‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 3)Chapitre 2 sur 134 · LETTRE DXXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE DXXXIII

»K LA DUCIIKSSK DE CII01SEUL A MADAME DU DEFFAND

A Chanteloup , ce 19 septembre 177:).

II est vrai, ma chère petite-fille, que le malheur me poursuit. En moins de vingt jours j'ai perdu un sujet charmant dont j'ai à me reprocher la mort. J'ai appris celle de ma pauvre gouvernante qui m'a été très-sensible malgré son état, et à l'instant môme, notre officier, que nous avions depuis quinze ans, vient d'expirer. Je ne suis pas encore rassurée sur Ribot, qui serait une perte majeure. Je ne sais ce qui doit m'arriver encore, mais mon âme est remplie de terreur. Mais vous, ma chère petite-fille, pourquoi m'effrayez-vous, m'aflligez-vous ♦»ncore? pourquoi me dire que vous êtes vieillie^ baissée, que é'OHs avancez vers la décréjnlude^ que l'abbé a dû me mander /out cela, que vous ne roulez pas vie donner un triste speciacle? \on, assurément, l'abbé ne m'a rien mandé de tout cela; je ne m'en aperçois pas par vos lettres, et vos amis m'ont dit le contraire. Je veux croire qu'une mauvaise nuit, une mauvaise dij^estion , un accès de vapeurs, vous ont donné ces tristes idées ot vous ont portée à me les communiquer, et cela seul suffit pour m'affliger. Je ne vous désire point dans ce moment-ci, non par les raisons que vous dites, mais parce que je ne suis pas digne de vous; je ne veux pas de l'abbé non plus, il faut laisser passer du temps, il faut laisser purifier ma maison; pensez seulement à moi, aimez-moi, c'est tout ce que je vous

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demande, et je le mérite, car je sais bien aimer, et je vow aime bien.

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