‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 6 sur 164 · Anne de Gonzaguc · texte numérisé non relu

Anne de Gonzaguc

pas croire aux miracles, dit le père Lingère *? — J'ai la preuve en main, » répondis-je. Et cela était vrai^ car Paul Lucas m'a vendu un gros morceau de ce bois, qui devient rouge ardent mais ne brûle pas. Et me levant je m'en fus chercher mon bois, le donnai au père Lingère et le lui fis bien examiner, afin qu'il ne doutât pas que ce fût du bois. Il en coupa un morceau et jeta le restant au feu. Il y devint rouge comme le fer, mais ne brûla pas. De qui se moqua-t-on et qui fut penaud? Ce fut mon bon confesseur, car je n'ai pu m'empêcher de rire. Mais il se remit et dit qu'il n'était écrit nulle part que le bois de la sainte croix ne brûlait pas; ceux qui, par conséquent, l'exposent au feu, ont tort. « Mais, dis-je, si vous n'aviez pas eu la preuve que ce bois est incombustible, ne m'eussiez-vous pas fait un crime de ne pas croire à ce grand miracle? » Lui-même finalement dut rire et avouer que s'il ne l'avait pas vu il n'aurait pas ajouté foi à ce que je disais de ce bois. Lui et le père Cannet auraient été bien ensemble. Quand M"'* de Rathsamhausen m'entend ainsi disputer avec lui, elle a coutume de dire: « J'espère que Dieu aidant, Yotre Altesse Royale finira par donner une bonne éducation à son confesseur... »

A LA RAUCRAVE LOUISE.

Versailles, le 20 avril 1709.

... Dites-moi donc quel nom les médecins donnent

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