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fort intéressants, et même assez beaux, mais il y a bien des inutilités ennuyeuses. Les Voyages de Montaigne paraissent; le Discours préliminaire m'a plu, mais je crois que les Voyages, dont je n'ai lu que cinquante pages, n'étaient pas dignes d'être donnés an public '.
Je crois tous avoir mandé que je devais donner à souper le mercredi à mesdames de Beauvau et de Mirepoix ; cela a été fait , et ce souper pourrait faire une scène de comédie de du ï'resny, la Réconciliation normande, excepté cependant la fausseté : la froideur fut extrême. Le prince va demain au Port-a- PAnçlais dîner cliez sa sceur; si je me porte assez bien, je serai de la partie.
Pont-de-Veyle , quoique guéri, ne sort point encore; sa faiblesse est extrême.
J'ai reçu hier des nouvelles de la grand'maman ; je ne croîs pas que, quand on leur accorderait leur rappel , elle en profitât pour revenir avant cet hiver, ce qui me contrariera beaucoup.
J'oubliais, parmi mes nouvelles, de vous dire que le contrôleur général , ainsi que tous les autres ministres, ira jeudi à Cboisy; qu'il portera un mémoire de projet de retranchement pour soixante-sept millions.
On ne donte point que la Bellissimâ * ne se retire incessamment. La comtesse de Oramont, qui était exilée de la cour, a été rappelée ; elle exerce actuellement sa charge de dame du palais.
Madame de Luxembourg n'est point encore de retour de Chanteloup , je l'attends avec impatience.
Le roi doit aller à Versailles passer quatre jours , pour recevoir tons les compliments; il habitera dans son logement de dauphin. De là il ira à Gompiégne, où il restera trois mois; ensuite il ira à Marly, et puis h Ghoisy, d'où il partira pour Fontainebleau; on dit qu'il en reviendra vers la fin de novembre.
S'il y a quelque chose de nouveau d'ici à mercredi, je vous le manderai.
1 Peu des lecteurs qui ont quelque connaissance de l'Italie seront du sentiment de madame du Deffaud sur ce récit intéressant et détaillé des meeura rt des nsap;s du milieu du seizième siècle, M partien lie renient dei intrigues et du faste de la cour de Home, il a tu cm temps de la grandeur des papes. (A. N.)
* Madame de Forcalquier. (A. K.)
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CORRESPOMDAXCE COMPLÈTE
MADAME 1.A MAHQUSE W DEEEAND A M. HOHACE WALPOLE.
Paru, Sft nȕ 1774.
U serait fort heureux que les lettres Eussent ouvertes à la poste comme vous paraissez le croire ; votre dernière me procurerait des biens infinis. Mais je ne pense pas que Louis XVI puisse jamais savoir que j'existe, et je n'ai pas l'ambition qu'il l'apprenne. On ne parle point du retour de mes amis, voilà tout ce qui m'intéresse. Je ne cherche point de protecteurs à U cour; il n'y a nulle apparence que M. de Toulouse y ait une place. Madame de Porcalquier n'a point quitté. Le mari de madame du Barry est le frère de celui qu'on appelle le grand du Barry ; et il s'appelle Guillaume. Le vicomte est le fils du grand du Barry. Voilà tout ce que vous me paraisses curieux de savoir. Je souhaite que vous ayez beaucoup de plaisir à votre campagne.
Quand vous prendrez la peine de m'écrire, ne vous gènes point à faire une lettre ostensible; elle» sont inutiles pour ma fortune et mon bonheur, et elles me font médiocrement de plaisir.
On ne sait point encore le temps du sacre du jroi. La reine u est point encore couronnée; aucune dame n'est admise à cette cérémonie. J'ai un livre qui contient soixante-quatorze estampes de toutes les cérémonies du sacre de Louis XV, avec le nom, et la description des habits de tous ceux qui y représentaient, et qui y avaient des fonctions. Ce livre est extrêmement grand; je doute que milady Marie Coke1 veuille s'en charger. Si vous avez quelque autre occasion : mandez-le-moi, je vous l'enverrai eu avancement d'hoirie.
Le roi ni les princes oe se feront point inoculer; il est des préventions impossibles à détruire.
•J espère que vous n'aurez point la goutte.
Je vous félicite du calme dont vous jouisses. C'est un bel exemple pour qui a vingt ans plus que vous.
■ La plut jeune fille du premier duc Jofan d' Argylo, M veuve chi lord Coke, fil* sine du feu cornu Letçesitr. (A. N.)
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LÀ. MÊME Atl MÉMF..
Paris, dimanche 5 juin 1774.
Vous me divertissez par le soin continuel que tous prenez de m'assurer que vous êtes incorrigible ; eroirie/.-vous encore que j'aie le dessein de vous corriger ? 0b. ! non, c'est un projet tout à fait abandonné ; vous êtes fort bien comme vous êtes : et j'en suis fort contente.
J'ai déjà trouvé quelque agrément dans la réconciliation des deux belles-sœurs ' , et ce qui me tait le plus de plaisir, c'est la satisfaction qu'en reçoit le prince. Ce prince est véritablement mon ami ; ses attentions sont suivies ; ce qui me surprend, c'est qu'elles ont l'apparence du goût et de l'amitié ; je suis et je serai toute ma vie plus sensible qu'il ne faudrait l'être ; c'est peut-être un effet <P amour-propre ; mais il faut vous dire des nouvelles.
M. d'Aiguillon donna sa démission jeudi au soir; il n'est point encore remplacé; on a donné, en attendant, à M. Bertin le portefeuille des affaires étrangères. La Bellissima a donné sa démission le même jour que M. d'Aiguillon; elle est remplacée par la duchesse de Quintin. Les trois princesses sont guéries ; le roi ne les verra qu'à Compiègne. Il reçoit aujourd'hui, à la Meute, la députation du Parlement, de la Chambre des comptes, de la Cour des monnaies , de l'Académie. II va demain à Versailles pour faire lever le scellé du feu roi ; la reine lui donnera à dtner au petit Trianon qui lui appartient. Les jours suivants, il recevra tout le monde ; les femmes seront en grand habit ; et le 13, il partira de la Meute pour se rendre à Compiègne, où il restera jusqu'à la lin du mois d'août ; j'espère que, pendant ce séjour, il sera question du rappel de mes amis.