‹ Correspondance complète de Madame duchesse d'Orleans née Princesse Palatine, mère du regent; (volume 3)Chapitre 15 sur 32 · A H. LE MARÉCHAL DE NOAILLES · texte numérisé non relu

A H. LE MARÉCHAL DE NOAILLES

Versailles, ce lundy 35 d'aourt 1692.

En vérité, mon bon duc, vous avez grand tort de me faire des excusses de m'escrire ; avez-vous donc oubliés que j'aime mes amis, que je souhaitte qu'ils ayent de l'amitié pour moy, et que je suis très aise d'en aprendre des nouvelles? Comment donc scroit-il possible que vostre lettre du 18 de ce mois, que la duchaisse Lupine m'a donnée hier au soir, oroit peust me desplaire? Bien loin de là; aussi, mon bon duc, elle m'a faist un très grand plaisir, et je vous suis très obligée de la part que vous me témoignés prendre à ce qui reguarde mon fils. Il est bien vray que je suis très aise de ce qui lui est arîvés, mais je vous advouc que je trouve qu'en voilà bien assés pour nostre année, et je me consolerais fort, si la campagne pouvoit finir sans qu'il y ait plus d'action. Son bras n'est pas encore guéris, mais on me mande qu'il le sera bien tost. Adieu, mon bon duc, je voua souhaitte nulle bonheur et contentement, et je vous assure que vous n'avw point d'amie qui ait plus d'estime et véritable amitié pour vous que moy.

* Volume ci-dessus Indiqué, p. 60. f

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