‹ Correspondance complète de la marquise Du Deffand avec ses amisChapitre 43 sur 52 · A. IN · texte numérisé non relu

A. IN

^ L'inimitié de M. Suard contre Rousseau commença à faire rejaillir sur lui quekpies parcelles de la célébrité de ce grand homme. JNul ne sut mieux que M. Suard faire servir la littéiaturc à l'intrigue et l'inlrigue à ses succès

DE MADAME LA MAROlISE BU DEFFA.N'D. 383

d'Alembert. Poui* madame de Luxembourg;', elle ne doute pas que la préface ne soit de M. Hume ; cela serait bien ridicule de se louer soi-même de cette force : ce qui n'est pas douteux, c'est qu'il a fourni des faits, et qu'elle lui a été conmiuniquée. Tous ces gens-là sout bien modestes et bien pliilosophes , et justifient bien le choix qu'ils ont fait de leurs idoles et de la protection qu'elles leur accordent. A l'égard de la déclaration de M. d'xVlembert, vous verrez combien il vous désapprouve', et qu'il ne veut pas vous faire l'honneur du stvle; il dit que vous convenez de le devoir à une personne que vous ne voulez pas nommer, mais qu'elle devrait bien se faire connaître : madame de Luxembourg m'a dit que c'était apparemment moi qu'il voulait désigner; — cela pourrait bien être, madame, lui ai-je répondu, je ne doute pas que ce ne soit son intention, mais je ne vois pas bien pourquoi ni moi ni tout autre devraient bien se faire connaître; mais lui, d'Alembert, devrait nommer les gens à qui M. Walpole a dit qu'il avait fait corriger le style de sa lettre; je suis très-certaine que telle qu'elle est, elle est entièrement de lui, parce <|u'il me l'a dit, et que je le connais incapable du plus petit mensonge. — Que pensez-vous de tout cela? m'a-t-elle dit. — Que rien n'est plus misérable, madame, et plus rempli de puérilités et de sottes vanités : — et ajoutez de venin, m'a-t-elle dit.

littéraires. Il a fait en ce {;enro des élèves qui lui font lionncur aujourd'hui.

Né à Besançon, le 15 janvier 1734, il est mort à Paris, le 20 juillet 1817. Il apportait dans la société celte souplesse d'esprit qui plaît tant à l'orgueil de la médiocrité. Le baron d'Holbach le chérissait comme un frère, et^I. ÎNecker l'emmena trois fois avec lui eu Angleterre. Pensionné pour ces voyages, pensionné pour le Journal de Paris , pensionné pour la censure, pensionné enfin pour lui et pour sa femme par le ministère des affaires étrangères, il fut décoré de l'ordre de Saint-Miciiel et mourut académicien. (A. A.)

1 Relativement à la lettre de M. ^Valpole à Rousseau, sous le nom du roi de Prusse, qui avait été écrite et répandue .\ Paris, et dans la composition de laquelle ou supposa qu'il avait été assisté par madame du Dcffand; uiais cette supposition n'était point fondée, ainsi qu'on le verra par l'extrait d'une lettre adressée au maréchal Conwav :

i« Je m'anmsai un soir dans la société de madame Geoffrin à plaisanter sur les prétentions et les contradictions de Rousseau , et avançai quelques propositicjus qui divertirent la compagnie. De retour chez moi , j'en formai une lettre que je fis voir le lendemain tnatiu à llolvétius et au duc de INivernois, qui en furent si contents, qu'après m'avoir indiqué quelques fautes de langage à corriger, ils m'eng.igè'-cnt à la f.iirc voir. » Vovez OEuvres de lord OrCord, t. V, p. 129. (A. N.)

384 f.Or.l'.ESPONDA-NCE COMPLÈTE

Ah! que les hommes sont fous! qu'ils sont méchants! et qui pis est, qu'ils sont ennuyeux!

J'ai re/'iet «le laisser les deux tiers de cette page, mais en vérité je n'ai plus rien à dire, si ce n'est de vous reconnnander d'avoir le soin le plus excessit" de votre santé; car quoique sans amitié, je suis toute capable de mourir de douleur si je perdais ce qui m'est aussi indilférent que vous.

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