LETTRE DCXVIII
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISBUL
• Ce jeudi , 4 août 1T74.
Je vous envoie , chère grand'maman, une lettre du baron ^ fue je reçus hier en même temps que la vôtre. Je ne conçois pas quel est le malheur dont il me parle. Mandez-moi ce que vous, le grand -papa et l'abbé en pensez. Moi, j'imagine qu'il y a du roi de Prusse dans ce mystère. Je viens de lui répondre et je le presse de s'expliquer plus clairement. Dès que j'aurai reçu sa réponse, je vous l'enverrai. Renvoyez-moi sa lettre surle-champ, je vous supplie.
On ne parle ici que d'Orphéey il est encore plus mauvais ([\x*Iphigéni€. Le goût est perdu ', chère grand' maman, mais il en subsistera tant que je vivrai , parce que je vous préférerai toujours à toutes choses au monde.
LETTRE DCXIX
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CII018EUL
Ce 80 août 1774.
Je revins hier de Roissy, où j'avais été passer quatre ou cinq jours. La vie qu'on y n\ène est fort douce. Les maîtres de la maison et toute leur famille donnent l'idée du vrai bonheur, c'est-à-dire de celui que l'opulence, l'ordre, l'union , le bon sens, la raison, joints à la gaieté, peuvent procurer. Cependant je suis fort aise de me retrouver chez moi. C'est le lieu où les lettres arrivent; elles adoucissent le chagrin de l'absence, qui