‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 105 sur 128 · L'exil du Parlement · texte numérisé non relu

L'exil du Parlement

Dl<: MADAME DU DEFFAND. 3*5

on reste en compagnie jusqu'à deux heures du matin ; on joue, on lit, et surtout on rit; on a de grandes matinées pour dormir si l'on veut, ou faire ses affaires. C'est précisément la vie qui vous convient, car je parie qu'en cas de besoin, vous trouveriez encore des veilleurs si vous en aviez envie, ne fût-ce que le prince, qu'il faut absolument que vous ameniez avec vous. Soyez sûre que vous seriez ici à merveille ; mais si bien, si bien, que j'espère que vous n'en sortiriez plus, ce qui vous conviendrait fort encore à d'autres égards. Car, moi qui suis avare, je pense à vos affaires que je ne crois pas bonnes, et que vous arrangeriez pendant ce temps. Je prie votre noblesse de ne pas se révolter contre ma parcimonie. Puis à la fin des disgrâces (car il faut que tout finisse), nous nous en irions tous ensemble, sans nous être jamais séparés, et ayant toujours été heureux. Je me fais un si grand délice de ce projet, que j'ai une impatience extrême que la belle saison vous permette de l'exécuter. Le grand-papa n'en a pas moins d'impatience que moi, et me charge de vous en assurer. Son rhume est passé, et j'ai été quitte du mien pour la peur.

Mandez-moi si l'on a été prendre la mesure de votre tonneau, comme je l'avais ordonné.

J'ai oublié de répondre à la question que vous m'avez faite pour des éventails d'Angleterre. Je serais au désespoir d'y mettre trente pis toi es. J'en veux une demi-douzaine de jolis, qui jouent le beau, et qui ne me coûtent pas bien cher. Madame Cholmondley m'avait promis de m' envoyer de la soie pour faire du filet, elle m'a oubliée ; je vous prie de l'en faire souvenir. Je vous prie aussi de payer tout de suite pour moi toutes les commissions qu'on me fera en Angleterre, puis nous réglerons nos comptes ensemble.

Adieu ; je ne puis vous dire combien je vous aime.

3t6 corhespondance

DE L*ABfrÉ BARTHELEMY A MADAME DU DEFFAND

Chanteloup, 27 jantier 1771.

Oh ! pour le coup, c'est moi qui ai tort, j'ai été sans vous écrire trois jours, quatre jours, peut-être davantage. Mais la grand'maman vous a écrit dans l'intervalle. Savez-vous ce qui m'a arrêté? c'est qu'elle avait un commencement de rhume qui semblait ne devoir pas durer, et j'aurais voulu vous en annoncer la fin, mais il subsiste encore et, quoiqu'il soit assez léger, il m'inquiète; cependant il ne faut pas qu'il produise le même effet sur vous. Je sens que je n'ai ni force ni raison, quand la grand'maman a la moindre indisposition, parce qu'elle est si frêle que je crains toujours de la voir se briser. Son rhume a été occasionné par du froid aux pieds qu'elle a essuyé dans le salon, plutôt que de les mettre dans un sac qu'elle a fait faire exprès. La première nuit elle toussa un peu, la seconde, qui était celle d'hier, point du tout; je ne sais pas encore de nouvelles de celle-ci, je vous en donnerai à la fin de cette lettre. Hier au soir, elle toussait assez fréquemment en jouant au pharaon, car elle se lève, se met à table tout comme à l'ordinaire ; elle n'a point eu de fièvre, et cette toux même n'est pas bien forte. Vous voyez que j'entre dans les plus petits détails et que je ne vous cache rien. Le grand-papa est encore enrhumé ; mais beaucoup moins. 11 sort tous les jours et monta hier à cheval ; il ne crache plus de sang depuis plusieurs jours.

La grand'maman a parfaitement bien dormi et n a point toussé de toute la nuit ; elle a un peu toussé ce matin, mais avec expectoration. Le rhume commence à mûrir ; j'espère qu'il n'aura point de suites.

M. de Gontaut part demain lundi; j'en suis fâché, mais il

reviendra ; il est très-sensible à tout ce que vous m'avez chargé de lui dire. M. de Lauzun ne tardera pas à venir. Si vous aviez quelque paquet de livres à me faire tenir, vous en auriez la facilité par M. Bertin, écuyer du grand-papa, qui doit partir le 30, ou par M. Ribot, son intendant» qui partira quelques jours après.

