AVERTISSEMENT. III
« sa passion pour les chiens, pour lesclievaux, avaient son « approbation et ses sympathies; il lui savait même gré de « son isolement, de sa sauvagerie dont elle ne se d'par- « tait que pour lui. Tout le temps qu'elle ne passait pas « avec le roi, à la chasse ou au spectacle, elle l'employait « à écrire à ses nobles parents d'Allemagne de longues « lettres dont les fragments ont servi à lormer ces singu- « liers mémoires où la cour de France, à l'exception du 0 roi, est déchirée, injuriée impitoyablement. »
De nombreux témoignages, donnés par la princesse ellemême, démontrent toute l'activité de cette correspondance infatigable. On rencontre bien souvent des expressions dans le genre de celles ci : ce Je m'arrête, car j'ai encore cinq lettres à écrire ce soir. — Je viens d'écrire à ma tante une lettre de vingt feuillets. »
Plusieurs centaines de lettres, adressées au duc Antome Ulrich de Bruns^vick. et à la princesse Wilhelmine-Charlotte de Galles, se trouvèrent dans la succession de la duchesse Elisabeth de Brunswick, morte en 1767. Le duc de Brunswick chargea le conseiller intime de Praun de faire un extrait de cette correspondance; cet extrait fut imprimé en 1789*; dès l'année précédente, le libraire Maradan, à Paris, en avait mis au jour une traduction française en 2 volumes in-12. Le traducteur garda l'anonyme; mais, soit prudence de sa part, soit rigueur de la censure, des suppressions, des modiflcations, des altérations de tout genre se sont multipliées sous sa plume. Des noms compromis ont été supprimés. Malgré ces graves défauts, cette édition reparut à Paris en 1807, avec quelques modifications insignifiantes qui ne touchaient pas au fond des
' Ànecdolen vont franzoetischen Hofe, vorzilglich aus den zeilen Ludwigx Xiy und des duc Régent, aus liriefen des Madame d'Orléans, Charlolie-Elisaheth, Strasbourg, 1789 De fait, l'ouvrage fut imprimé à BruDswii'k par le libraire Vieweg. Il obtint coup sur coup deux éditions nouvelles en iTSOeteu I79i,
IV AVEHTISSKMKNT.
choses, et avec quelques éclaircissements empruntés aux Mdmoires de Saint-Simon.
En 1823. le libraire Ponthieu fit paraître des Mémoires extraits de la correspondance allemande de la duchesse d'Orléans. Ce volume sunnonce comme une traduction de l'édition de Strasbourg, mais en suivant un ordre qui a paru plus convenable, et en ajoutant le peu de passages que les édifions faites en Allemagne avaient donnés de plus. Quel- (lues notes ont été ajoutées, ainsi qu'une notice sur la princesse, notice signée D-G. (Depping).
lue nouvelle édition, indiquée comme première édition complète, fut mise au jour en 1832 (Paulin, in-8°). Elle suit, ù peu de chose près, l'ordre adopté dans l'édition de 1823, qu'elle reproduit avec quelques notes de plus. lAvis de l'éditeur, signé A. S., a été conservé ; la notice de M. Depping remplacée par une autre rédigée par M. Pli. Busoni.
Les divers écrivains qui, depuis ces publications, ont retracé l'histoire de Louis XIV et de sa cour, n'ont point oublié de consulter, de citer la correspondance de Madame, mais il importe de n'en point faire usage sans réserve. La princesse accueillait avec empressement les bruits les plus vulgaires; et, comme le remarque fort bien M. Walckenaër, ses lettres contiennent des détails très-curieux, qu'il faut toutefois lire avec circonspection.
Parmi les nombreuses personnes à qui la duchesse adressait de longues épîlres, il faut distinguer ses sœurs consanguines, les comtesses j)alatines Le père d'Élisabeth- Charlotte, l'électeur palatin Charles-Louis, se sépara de sa femme, Charlotte de Hesse-Cassel, et il épousa Louise de Degenfeld, dont il eut huit enfants, cinq fils et trois filles; ils prirent le tilre de raugraves palatins.
Après la mort dt^ l'électeur, son frère Charles lui succéda ; et, venant à décéder en 1685, il fut remplacé, malgré l'opposition de la France, par Philippe, de la branche col-