DE MADAVIE 1)U DEFFAND AU DL'C DE CHOIS EU L
Ce lundi, 11 septembre lT7ô.
Je me trouve trop circonspecte. Pourquoi une petite-fiUe n'oserait-elle écrire à son grand-papa? C'est pousser trop loin la réserve , la retenue , etc. ; c'est laisser prendre insensiblement l'habitude d'être oubliée, et c'est tout ce que je crains. Madame de Luxembourg m'a bien promis de vous parler beaucoup de moi. Si j'en crois la grand'maman, vous m'aimez, vous seriez bien aise de me voir. Vous trouveriez très-bon que M. V^alpole et moi nous vous fussions rendre une petite visite. Gela est-il vrai? J'ai toute confiance en ce que dit la grand'maman; mais je sais que ses interprétations sont toujours agréables, obligeantes, et peut-être plus que ne le comporte le texte. Enfin, quoi qu'il en soit, nous n'irons point à Chanteloup; mais nous voudrions y être. C'est en vérité ce que pense mon ami, et pour moi vous n'en doutez pas.
On s'ennuie ici à la mort : des édits , des éloges, on en
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regoirge. \\ y a aussi des libelles , maid je n'ai pas eta he plaisir de tés lire. Tout ceci fiAira. On n'y isent point une certaine consistance ; ce sont des acteurs qnl essayent leurb rôles. Ils né seront point r^çus^ j'en réponds; on sentira bientôt la nécessité d'en avoir qui connaissent le théâtre, qui aient de Tin-^ telligénce et du seUtiinent. l'ai grande hnpbtience de voir artiveï' ce moment et de n'être pas obligée d'aller chercher là joie et le plàîsir à soixante lieues de mon tonneau.
Quand j'ai écrit ce matin à la grand'maman et an grand abbé, je ne pensais pas à vous écrire. L'envie m'éU a piîs tout d*irn coiq). Trouvez-le bon , et dites-moi que j'ai bien fait^
LETTRE DCLX
DE MADAME DU DEFPAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Ce vendredi , 20 septembre 1775.
Je me porte bien , chère grand'maman , la lettre que je reçus hier a achevé ma guérison. Rien n'est si tendre, rien n'efet'ài sitacère, j'en suis sûre*, mais il faut être encore trois Arois Isans vous voir^ et vorlà ce qui affcicte mon âme et la rend incapable de joie, loigtïèz k ce chagrin le départ de M. Walpole qui nfè saurait être dîfféiié encore longtemps. Plus je suis touchée kte votre amitié et de là sienne, et plus je tombe dans une ni^ancolie insurmontable. Je n'ai ni votre esprit, ni votre rûsôfn, \A votre courage, je suis sotte, faible et vieille; mate je ne vefu\ point vous attrister, parlons d'autres choses.
Madame de Gramtitont soup^a après-demain chez moi , j'espère qu'elle m'amènera le grand-papa. Je ne prierai personne ^i ce n'est M. dé Oontaut. Vous comprenez bi^ que j'aurai les beauvaû, là maréchale et madame dé Lauzun et peutêtre madame de 'Poix ; mais je Yi' aurai point ma grand'maman, ni mon grand abbé. Je ne lui 'écrirai point aujourd'hui^ j'ai %ncore la tête un peu faible.
le suis fort àîde (Jue tous approutiez Bouvard , c'est un iHn»itie â*esprit, j'en suis fort contente. Je compte bien suivre voffe cdiiseil et coiiserver Pôissotoier. Je ^ns avec la plus vîVe reconnaissance votre piévoyafice sur le besoin que j'en p<8itffrats airéir. Ce sont ce^ sortesl <f attentions qui prouvent le ^Mâr Vaiâitlé. Toutes les belles paroles et lesl^ grandes démon- Mra^ns ne sOfit rien^ Ah! tnà grand'mamah , vous^ l'abbé et ÛMk atoi , YOSà sut qui je compte et que j'aimerai jusqu'à mon démier soupir ; mais avoir enrcore trois mois à passer sans vous iroif , vôilà ce qui fti'afllige.
Je èbiiipte sortir cet après- dîner et essayer mes forces par un petit tour de promenade que je ferai avec mon' ami. Nous parlerons de vous , et de quoi encore? De vous et toujours de