LETTRE DXXXII
Di: MAKAMi: Df D E F K A M) A LA DUCHESSE DF. CHOISEUL
Ce vendredi, 1" septembre 1773.
L'abbé m'apprit hier, chère grand'maman, la mort de madame Corbie, voilà un surcroît de chagrin pour vous (quoiqu'on ne puisse pas regretter cette pauvre femme dans le déplorable état où elle était); quand l'âme est dans une situation triste, tout ce qui nous y entretient augmente nos peines; je sais votre inquiétude pour M. Ribot, et je la partage bien sincèrement; pourquoi faut- il, chère grand'maman, que votre sensibilité nuise autant à votre bonheur? pourquoi faut-il que vous soyez séparée de ceux qui vous adorent? Votre bon cœur vous fait partager leurs peines, et cela suHit pour vous en causer, j'en suis sûre. Si l'abbé vous a parlé selon sa conscience, il vous aura dit qu'il m'a trouvée extrêmement vieillie.
DE MADAME DU DEFFAXD. :i
baissée, afTaiblie, et allant à grands pas à la décrépitude. Cette route ne conduit pas à Chanteloup. Ah! chère grand'maman, quelque désir que j'aie de vous voir, je ne me permettrais pas devons exposer à un triste spectacle. Je brise sur cela; aimez votre petite-fille, chère grand'maman; l'abbé vous dira si vous lui devez de la reconnaissance.