , je m'en contente ; mon indifférence pour tout est extrême.
Je suis du dernier bien avec les Lucan ; ils m'ont amené deux fois leur petite famille , m'ont donné de jolies musiques ; ils furent vendredi à une course de chevaux où était la reine ; elle fit monter la milady et sa petite famille" dans son pavillon , elle les combla de politesses; ils vous conteront tout cela.
Ce petit Elliot • est tout à fait aimable ; il a beaucoup d'esprit, il sent encore un peu l'école, mais c'est qu'il est modeste, et qu'il est la contre-partie de Charles Fox ; la sorte de timidité qu'il a encore sied bien à son âge, surtout quand elle n'empêche pas qu'on ne démêle le bon sens et l'esprit.
Vous ne me parlez point de MM. de Chimay* et de Fitz- James; c'est par votre cousin que j'ai appris que le premier avait été chez vous, et qd'on a pensé qu'il y avait eu quelque affaire entre eux. Nous avons ici tous les jours des nouvelles de votre Amérique , tantôt par Nantes , tantôt par Boulogne ; elles se détruisent trois jours après qu'elles ont couru.
Il me paraît que l'idée de la guerre s'accrédite beaucoup; si elle a lieu, comme je commence à le croire , elle sera un obsta-
1 Le chevalier d'Esterhazy était d'ane branche de Tiliustre fiamille hongroise d'Esterhazy, établie en France. Son père avait un régiment de hussards au service de France , et avait épousé .une dame française de la petite ville de Vigan en Languedoc. Le fils dont on parle ici eut ensuite le régiment de hussards, reçut le cordon bleu, et fut en grande faveur à la cour de France. (A. N.)
2 M. de Clugny. (A. N.)
3 Le lord Minto actuel. 1827. (A. N.)
^ Le prince de Ghimay. Il avait épousé une sœur du duc de Fitz-James, dont il est parlé ici. (A. N.)
cie invincible aux visites réciproques ; elle me fera faire l'application d'un passage d'un opéra de Quinault :
Peut-être soufFrirais-je moins Si je pouvais haïr une rivale.
Vous avez eu tort de penser que ce que le grand abbé m'avait mandé était une énigme sans mot; il s'est expUqué; ce n'était point d'Ârgental qu'il entendait parler, mais d'un homme que je ne vois point, l'abbé Ârnauld', qui est un des beaux esprits du temps, dans le goût des Jean-Jacques, des Thomas, etc.
Je reconnais et j'avoue que je précipite trop mes jugements : on ne connaît le caractère des gens que bien à la longue ; j'ai encore la duperie des jeunes gens ; les premiers jugements que je porte sont toujours favorables , et par la suite j'en viens au rabais ; je trouve partout fausseté et légèreté, et souvent tous les deux. Il y a un bien petit nombre de gens que j'estime véritablement, et peut-être ne suis-je pas du nombre; on ne peut s'unir intimement avec personne, et si, comme dit Voltaire de l'amitié ,
Sans toi tout homme eut seul ,
il faut prendre le parti d'une solitude entière. Encore si les morts valaient mieux que les vivants , ce serait une ressource ; mais il n'y a pas même de livres qui contentent.
, HADAME LA MARQUISE DU DEFPAND A M. HORACE WALPOLE
Dimanche 27 octobre 1776.
Vous m'aviez mandé que vous aviez eu une bouflPée de goutte aux genoux, j'en étais inquiète. Votre lettre d'aujourd'hui (quoique étique) me fait beaucoup de plaisir, parce qu'elle me rassure.
Vous recevrez demain ou après-demain , par M. de Ricbmond» une lettre de moi qui n'aura guère plus d'embonpoint que ta vôtre. Quand on ne doit rien dire de soi, ni de la personne à qui on écrit, et qu'on prend fort peu de part à tout le
< L*abbé François Arnauld, abhé de Grand-Champ, leclear et bibliothécaire de Monsieur. On a recueilli ses ouvrages en trois volumes. Il s*y trouve plusieurs extraits excellents, tirés de la Gazette littéraire, qu'il écrivait avec Suard. (A. N.)
