Il résidait à Avremont
dant point de Gompiëgne. Vou3 apprendrez par M. de Gaines tout ce qu'il y a à savoir; mais ce que je ne vous dis point et que je ne veux pas que vous sachiez , c'est à quel point je suis malheureuse de vivre éloignée de vous.
Voilà, je crois , chère grand'maman , une bien mauvaise lettre : jetez -la au feu; mais qu'elle ne vous fasse pas perdre la bonne volonté de me répondre.
LETTRE DCCLXII
Ce 21 juillet 1779.
Quel bon mouvement vous a pris? Qu'est-ce qui m'a rappelée à votre souvenir? En ai-je l'obligation au Selwyn ? Seraitce la guerre? Elle vous met à l'abri d'une correspondance importune; vous n'avez point à craindre que je vous presse de me venir voir. C'en est fait, nous ne vous reverrons plus, vous avez voulu rendre mes regrets encore plus sensibles; les assurances de la continuation de votre amitié ont produit cet effet. Il m'aurait été agréable si vous m'eussiez promis de me venir voir dès que la paix serait faite. Il y a bien de nos politiques qui prétendent que nous pourrons bien l'avoir cet hiver. Je ne le crois pas; mais ce qui m'en fait douter, ce n'est pas la connaissance des raisons qui y mettent obstacle, mais c'est parce que je la désire , et qu'il arrive toujours le contraire de ce que je souhaite.
Vous ne me parlez point de votre santé, et personne ne me parle de vous. Vous ne voyez point M. Walpole, ou au moins très-peu. J'imagine que vous passez votre vie avec les Spencer et avec les Ossori. Vous souvenez-vous du goût que j'avais pour le dernier, et comment il n'était pas réciproque? j'ai toujours sur le cœur qu'il n'ait pas répondu à une lettre que vous me lui fîtes écrire. On m'a mandé que sa sœur épousait milord
Shelburn et qu*il en était fort aise ; il est bien rare qu'on soit fort aise, n'est-ce pas, mon petit Graufurt? Je croîs ne l'avoir jamais été, mais ce qui est de vrai, c'est, je crois, que je ne le serai jamais; ce qui pourrait me faire plaisir ne peut plus arriver; je ne puis espérer de vous revoir ; je ne connais d'heureux dans ce moment que le Selwyn ; on ne peut concevoir une passion aussi extravagante que la sienne, mais elle est très-vraie. Il serait tombé malade s'il n'avait pu emmener sa petite; il doit être actuellement dans sa campagne avec elle ; il a 'été content de moi. Si vous le voyez, dites -lui que je ne lui écris point parce que je le crois à sa campagne ; remerciez -le d'une livre de thé qu'il m'a envoyée.
J'ai fait vos compliments à mesdames de Roncherolles et de Gambis; je vois cette dernière trois ou quatre fois la semaine; elle soupe régulièrement chez moi les mercredis et les vendredis, souvent encore d'autres jours dans la semaine, surtout depuis que les comtesses de Boufflers sont à Auteuil ; elles y sont établies depuis le 1" de juillet; elles y doivent rester jusqu'au 1" de septembre; mesdames de Luxembourg et de Lauzun y sont habitantes, ce qui ne les empêche pas de venir à Paris pour mes deux soupers et puis pour d'autres.
J'ai fait vos compliments à madame de Roncherolles par un billet; il y a plus de deux mois que je ne l'ai vue; elle se dit malade, mais ceux qui sont au fait de ce qu'elle fait disent qu'elle se porte bien , qu'elle est seulement retirée comme le chat ermite ; le fromage n'est pas de Hollande, il est, dit-on, de Berlin. J'en suis étonnée , il me semble qu'ils ne sont pas assez bons : à la vérité, il y a bien deux ans qu'il n'en est entré chez moi. Je vous plains fort de ce que vous êtes privé de ces sortes d'aliments.
Croyez , mon cher Graufurt , que je vous aime et vous aimerai toute ma vie, que je m'intéresse sincèrement à vous. Je suis persuadée que nous nous serions l'une à l'autre d'une grande consolation. Je suis aussi vaporeuse que vous, je vois
tout en noir; l'amitié me paraît une chimère ; c'est une raison pour n'être point aimé que de faire connaître qu'on aime ; vous savez que je l'ai éprouvé. J'ai la triste consolation que mes ennuis ne dureront pas encore longtemps.
Vous me feriez beaucoup de plaisir de me donner souvent de vos nouvelles, mais je ne l'espère pas; c'est une fantaisie du moment qui vous a porté à m'écrire.
LETTRE DCCLXlll
DE MADAIIE DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Ce 28 juiUet 1T79.
