‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 90 sur 164 · La fommc do Pompadour · texte numérisé non relu

La fommc do Pompadour

23i CORRESPONDANCE

vées dans le paquet de l'ambassadeur d'Espagne... ... Il est vrai que j'ai présenté au roi le prince de Durlach ; il est vrai aussi que j'ai failli épouser son grand'père, mais il n'est pas vrai du tout qu'il m'ait plu, c'est le plus gros mensonge du monde. Le bon seigneur était trop affecté et trop ridicule pour cela. La façon dont ce mariage a été rompu est trop plaisante pour que je ne vous la conte pas, chère Louise. Le margrave Frédéric avait demandé ma main en règle à S. G. l'Électeur, notre père, lequel la lui avait accordée pour son fils. Le margrave était aussi l'ami de S. G. ma mère, il ne voulut donc pas que le mariage se fît sans son consentement et se rendit tout exprès à Cassel. Pendant qu'il y va en poste, arrivent les Lorrains avec leurs grandes pelisses; ils enlèvent tous les chevaux dans un village du Palatinat. Les paysans se réunissent et s'arment de gourdins, et cela juste au moment où le vieux margrave s'en revient à cheval, par postes, de Cassel. Les paysans le prennent, lui et sa suite, pour les officiers lorrains qui leur avaient volé leurs chevaux, tapent bonnement dessus avec leurs gourdins et s'emparent do leurs montures. Le margrave crut que c'était une aflaire arrangée exprès, que l'Électeur le faisait rosser parce qu'il était allé à Cassel chercher le consentement de ma mère ', il rompit incontinent le mariage et envoya le baron Croneck dans le Holstein pour demander la main d(; la princesse de là-bas. Ce fut une des plus grandes joies que j'ai ressenties de ma vie...

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