AVERTISSEMENT. XIII
aussi à l'autre ; c'était parfois une sorte de circulaire ; il suffit de signaler ces reproductions presque littérales; il ne saurait être question de les imiter.
Nous avons fait foire des recherches en diverses villes de l'Allemagne, dans l'espoir d'y rencontrer des lettres échappées à la plume active de la duchesse d'Orléans et demeurées inédites; ces recherches n'ont point eu les résultats que nous espérions. Nous nous flattions de découvrir quelfut chose à Vienne, où les archives de la maison de Lorraine ont du être transportées; une lettre d'un savant distingué qui habite cette ville nous a prévenus que nul débris de la correspondance de Madame ne s'y trouvait.
Nous avons du moins la satisfaction de joindre à notre publication quelques lettres inédites de Madame, provenant des dépôts publics de Paris ou de la collection d'un amateur ; nous donnons, pour la première fois, les lettres à M. et à M™ de Harling, qui ne se trouvent que dans le volume imprimé en 1792, sous la rubrique de Dantzig, volume qui est devenu peu commun en Allemagne et qui est introuvable en France '.
Dans sa première enfance, la jeune princesse fut confiée aui soins de M11» de Offeln, qui lui inspira une affection aussi sincère que durable. Dès l'âge de neuf ans, elle lui écrivit une lettre que nous plaçons en tête de notre recueil. Avant d'aller en France, la fille de l'électeur adressa encore d'Heidelnerg , de Frankenthal et autres lieux de nombreuses lettres à son institutrice.
M"e de Offeln se maria en 16C9 et devint M" de Harling. Madame, de son coté, se trouva la belle-sœur de Louis XIV, et son commerce épistolaire redoubla d'activité.
' Il i pour titre : litktnlhiiit dar Priment» ElUabeth-Charleite
Mo Orlioru ou ihrrn originotbrieftn, in- il (wu nom de libraire ni d'iuipriimiir), » feuilleté, et 199 p»j(i. Peur épigraphe « net dr Pose: The proper ifudy of Mankind il Mon. L'indication de Dimiig Ml iiiuposée ; le volume 4 été imprime, a. Bruosn ick ou à Henorre.
XJY AVERTISSEMENT.
La dernière lettre adressée à M"' de Harling et qui ait été conservée est du 89 décembre 1987 ; cette dame mourut au commencement de 1702, et nul doute que la duchesse u'eût, durant ces quinze années, écrit maintes et maintes fois à la personne qu'elle chérissait.
La correspondance avec M. de Harling commence en 1701 et s'étend jusqu'à la mort de la duchesse, en 1729. Ces lettres sont beaucoup plus intéressantes que celles adressées à l'ancienne institutrice ; ejles s'animerft surtout après la mort de Louis XiV. Madame savait que toutes ses lettres étaient ouvertes; sa rude franchise, son laisser-aller épistolaire lui avaient valu les désagréments les plus pénibles ; après la mort du roi, après la fin du pouvoir de > Mn* de Haiutenon, elle put avoir toute sa liberté. On continuait d'ouvrir ses lettres par habitude ; c'est elle-même qui le dit, mais elle ne s'en inquiétait nullement. Son fils était l'arbitre des destinées de la France, et ce fils respectait et chérissait une mère avec laquelle il ne se contraignait pas et dont il ne suivait point les conseils.
Nousavons cru devoir ajoutera notre traduction un certain nombre de notes; il fallait d'abord rappeler au lecteur quels sont les personnages dont les noms reviennent dans cette correspondance ; il convenait de signaler les sources auxquelles on peut recourir pour plus amples détails. Nous avonsétéfort sobres de citationBlorsqu'ils'esI agi d'ouvrages généralement connus, tels que les Mémoires de Saint-Simon et les Lettres de Madame de Sévigné. Nous nous sommes donné un peu plus de latitude lorsqu'il a été question de livres qui ne sont pas dans les mains de tous les lecteurs.
Nous avons été heureux de pouvoir invoquer parfois le témoignage d'un ouvrage très-curieux et peu répandu. M. Léon de Laborde, membre de l'Institut, a joint à un travail publié en 1845, sur le Puiaij-Jfaiarin', un appen-
1 Aujourd'hui bibliothèque impériale. Ce travail fait parlie d'une séria