576 CORUESPODAKCE COMPLETE
re^te , on a peu de chose à dire. Je vous dii*ai pouilant aujourd'hui que je suis contente de la place qu'on vient de donner à M. Necker * ; on a lieu d'espérer qu'il s'en acquittera bien. Le public , dans ces premiers instants, paraît approuver ce choix ; nos papiers se sont relevés, mais malgré cela, je m'attends que dans quelques jours on dira beaucoup de mal de lui, et je ne mettrais pas à fonds perdus sur la durée de sa faveur. Il y a même dans ce moment quelque sujet d'inquiétude ; la goutte a repris à M. de Maurepas : elle s'est d'abord placée sur une épaule, on l'a fait descendre aux pieds ; s'y tiendra-t-elle ? c'est de quoi on ne peut s'assurer. C'est une vilaine chose que cette goutte, et s'il arrivait malheur à ce ministre, le nouveau directeur du trésor royal pourrait être bientôt déplacé. Je soupai hier chez sa femme, elle a une très-bonne contenance et nullement la tête, tournée. Je ne sais ce que la Flore -Pomone ( madame de Marchais) pense de ceci ; elle est depuis mardi à Fontainebleau ; je n'ai point entendu parler d'elle. Tout ce que je gagne à ce nouvel établissement, c'est que ma pension sera payée plus promptement, mais d'ailleurs je perdrai de l'amusement; les soupers seront plus rares, au moins pendant quelque temps.
Madame de Luxembourg reviendra demain de Sainte-Assise, où elle a fait un séjour de près de trois semaines ; elle restera à Paris cinq ou six jours , et puis y retournera pour autant de temps qu'elle y, a été. Sa passion dominante est le jeu , elle fait vingt-cinq ou trente robbers par jour. L'autre maréchale ( de Mirepoix ) est dans un grand désœuvreilnent ; elle dissimule son ennui autant qu'elle peut; elle trouverait de la honte à l'avouer.
J'ai reçu de Lyon une lettre de l'Idole; je suis du dernier bien avec elle ; je remarque qu'il est facile d'être parfaitement bien avec tous ceux dont on ne se soucie pas.
Paris, 3 novembre i776.
Je ne sais pourquoi vous recevez mes lettres plus tard. Ne serait-ce pas quelque examen des bureaux?
1 M. Necker fut d'abord nommé conseiller des finances et directeur général du trésor royal, conjointement avec M. Taboureau, qui eut le titre de
Les bruits de {pierre sont bien fâcheux , mais je n'en suis point extrêmement troublée, cela aurait été pour moi un bien plus g^and événement il y a quelques années ; mais je puis dire aujourd'hui :
Grâce au ciel, mes malheurs ont passé mon attente.
C'est un vers d'un de nos opéras.
Je me réjouis médiocrement du choix de M. Necker; je n'imagine pas que son régne soit de longue durée. J'ai l)eaucoup d'opinion de sa capacité; mais les brigues» les intrigues, s'en démélera-t-il? ne s'opposeront-elles pas à ses projets? Le bien que je puis attendre de lui , c'est que ma pension sera payée un mois ou six semaines plus tôt qu'elle ne l'était par les autres. Je lui dirai ce que vous m'écrivez sur lui. Depuis sa nouvelle place, je ne l'ai vu qu'une fois pendant un quart d'heure ; il est presque toujours à Fontainebleau ; il aura travaillé avec le roi aujourd'hui pour la seconde fois chez M. de Maurepas, qui a la goutte depuis dix-sept ou dix-huit jours. Il ne parait encore aucune nouvelle opération , et je ne vois pas que l'on imagine aucun de ses projets; tout ce que Ton dit sur cela sont des choses bien vagues.
On a représenté à Fontainebleau, jeudi dernier, une tragédie de Ghamfort, Mustapha et Zéangir; elle a eu un trèsgrand succès. La reine lui donna le lendemain une pension de cinquante louis, et M. le prince de Gondé une place de secrétaire de ses commandements , de même valeur ' ; quand elle sera imprimée , je vous l'enverrai. Il y a eu à Fontainebleau beaucoup d'autres nouveautés qui n'ont eu aucun succès.
Il y^a quelques changements aux jom's où je vous écris ; vos lettres [ne i[me sont pas toujours rendues le dimanche, je les attends pour yCrépondre, et cela me mène au mercredi; je le
contrôleur général ; mais celui-ci se démit bientôt d*une place qu'il n'avait acceptée que par les instances du comte de Maurepas, et dont il lui parut mal imaginé de séparer les fonctions. (A. N.)
1 La place de secrétaire des commandements de M. le prince de Gondé valait 3,000 fr. (A. N.)