‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 129 sur 164 · Ifl · texte numérisé non relu

Ifl

Saint-Cloud, le 5 septembre l'720.

... Tout est tranquille ici, à vrai dire, mais le mécontentement est grand, ce n'est donc qu'un calme factice... Il y a quelques jours, des laquais se sont rendus coupables d'une grande insolence. Je ne comprends pas que des gens tolèrent que leurs laquais soient insolents à ce point. Ils ont crié à M"" Law qui revenait de la promenade toute sorte d'ignominies, et ils ont lancé des pierres à la pauvre enfant. Je vois bien la raison de tout cela. Les jeunes seigneurs du temps actuel se sont trop commis avec leurs laquais ; ils s'en servent pour accomplir toute sorte d'infamies et n'osent plus leur dire quoi que ce soit : les laquais sont les maîtres...

La reine de Prusse m'a mandé le malheur qui leur est arrivé avec cette poudrière qui a sauté... Cela me rappelle une aventure qu'a eue M'"" de Durafort ^ à Besançon. Elle a été ma dame Datour. Elle était sœur du maréchal de Duras et tante de M"" de Malause. Le maréchal était gouverneur de Besançon.

... Au fond de son jardin il y avait des niches avec des statues, entre autres un Jupiter magnifique. Le roi l'a acheté. C'est le vrai Jupiter du Capitole; il est maintenant à Versailles. M"" de Durafort donc était un jour toute seule dans le jardin de son frère, à Besançon. Elle alla vers cette statue et dit : « 0 çà-, mons jupitter, on dit que veus avez parlez autre fois nous voila seuls, parlez-moy donc aussi bien tenez

Page 1