Vous voilà, chère grand'maman , dans la plus grande solitude : votre petit abbé, les chevaliers de Castellane et de Beauteville et sans doute M. du Bucq. Je suis persuadée que vous êtes fort contente de cette réduction , et même que le grandpapa et madame de Grammont n'en sont point fâchés. Pour moi, ce qui me fâche, c'est que je trouve que le temps marche à bien petits pas ; nous n'en sommes pas encore à la moitié de ce que doit durer votre absence ; cela est insupportable.
Je ne suis pas trop contente de la santé du grand abbé, il n'est pas content de son estomac , il a des vapeurs , il est éloigné de vous et ce malheur est sûrement le plus grand de ses maux. Il m'a dit qu'il vous avait appris la nouvelle connsûssance que j'avais faite, elle vous aura surpris.
Dans le temple des Juifs un instinct m'a poussée.
Je ne puis pas me vanter jusqu'à présent d'en tirer un grand avantage, mais je me flatte que cela viendra. Je reçus hier une lettre de la petite sainte, qui est à Heilly. Je lui ai fait réponse ce matin , et je lui ai mandé qu'en pensant à elle je lui appliquais tout de suite ces vers à'Eslher :
De l'aimable vertu doux et puissants attraits : Tout respire en Esther Tinnocence et la paixi...
Ne trouvez-vous pas qu'ils lui conviennent? Elle sera encore bien du temps absente , dont je suis fort fâchée. Il n'y a presque plus personne à Paris, et dans le courant du mois prochain ce qui reste en partira.
Vous ne craignez point la solitude. Vous trouvez en vous des ressources infinies: vos connaissances, votre goût, vos talents sont une excellente compagnie bien préférable à toute autre et même à toute lecture. A propos de lectures , avez-vous lu les comédies de madame de Genlis ? Je voudrais savoir ce que vous en pensez. J'ai lu ce matin le Mémoire du comte de Broglie * ; il me semble que le procès est d'un nouveau genre, et l'avocat me paraît promettre plus qu'il ne tient. C'est un très-jeune homme. Il y aura encore trois audiences.
De quoi remplissez-vous votre journée ? Vous avez trop peu de monde à présent pour que le jeu tienne une grande place; le trictrac doit être votre plus grande ressource.
Je m'aperçois que j*abuse de celle que je trouve à vous écrire, ainsi je finis.
LETTRE DCCLXIV
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE GHOISEUL
Ce 13 août \T,%
Je ne doute pas, chère grand* maman, que vous ne receviez par beaucoup de personnes la sentence qui vient d*être prononcée contre le comte de Broglie. La séance a duré cinq ou six heures pour le moins. L'avocat général a rapporté avec une véhémence, une animosité et avec une partialité scanda-
1 . Procès que le^ comte de Broglie perdit contre Tabbé Georgel.
leuse; il s'est fait, dit-on, l'avocat particulier de l'abbé Georgel ^ Je n'ai jamais compris comment le comte de Broglie avait pu se déterminer à intenter un tel procès. Mais le jugement n'est-il pas extrêmement rigoureux? Des tracasseries de coquins, de faquins, doivent-elles être traitées avec la gravité d'une procédure? Le comte de Broglie aurait dû se contenter du mépris que l'on a pour son adversaire. Ce M. de Sainte-Foix mérite bien qu'on ait pour lui le même sentiment. Je suis toute triste de l'événement de ce maudit procès. S'il m'avait jugée digne de me consulter, je l'aurais bien détourné de l'entreprendre; j'aurais cru qu'il se moquait de moi en me disant qu'il en avait le dessein.
Adieu, chère grand'maman, je ne puis aujourd'hui parler d'autre chose.
CONCLUSION DE M. l'aVOCAT GÉNÉRAL.
« Donner acte à l'abbé Georgel de la déclaration qu'il a faite avant toutes procédures , qu'il n'avait ni vu , ni lu , ni eu , ni porté , ni communiqué les prétendues lettres de M. le comte de Broglie, à qui que ce soit; en conséquence le décharger de l'accusation contre lui intentée. Condamner le comte de Broglie à tel dommage qu'il plaira à la Cour de fixer, applicable du consentement de l'abbé Georgel au pain des pauvres; ordonner que Tarrêt sera imprimé et affiché aux dépens du comte de Broglie en tel nombre qu'il plaira à la Cour de fixer. Rayer et supprimer dans les Mémoires du comte de Broglie les mots injurieux contre l'abbé. Sur le surplus des demandes faites... etc., les parties hors de Cour. »
1. Cet abbé Georgel , dont on a des Mémoires, avant d*ôtre grand-vicaire de Strasbourg, avait été employé dans la diplomatie sous le prince Louis de Rohan, et pendant quelque temps chargé des Affaires à Vienne. Le comte de Broglie Taccusait d*avoir supposé et montré au ministre deux lettres de lui, comte de Broglie, à son frère le maréchal, compromettantes pour Tun et pour l'autre.
