‹ Correspondance complète de Madame duchesse d'Orleans née Princesse Palatine, mère du regent; (volume 3)Chapitre 20 sur 32 · AU ROI O'ESPAGNB PHILIPPE V · texte numérisé non relu

AU ROI O'ESPAGNB PHILIPPE V

Verwllle», S février 110!.

« Come Voslre Majesté m'a fajt l'honneur (Je irt'escrire un billet, je me suis flattée que vous ne trouveriez pas mauvais, monsieur, que je vous cscrive sans cerimonie, et je ne puis laisser partir monsieur de Louville sans faire ressouvenir Yostre Majesté qu'elle a ici une servante qui, en vérité, vous respecte bien plus que personne, je me suis retenue bien à propo, car j'ay pensé dire à Vostre Majesté et qui vous aime de tout son cœur, mais cette vérité n'oroit pas este assez respectueuse, songez donc que je no l'ay que pensé, Come Vostre Majesté aime les comédies je ne puis m'empêche de lui dire que madame la duchesse de Bourgogne en a jouée une avec la comtesse d'Aven, madame de Melun, son fils, le comte d'Àyen, deux home à M. de Noaille, Duché, Rousseau et Baron le père. Je vous assure, monsieur, qu'il ont fait des merveilles. Gela se joue tout à fait en particulier chez madame de Maintenon, ainsi le roy m'a perr mis de la voir, j'ay estes surprise de yoir corne ils

1 Noue empruntons celte lettre au* Mémoires secrets sur l'établissement de la maison de Bourbon en Espagne, extraits de la correspondance du marquis de Louvill» (publié* par la comte S. du Route j. Parle, 1818, ï vol. ln-8,

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joutât tout bien, ce trafstre de Baron joue mieux que jamais, Je suis sûr que Vostre Majesté seroil eslonnée de voir comme mon fils joue et les comte d'Ayen, et que cette comédie vous oroit coustée de larmes '. J'y ay plenree corne une folle et le roy n'estoit pas loin de quelques larmes aussi. Le sujet de la comédie c'est la mort d'Absalon, mais on y a changé quelque chose pour la rendre plus touchante. On Teint qu'Absalon vient blessés et meurt devant le roy son père, devant sa l'âme et sa fille. C'est mon Ûls qui est David, le comte d'Ayen Absalun, la comtesse d'Ayen Tharis, fàme d'Absalon, qui a le plus beau râle de toute et elle le joue à merveille; après la grande pièce ils ont joué une petite, où H. duc de Berry estait un amant, et le petit comte de Noailles un austre1. Pour ces deux ils jouent à faire mourir de rire, mon fils estoit un fourbe, unvalletqui sort des galleres, les maistresses estoit madame la duchesse de Bourgogne qui joue mieux le sérieux que le comique, mais la comtesso d'Estrée joue fort bien; la petite pièce ne veaut pas grand chose, mais on ne laisse pas que d'y rire ; il est enfin tempe que je finisse cette lettre, je crains que Vostre Majesté ne la trouve déjà trop longue et que ce récit ne vous ennuy, il faut pourtant, grand roy, vous dire encore que je supplie très instamment Vostre Majesté de me continuer l'honneur de ses bonnes grâces, et d'être persuadée que je les mérite par les

1 Celle comédie élail la tragédie d'Absalon, de Duché. 1 Probablement la Ceinture magique de Rousseau. L'auteur paria a nota «pareil» d* eau* repréeeotaUon dus la pt etace

sentiments respectueux que j'ay pour Yostre Majesté, et que je conserveras toulte ma vie. >

il ma» n«.

Dans le temps que je me préparois à vous respondre, monsieur de Harding, sur vostre lettre du 28 du mois passé, je reçois la triste nouvelle de la perte que vous avez faite le lendemain de M°" de Harding, dont je suis très- sensible ment touchée; et, quoyqu'en Testât où cette peauvre dame estoit tombée par ces maladies, Dieu lui a Tait grâce de la délivrer de ses douleurs : je l'ai pleurer de tout mon cœur ; vostre neveu en a fait autant, et je vous prie de croire que personne ne partage plus vos peines et douleurs que moy, qui me souviens toujours du soin qu'elle avoit eu de mon enfance, et les peines et veilles que je lui avois coustees, et en conserverai une véritable reconnoissance. Ainsi sa perte me touche très-sensiblement. Je ne mérite point de remerciements d'aider à votre neveu d'avoir un régiment, puisque ce n'est que tard ce que j'avais promis à M"" de Harding il y a longtemps, et vostre neveu mérite qu'on en ait soin. Il est trèshonnête garçon qui se fait estimer et ne fait point de tort à sa famille. J'espère qu'il fera son chemin, et en tout ce qui pourra despendre de moy, je tâcherai de l'assister.

1 Cette lettre est en français dans le volume Imprimé en

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