XII AVERTISSEMENT
gés par chapitres spéciaux, selon qu'ils se rapportaient à telles ou telles personnes, à Louis XIV, par exemple, ou au Régent. Nous avons rétabli l'ordre chronologique et suivi la date des lettres ; cette disposition permet de mieux saisir la suite des événements et l'esprit qui inspire toute cette correspondance.
Nous avons entrepris une traduction nouvelle, en nous attachant à serrer le texte de plus près que ne l'avaient fait nos devanciers. 11 ne s'agit pas de chercher chez Madame le mérite d'une diction élégante et soignée ; on sait combien son style est négligé, combien elle y mettait peu d'art. Les répétitions, les incorrections reviennent constamment sous sa plume. En voulant donner un peu plus d'élégance à cette . diction inculte, les traducteurs précédents ont altéré sa physionomie, lis la font sans cesse parler de Louis XIV, expression que Madame n'a pas écrite une seule fois ; elle n'appelle jamais ce monarque que le roi, le feu roi, ou notre roi. De longs passages français ont été conservés tels qu'il» se trouvent dans l'édition de 1789, où ils avaient subi une révision grammaticale et orthographique.
Il eut sans doute été désirable d'avoir sous les yeux la correspondance autographe de Madame; nous n'avons pu y parvenir. D'après des renseignements venus d'une source diplomatique, les lettres originales ont péri dans un incendie. Elles n'auraient pu d'ailleurs être reproduites en entier; nous avons déjà dit qu'une foule de détails dénués de tout intérêt, de protestations d'amitié et de dévouement, se multipliaient sans cesse sous la plume de Madame ; M. Menzel, ainsi que M. de Praun, ont été obligés d'opérer de larges coupures dans les lettres qu'ils ont eues à leur disposition. Tout reproduire exactement n'eût donné que d'énormes et illisibles volumes. D'ailleurs la duchesse écrivait le même jour à plusieurs personnes de sa famille ; ce qu'elle racontait à Tune , elle le disait