Le prononcé de Farrêt n'est autre que les conclusions de favocat général ; il fixe seulement les dommages à vingt livres pour les pauvres , et donne à Fabbé la permission d'afficher autant d'arrêts qu'il voudra, mais à ses frais.
Les dépens aux frais du comte de Broglie.
LETTRE DCCLXV
DE UADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Ce 17 septembre 1779.
J'avais menacé l'abbé d'une longue lettre; ne trouvez-vous pas^ue je ferais mieux de lui tenir parole que de vous substituer à sa place? Votre dernière lettre m'a déterminée à ce changement; prenez- vous-en donc à vous-même, chère grand'maman, de l'ennui que je vais vous causer, car en effet je ne puis rien vous apprendre ; vous êtes bien plus au fait des nouvelles que je ne le suis. Je ne les ai jamais de la première main, et puis, quand elles m'arrivent, le plus souvent je n'y comprends rien. Vous ressouvenez-vous d'un jour où le mot émigrant me surprit si fort? Vous prîtes la peine de me l'expliquer, et c'est une connaissance que je vous dois. Je ne sais pas un mot de géographie. Les cartes seraient un moyen de me faire entendre de certaines choses. Cette ressource me manque ; je suis donc très-ignorante ; tout ce que je sais, c'est que la guerre me fait bien de la peine, et je sais bien mauvais gré à ceux qui nous l'ont procurée.
Je vis hier M. du Bucq , qui prétend que la paix est impossible d'ici à deux ans. Il prononce toutes ses assertions avec une autorité assommante. Cependant, M. de Creutz (celui qui vous trouve un anche transformé en femme) prétend qu'elle sera faite cet hiver.
Ma grand' maman, ce M. du Bucq a beaucoup d'esprit, sans doute, mais cependant je lui trouve un peu de prestige : il
éblouit plus qu'il n'éclaire. Il prétend que l'esprit de Voltaire n'était que superficiel. Je suis bien éloignée de le penser. Si son caractère avait été aussi bon que ses lumières étaient profondes, justes et étendues, il me semble qu'il aurait été un grand philosophe. Je ne sais pas si vous êtes de mon sentiment, mais je trouve qu'où il a le moins réussi c'est à son théâtre, où il n*a jamais donné à ses personnages d'autres idées que les siennes et d'autre caractère que le sien. Mais dans ses ouvrages de philosophie et d'agrément, je trouve que personne n'a plus que lui de justesse, de clarté et d'énergie. Je vois l'abbé (si vous lui lisez ma lettre) qui se moque de moi. Je me souviens qu'il me tourna en ridicule une fois que, par hasard, je prononçai ce mot énergie. Eh bien ! qu'il sache qu'aujourd'hui il est devenu à la mode, et qu'on n'écrit plus rien qu'on ne le place. J'ai bien fait peur à ce grand abbé en lui mandant que sa lettre passerait les mers; il n'en est rien.
Je reçois assez exactement des lettres d'Angleterre. M. Walpole me parle souvent de vous et me dit que le lendemain du jour où la paix sera publiée, il s'embarquera pour la France; mais cet embarquement n'arrivera pas plus que les autres.
Mon abbé, que vous appelez Fanfan S a eu une menace d'apoplexie; il y a près de six semaines que je ne l'ai vu; cela cause relâche au théâtre.
Notre petite sainte a eu la goutte ; elle ne reviendra qu'au mois de novembre, ce qui me fâche beaucoup.
J'ai écrit ce matin deux lignes au grand-papa pour remplir mon devoir, lui ai-je dit, et pour lui apprendre le sien; en conséquence, il me rendra visite, a-t-il dit, cette aprèsdînée.
1. L'abbé L'Enfant, prédicateur estimé, massacré aux Carmes, le 2 septembre 1792.
LKTTRE DCCLXVl
DE LA DUCHESSE DE CHOISEUL A MADAME DU DEFFAND
A Cbaateloap, ce 21 septembre 1779.
N'âi-je pas bien fait de vous attaquer, ma chère petite-fille, puisque mon attaque m'a procuré la lettre que vous destiniez à Tabbé? il est bien juste que je m'enrichisse de son bien, quand il s'est nourri si longtemps de mes dépouilles.
. Je ne sais pas mieux les nouvelles que vous; je ne m'y intéresse pas davantage, et je ne suis pas plus forte en géographie. J'ai pris tout cela en aversion depuis que ma mère m'a fait 1 re les gazettes sur des cartes. Je suis seulement bien aise que M. d'OrviUiers soit rentré, parce qu'il ne se battra pas dans le port de Brest;, que je n'aime pas qu'on se batte et que je ne veux pas , sur toutes choses, que mes amis se battent. On dit qu'on va ôter à M. d*Orvilliers son commandement, parce qu'il n'a rien fait. Si j'avais voix au chapitre, je le lui rendrais pour qu'il ne fît rien.
