‹ Correspondance complète de Madame duchesse d'Orleans née Princesse Palatine, mère du regent; (volume 3)Chapitre 19 sur 32 · M CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

M CORRESPONDANCE

ne fit qii'fen rire ; oti ne songo pas aux pèlerinages ; 11 y a autant de différence ici avec les catholiques de ^'Allemagne qu'avec ceux d'Italie et d'Espagne.

On dit que le roi Guillaume est atteint d'hydrûpisïe et qu'il est mortellement malade : il serait dommage qu'un roi aussi habile vécût aussi peu ; ce dont on l'accuse n'est que trop vrai. Les Anglais qui sont venus ici avec l'ambassade de milord Portland n'ont pas fait difficulté de convenir qu'à leur cour les choses sont tout comme ici ; ce qui est une, grande marque des vices de ce roi , c'est qu'il ne montre nul souci des femmes; le roi Charles n'aimait qu'elles; ce n'est pas de M"" de Mazarin qu'il a été amoureux, mais de M*' de Portsmouth et d'une actrice.

Veruilln, lOMcMabn ("01.

Mon contrat de mariage a été dressé aussi misérablement que si j'étais la fille d'un bourgeois; je ne puis comprendre que l'électeur me l'ait fait signer; ma maison est si grande que, bien que le roi me donne 350,000 francs de pension, il me manque encore une somme égale à celle qu'il me donne pour pouvoir in'entretenir selon mon rang.

Tout est ici extrêmement cher et hors de prix.

VenaUln, ladkenArellO!.

Ce qu'on dit du roi Guillaume n'est que trop vrai: mais tous ces héros 86 proposent pour modèles Hercule, Thésée, Alexandre, César, cl tous ces personnages avaient leurs favoris. Ceux qui s'adonnent à ce vice et qui croient dans la sainte Écriture, s'imaginent

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DS MADAME U P^CHESSE «'ORLÉANS, gf)

eue c'était sçuleipçnt un péché lorsqu'il y a,vail peu de gens dans le monde, et qu'on otflît ainsi coupable en empêchant qu'il ne ae peuplât; mais depuis que la terre est toute, peuplée, ils ne regardent plus cela que comme un divertissement; on évite cependant, autant que possible, d'être accusé de ces vices parmi le peuple, nuis, entre gens de qualité, on en parie publiquement; on regarde comme une gentillette de dire que depuis Sodoroe et Gomorrhe le Seigneur n'a puni personne pour cea méfaits, Vous me trouva* savante sur ce teste ; j'en ai maintes, fois entendu papr 1er depuis que je suis en France.

Celui qui veut servir Dieu dans la vérité, et d'après sa parole, doit chaque jour lire la sainte Écriture ; autrement nous resterons dans les ténèbres. Je suis persuadée que la bonne religion est celle qui est fondée sur la parole de Dieu et qui consiste à avoir Jétus- Christ dans son cœur; le reste n'est que du verbiagedeprêtres (pfafjen gesckwets). Dans quelque religion que ce soit, ce n'est que par les œuvres que se montre la vraie foi et qu'on peut juger qui fait bien. Aimer Dieu et le prochain, c'est la loi et les prophètes, comme notre Seigneur Jésus-Christ nous enseigne.

33 ifembre 1701.

Vous confondez la marquise de Richelieu avec la duchesse : la duchesse est morte depuis longtemps, mais la marquise est horriblement débauchée ' ; elle

' » M. N Prince 'eut pour maliresse U marquise de HJcbeTeu, que je nomme parce qu'elle ne vaut pas la peine d'être tue ».

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se mit une fois dans le Ut de M. le Dauphin sans qu'il lui eût fait la cour ; quand il rentra chez lui, son valet de chambre lui dit : « Monsieur, une dame est dans ' votre lit, qui vous attend ; elle n'a pas voulu se nommer. » Il entra, et vit la marquise. Le lendemain il raconta l'affaire à tous les seigneurs de la cour,; elle vit encore dans un couvent près de Fontainebleau.

Si la comtesse de Zintzendorff a eu uneintrigue avec Saint-Maurice, ce ne peut avoir été que pour rembourser à son mari toutes les infidélités qu'il lui a faites, car il se livrait à des débauches de toutes sortes' ; mais je suis bien de votre avis, qu'il est impossible d'avoir de l'amour pour Saint-Maurice.

On apprend de Paris des histoires fort étranges. La fille d'un bourgeois qui était assez riche, et âgée de quatorze ans, fut enlevée par un jeune homme, et devînt enceinte; elle fut assez adroite pour cacher la chose, et elle accoucha en secret d'un enfant, qn'on porta de suite aux Enfants trouvés : elle lui fit une marque pour le reconnaître plus tard. Pendant deux

(Saint-Simon). Les recueils manuscrit» offrant, ) direises reprises, des couplets relatifs à cette dame; en toIgï ou que l'on peut transcrire.

Bicbelieu, Ton iou!ei plaire A loin aimable Dauphin ; Mail craj-ci que n'est en min, Car il ne voua tcdI rien f.iro.

Coati, qui Tout a quitté, A bien giii vot affaire», Coiiti, qui >0UJ a quitté.

DE MADAME LA DUCHESSE d'oRLEAHS. 61

ans «Ile en eut soin ; elle allait le voir, et lui fournissait ce qui lui était nécessaire. Un riche marchand de Paris devînt amoureux de cette créature et l'épousa; mais comme ses visites à l'hospice des Enfants trouvés lui donnaient des soupçons, elle cessa de les faire. Après avoir vécu vingt ans avec son mari, il mourut, lui laissant toute sa fortune. Elle avait un grand penchant pour le premier garçon de boutique de son mari, et il l'aimait aussi. Un jour elle s'aperçoit que son mari a sur le corps un signe pareil à celui qu'elle a fait à son enfant; elle court aux Enfants trouvés, et demande ce qu'est devenu le jeune homme dont elle avait pris soin. On lui répond qu'en grandissant il avait montré du goût pour le commerce, et étaitentré chez un riche marchand dont on lui dit le nom, et c'était celui de son mari défunt. La femme ne put pas douter davantage que son second mari ne fût son fils. Elle alla trouver son confesseur, et lui raconta la chose : le confesseur lui ordonna de tenir l'histoire secrète et de ne pas avoir de commerce avec son mari jusqu'à ce que la Sorbonne ait décidé à cet égard, et l'on ne sait pas encore ce que sera cette décision.

Yemille*. 38 décembre MOI.

11 arrive rarement qu'un mariage soit aussi bien assorti que celui du prince de Nassau-Siegen et de la princesse Françoise de Hesse-Hombourg'; il faut que ce prince ait eu quelque incommodité qui fût contraire au mariage, ou qulil ait été un phénix, car je ne crois pas qu'il puisse y avoir au monde un jeune homme qui, à moins d'une inclination, s'abstienne de la débauche.

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mais il y a des gens qui ont plus de pudeur que. d'autres et qui peuvent mieux cacher leur jeu ; ce sont souvent les plus dangereux et ceux chaa qui les vices restent le plus enracinés,.

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