XIV AVERTISSEMENT
La dernière lettre adressée à Mme de Harling et qui ait été conservée est du 29 décembre 1687; cette dame mourut au commencement de 1702, et nul doute que la duchesse n'eût, durant ces quinze années, écrit maintes et maintes fois à la personne qu'elle chérissait.
La correspondance avec If. de Harling commence en 1702 et s'étend jusqu'à la mort de la duchesse, en 1722. Ces lettres sont beaucoup plus intéressantes que celles adressées à l'ancienne institutrice ; elles s'animent surtout après la mort de Louis XIV. Madame savait que toutes ses lettres étaient ouvertes; sa rude franchise, son laisser-aller épistolaire lui avaient valu les désagréments les plus pénibles; après la mort du roi, après la fin du pouvoir de Mine de Maintenon, elle put avoir toute sa liberté. On continuait d'ouvrir ses lettres par habitude ; c'est elle-même qui le dit, mais elle ne s'en inquiétait nullement. Son (ils était l'arbitre des destinées de la France, et ce fils respectait et chérissait une mère avec laquelle il ne se contraignait pas et dont il ne suivait point les conseils.
Nous avons cru devoir ajoutera notre traduction un certain nombre de notes; il fallait d'abord rappeler au lecteur quels sont les personnages dont les noms reviennent dans cette correspondance; il convenait de signaler les sources auxquelles on peut recourir pour plus amples détails. Nous avonsétéfort sobresde citations lorsqu'il s'est agi d'ouvrages généralement connus, tels que les Mémoires de Saint-Simon et les Lettres de Madame de Sévigné. Nous nous sommes donné un peu plus de latitude lorsqu'il a été question de livres qui ne sont pas dans les mains de tous les lecteurs.
Nous avons été heureux de pouvoir invoquer parfois le témoignage d'un ouvrage très-curieux et peu répandu. M. Léon de Laborde, membre de l'Institut, a joint à un travail publié en 1845, sur le Palais-Mazarin1, un appen-
1 Aujourd'hui bibliothèque impériale. Ce travail fait partie d'une série