BILLET DE M. DE BEACVAU
Quand on lira dans l'histoire que j'ai fait une lettre pour vous, on aura bien de la peine à le croire. Mais si l'histoire ajoute que vous l'avez exigé de mon amitié, on pourra en conclure que je n'ai rien eu à vous refuser.
Le billet est charmant , la lettre ne me parut pas de même , pi je me déterminai à en faire une qui ne vous paraîtra pas meilleure, le petit Craufurt l'a fort critiquée. Je n'ai pas laissé de l'envoyer, ne pouvant faire mieux.
« Sire, il fallait un aussi grand et aussi heureux événement que celui qui vient d'arriver pour me donner la hardiesse de me rappeler au souvenir de Votre Majesté. Je me présente à elle avec la foule de ses admirateurs. Mon ambition serait bien satisfaite si Votre Majesté daignait m'y démêler. M. de Creûtz m'assure qu'elle recevra avec bonté les témoignages de mon enthousiasme. Je ne cesse de l'interroger. 11 me fait répapdre des larmes au récit de la conduite de Votre Majesté, il n'y a jamais eu d'exemple de plus d'activité, de sagesse, de modération, de courage et de clémence.
a Votre Majesté est au comble de la gloire. Vos sujets sont au comble du bonheur. Qui est-ce qui n'envierait pas leur sort?... Il n'y a point de sentiment que Votre Majesté n'inspire. Ses rares qualités, ses vertus, les charmes de sa personne font une impression qui ne s'efface jamais. Que je serais heureuse si , parmi tant d'hommages qu'elle l'eçoit et d'éloges qu'elle s'attire, elle daignait écouter les assurances du très-profond respect, de la plus grande vénération et de l'inviolable attachement avec lesquels je suis, Sire, de Votre Majesté, etc., etc. »