Voir la lettre du 4 février
de paille pourrie, au café un goût de suie et de lupin, le chocolat je le trouve trop doux. Mais ce que je mangerais volontiers, c'est un bon birambrot ou une bonne soupe à la bière ; voilà qui ne me fait pas mal à. l'estomac...
A LA DUCHESSE DE HANOVRE
Versailles, le 16 décembre 1713,
... Je parle fort peu au roi. Il se fait raconter ses chasses par le comte de Toulouse, qui lui décrit aussi la façon dont il arrange ses maisons et aménage ses forêts; avec les princesses aussi il s'entretient de leurs maisons; je place un mot par ci, par là; le roi me fait la grâce de s'informer de ma santé, je lui en rends compte, quelquefois de façon à faire rire Sa Majesté.
A LA KAUGRAVE LOUISE.
Versailles, le 82 décembre ni-?.
... Ma santé s'améliore de jour en jour, je ne tousse plus du tout la nuit. J'attribue cela à un breuvage qu'on me fait prendre tous les soirs lorsque je me couche : on prend un jaune d'œuf qu'on fait bouillir dans de l'eau, avec du sucre candi, puis on le bat jusqu'à ce qu'il devienne blanc comme du lait, et je bois cela aussi chaud que possible. Je suis très lasse encore de la toux violente que j'ai eue et de tous les remèdes qu'il m'a fallu prendre : un lavement, sept
médecines, en pilules, et deux saignées, le tout dans l'espace de six semaines.
A LA DUCHESSE DE HANOVRE
Versailles, le 1-2 janvier 1713.
... La reine Anne saitbien,en son âme et conscience, que notre jeune roi ^ est son frère, et vous n'ignorez pas qu'en ce temps-là, des gens forts partiaux vous ont écrit d'Angleterre, à vous-même, qu'il n'y a pas eu de fraude. En outre, le jeune roi ressemble trop à toute sa race, pour qu'on puisse douter de sa légitimité, et de plus M"'"' sa mère est trop vertueuse pour jamais avoir trempé dans une telle supercherie. En effet il y a plus de vingt-quatre ans que nous la voyons ici qui vit comme un ange. Je suis persuadée qu'avant la mort de la reine Anne, sa conscience se réveillera et qu'elle rendra justice à son frère...
Marly, le 23 de janvier 1713.
... Il n'est pas de plus grands ni de plus riches seigneurs dans toute la France que le duc du Maine, son frère et ses enf.ints. Mon fils et mon petit-fils sont des mendiants à côté. Je voudrais que mon fils comprît que sa fille, M'^« de Berry, est bien pourvue et n'a plus besoin qu'il lui donne quoi que ce soit, car il me ruine, il ruine ses enfants et toute sa maison à cause d'elle. Nous n'obtenons rien, mais le trésorier