Je désire la paix comme M. de Creûtz, mais je n'y crois pas plus que M. du Bucq. Je ne crois pas que la lumière de M. du Bucq soit du prestige; la preuve qu'elle ne l'est pas, c'est que personne ne donne plus à penser que lui, non pas quand il est obscur, mais quand il est clair; il a souvent le mérite de dire des choses évidentes qui n'ont jamais été dites, et je crois que ce mérite n'est pas commun. Je suis assez de son avis sur Voltaire , qu'il accuse d'être un peu superficiel. Voulez-vous opposer le superficiel au profond, comparez Voltaire à Montesquieu , et vous verrez si Voltaire est profond. Je prends la liberté de n'être pas tout à fait de votre avis sur ses tragédies ; j'en aime le style, le coloris et la chaleur; peut-être y met -il trop de philosophie; la philosophie n'est point le langage de la passion, et c'est sans doute pour cela
que vous trouvez que âes personnages manquent de vérité et d'énergie. Cependant, malgré les défauts qu'on peut reprocher à Voltaire, il sera toujours l'écrivain que je lirai et relirai avec le plus de plaisir, à cause de son goût et de son universalité. Que m'importe qu'il ne me dise rien de neuf, s'il développe ce que j'ai pensé et s'il me dit mieux que personne ce que d'autres m'ont déjà? dit Je n'ai pas besoin qu'il m'en apprenne plus que ce que tout le monde sait, et quel autre auteur pourra me dire comme lui ce que tout le monde sait ^ ?
Vous me demandez si je connais le mot énergie? Assurément je le connais, et je peux même fixer l'époque de sa naissance. C'est depuis qu'on a des convulsions en entendant la musique. L'enthousiasme, ma chère petite-fille, est partout substitué au bon goût, ou plutôt au simple goût; on n'exprime que depuis qu'on ne sent plus. La langue est comme l'histoire au passé : nous avions autrefois de grands hommes qui avaient des admirateurs et point d'enthousiastes; aujourd'hui, nous n'avons ni grandes choses ni grands hommes, mais nous avons de l'enthousiasme et nous parlons d'énergie. Ce mot n'était peut-être pas connu du temps des Romains, et les Spartiates , qui répondaient à Philippe si énergiquementy ne savaient peutêtre pas qu'ils étaient énergiques. Il n'y a que vous qui ayez conservé le dépôt de la vérité et du bon goût. Je crois la lettre de l'abbé fort digne de passer les mers; mais je la défie d'être plus jolie que votre mot sur l'inondation de vers en l'honneur de Voltaire : // subit le sort commun ^ il sert de pâture aux vers.
Est-ce votre abbé Fanfan qui vous a inspiré cette pieuse réflexion? J'espère que Dieu vous le rendra rétabli de son apoplexie, plus brillant que jamais.
1. Ce jugement entre assez dans celui que Montesquieu fait de Voltaire: c'est rhomme qui a le plus de Tesprit que tout le monde a.
La petite sainte a toujours la goutte, et sa belle-fille aînée est accouchée d'un garçon qui la comble de joie *.
Je ne sais point encore si le grand-papa a eu le bonheur de vous voir ; si j'avais été à sa place, comme je vous aurais embrassée, comme je vous aurais dit que je vous aimais, et comme j'aurais dit vrai !...
LETTRE DCCLXVII
DB MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DK GHOISEUL
Ce 20 avril 1780.
Vous êtes charmante, chère grand'maman, et il faudrait une méfiance invincible pour s'obstiner à douter de. votre amitié et à interpréter les témoignages que vous en donnez à de simples marques de bonté ; mais votre caractère , qui est la bonté même, fait que quelquefois on peut s'y méprendre.
Vous avez donc fait la recrue du chevalier de Beauteville et de M. du Bucq? Trouvez-vous ces deux personnes bien assorties? L'une de Vhypocras ferait du pitre -pite * (je ne sais si c'est le mot, je veux dire ce qui est de plus subtil), et l'autre du pitre-pite ferait de Vhypocras.
Je vis hier un moment le prince de Beauffremont; il voulut me donner le plaisir de me rendre votre lettre et de me parler de vous; il me dit du bien de votre santé. L'abbé ne me laisse point ignorer de vos nouvelles. Il me lit quelquefois des articles de vos lettres , quand il y en a qui me regardent. Je suis fort contente de lui. Je me plais à supposer qu'il vous a pour objet dans les attentions qu'il a pour moi. Ah ! j'ai bien du contentement à sentir que je ne suis pas orpheline et que j'ai de grands -parents qui s'intéressent à moi. Malheur à qui n'est