‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 63 sur 164 · De Brégis · texte numérisé non relu

De Brégis

IGO COraiESPONDANCE

assise par terre dans un coin, elle se mit à faire cette exclamation-là: « Que dites-vous? lui demandai-je. — Madame, me répondit-elle, je faissais reflection tout à l'heure, que nous sommes avant que de naistre dans un néant très propre; nous ne demandons point à venir en ce monde, on nous y met sans demander nostre advis, cela est bien desobligent. Nous sommes en ce monde, nous y avons bien du mal, cependant nous y accoustumons et nous n'en voulions point sortir. On nous prend, quand nous y songeons le moins, et on nous en fait sortir malgré nous, cela est bien desobligent... »

Marly, le 8 août 1713.

... Les lettres de ma fille me sont agréables, mais elles ne sont pas amusantes, car ou bien elle est malade ou enceinte, ou bien elle a d'autres sujets de plaintes. La reine de Sicile... est à cette heure encore plongée dans une tristesse profonde parce qu'elle a perdu son fils aîné. Les lettres de la reine d'Espagne ùBayonneMie sont que compliments, commissions et toujours des commissions, fort ennuyeuses souvent ; c'est ainsi, par exemple, qu'elle veut quelquefois faire de tel ou tel un évêque, de tel autre un capitaine de gardes ; puis elle demande une abbaye pour l'un, une pension pour l'autre. Mais si je dis le mal, il me faut dire aussi le bien. Je suis fort obligée à la bonne reine ; elle a beaucoup contribué au raccordement de mon fils avec le roi d'Espagne, par l'entremise de

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