Lo duc el la diirliesso du Mainr
DE MADAME, DUCHESSE D'OIîLEANS. 215
serait pas le beau-frère de ces gens-là et pourrait agir sans avoir à craindre des larmes. Il faut que mon fils trouve de nouveaux moyens pour payer les dettes du feu roi. Ce Las ' qui est tellemeraent haï, est un Anglais fort intelligent.
Saint-Cloiul, le 21 juillet 1718.
... La Fête-Dieu est une nouvelle institution doubleuicnt dévote. Je ne fuis pas grand cas des dévotions ambulantes, de ma vie je n'ai pu, aux processions, prier, ne lïit-ce qu'un rnut, je ue faisais que regarder les tapisseries, et veiller à ne pas tomber sur le pavé, car tout le chemin étant jonché de rameaux odoriférants, on glisse très facilement.
J'espère que ce beau temps va nous donner de bon vin de Bacharach, car le vin du liiiin m'est prescrit pour la santé. Notre duc de Lorraine m"en envoie tous les ans une provision.
Dimanche, le 24 juillet, S h. du so.r.
... La Princesse Palatine est cause que je suis si pauvre. Klle a fait faire mon contrat de mariage plus mal que celui d'une bourgeoise... Qu'est-ce que cela peut me faire que mon fils soit régent? L'argent du roi n'est pas à lui et je n'en voudrais pas un louis : (( Je sommes pauvres, mais j'avons de l'honneur » comme dit le proverbe des paysans, que cite souvent mon bon ami le pauvre duc de Gréqui. Mon fils va
encore plus loin. Comme régent il a droit à de grosses sommes : il n'a jamais voulu les toucher...,
Saint-Cloud, le 28 juillet 1718, 9 h. et demie du matin.
... A mon souper... je ne mange que les cuisses d'une jeune caille, le quart d'une laitue et cinq toutes petites pêches avec du vin de Bacharach et du sucre. Immédiatement après avoir soupe et remonté mes montres je me couchai... lematin je me suis levée à six heures... j'ai écrit à M. de Harling pour le remercier de deux excellentes mortadelles qu'il m'a envoyées. M'"" de Berry les a trouvées si bonnes qu'elle en a emporté les restes.
Nous avons ici un évêque^ bien zélé, portantles cheveux plats et lissés, n'osant regarder aucune femme, n'ayant jamais mis de poudre, ne portant que de petites et sales manchettes de deuil, c'est un homme jeune encore... je crois qu'il a trente-deux ans. Je ne sais comment cela est venu ; mais le diable qui rôde partout comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer, doit avoir été choqué de cette dévotion, il a voulu y introduire une machine de son invention. Il a inspiré au pauvrejeune évêque l'envie de convertir une jeune femme qui, dans sa ville natale, mène une conduite légère. 11 la fit chercher pour qu'elle se confessât à lui. La femme est jeune, belle comme un ange et futée, elle a si bien parlé au bon évêque qu'elle l'a séduit avant qu'il ne l'eût convertie. 11 n'a plus pu vivre sans elle, a renvoyé ses