LETTRE DK M. LE COMTE DE HESSENSTEIN A MADAME GEOFFRIN
( Voir U leitr* de madame da DeSknd à U dnchettcT de Cboiseul ,
du 16 septembre IITS. )
De Stockholm , lo 21 aûot 1772.
Vous serez bien surprise, ma chère maman, de ce que vous apprendrez de moi par cet ordinaire. Je vous envoie ma lettre au roi , qui contient les raisons de ma conduite.
J'ai toujours désiré des corrections à notre constitution, et Taugmentation du pouvoir royal ; mais j'ai cru que ces corrections devaient se faire par les États, pour pouvoir être stables; j'ai craint l'exemple des gardes prétoriennes.
Le roi ne m'envoya sa lettre que lorsque la révolution était près*que achevée , et je la reçus au moment où , par pure tendresse pour lui , je prêchais devant mes amis que c'étaient ses ennemis qui répandaient ces bruits d'émeute; mon premier mouvement fut de me jeter dans l'île de l'Amirauté, et de m'y défendre: elle n'était pas encore occupée; mais je loue le ciel d'en avoir trouvé le chemin barré. Du reste, le roi me comble de bontés; il a ulcéré mon cœur, et il a la grandeur d'àme d'en convenir.
Adieu, ma chère maman; je me mets à vos pieds. Aimez- moi toujours, et montrez ces deux lettres à ceux qui voudront bien s'intéresser à moi. »