‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 122 sur 164 · De l'Empereur · texte numérisé non relu

De l'Empereur

Saint-Cloud, le 30 novembre 1719.

... J'ai à vous annoncer une nouvelle qui m'est bien agréable, savoir que le mariage de M''"^ de Valois avec le prince de Modène est arrêté. Le courrier est parti hier pour Rome afin d'aller chercher la dispense, car ils sont parents au quatrième degré. La fiancée est au désespoir, elle aurait voulu épouser son cousin le comte de Charolais; mais il n'a pas voulu mordre, car tous les princes et les princesses du sang, qui sont parents les uns des autres, se haïssent comme le diable, même, .AI""" la duchesse et la femme de mon fils, qui sont sœurs. Auparavant déjà, elles ne s'aimaient pas à cause d'assez méchants propos que chacune d'elles avait tenu sur le compte de l'autre; mais ce qui a donné le coup de grâce à leur amitié, c'est que les princes du sang légitimes n'ayant pas voulu reconnaître les bâtards pour princes du sang. M"" la duchesse '■ a pris parti pour ses fils contre ses frères, tandis que M™<^ d'Orléans s'est déclarée pour ses frères contre les princes du sang. Cela, comme bien vous pensez, a fait naître une haine horrible entre les deux sœurs... Le prince de Conti finira bien par devenir fou... tantôt il hait sa femme au point qu'il veut la tuer, tantôt il l'aime si fort qu'il ne la quitte pas plus que son ombre. Par bonheur pour elle, il n'est pas comme ceux de sa race, il n'est pas courageux du tout. Une fois, il se campa devant le lit de sa femme, un pistolet chargé à la main, en lui disant : « Vous ne

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