Je vous enverrai ensuite les Contes marins , et vous aurez la bonté de m' envoyer la liste des contes de fées que vous m'avez promise. Savez-vous un arrangement qui vous conviendra à merveille? on ne fait plus qu'un repas à six heures, après lequel on ne se quitte plus jusqu'au coucher. Ce souper finit à sept heures ou sept heures un quart, après viennent les parties de trictrac ou de whist qui durent jusqu'à dix heures environ, ensuite une lecture. C'est pour le moment M. de Saint- Simon ; elle dure jusqu'à minuit ; la poste arrive, et on se met au pharaon jusqu'à une heure ou une heure et demie. On a pendant la journée beaucoup de temps pour écrire, lire, se promener quand il fait beau. Le grand -papa témoignait ces jours-ci sa satisfaction sur cet arrangement en ce qu'il vous conviendrait singulièrement, que vous ne changeriez rien à votre façon de vivre, et que vous seriez tous les jours dans le sein de votre famille que vous aimez et qui vous aime également. Je vous écrirai plus souvent à l'avenir, soyez-en persuadée, car le meilleur moyen d'excuser ses fautes, c'est de les réparer.

DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL

Paris, ce mercredi 30 janvier 1771 , 3 heures après midi.

A peine ma lettre pour l'abbé était partie par M. Bertin, que j'en ai reçu deux de vous, chère grand'maman, l'une du 22 et

l'autre du 27. Je ne sais pourquoi celle du 22 ne m'avait point été rendue ; Wiart, qui était chargé de remettre à M. Bertin ma lettre pour l'abbé, a appris que M. de Gontaut était arrivé hier à trois heures; il a eu l'esprit d'aller savoir de ses nouvelles de ma part et de lui demander s'il avait une lettre pour moi. Il lui a dit que oui et qu'il l'avait remise à M. Ribot, et pendant ce temps-là, le valet de M. Ribot m'apportait vos deux lettres de la part de son maître. M. Bertin a dit qu'il partait demain matin ; je lui enverrai ce soir cette lettre-ci. Je ne vous y parlerai que de ma tendresse et de ma reconnaissance. Vous me ferez savoir, je vous supplie, quand quelqu'un de vos parents ou amis ira vous trouver ; vous pouvez comprendre pourquoi je veux le savoir, si vous vous souvenez de ce que vous m'avez prescrit dans votre première lettre.

Oui, oui, chère grand' maman ; je vous crois presque aussi heureuse que vous méritez de l'être, car pour autant, cela n'est pas possible; mon estime pour vous s'augmente si fort tous les jours, que la gloire des neuf chœurs des anges ne serait pas suffisante pour vous. A mon avis, vous êtes faite pour être audessus des Trônes, Dominations, Puissances, Principautés, etc.; mais savez-vous que vous me persuadez presque qu'il ne tient qu'à moi d'être aussi heureuse que vous? Ce presque ne signifie que la crainte que j'ai que votre extrême politesse, que votre excessive bonté ne vous engage à me faire une offre qui vous causerait peut-être embarras et ennui, si j'avais l'indiscrétion de l'accepter. Voilà ce qui m'empêcherait d'être parfaitement heureuse auprès de vous. Je vous représente donc aujourd'hui, chère grand'maman, que j'ai soixante-quatorze ans, qu'il faut me conduire; vous savez tout cela, je l'avoue, mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que ma tête s'affaiblit. Plus de mémoire, plus capable d'aucune application, plus d'entendement, nulle gaieté, nulle imagination ; voilà l'état de votre petite-fille. Après cette peinture qui est fidèle, pourriez-vous persistera vouloir d'elle? Je dois vous faire cette représentation.

S'il était possible que, malgré cela, vous voulussiez de moi et qu'après vous avoir consultée, vous fussiez bien sûre que vous me supporteriez, je vous avouerai alors ingénumentque ce serait pour moi le comble du bonheur d'être auprès de vous, et que j'y mènerais la vie que j'ai écrite ce matin à l'abbé; que rien ne me pourrait séparer de vous et que je ne regretterais rien. Ah ! cela est bien sûr, chère grand' maman, et du reste, si vous saviez combien votre souvenir, votre idée enlaidit et rend difforme tout ce qui m'environne, vous ne douteriez pas du plaisir que j'aurais à m'en séparer; je mourrais d'ennui si je n'étais soutenue par tout ce que j'entends dire de vous ; vous jouissez du plus grand bonheur qu'il y ait dans la vie, d'une considération parfaite et unanime, vous et une autre personne êtes positivement les deux contraires. Mais je n'en dis pas davantage, la prudence m'étouffe, c'est un corps étranger en moi ; je dois apprêter à rire au grand-papa, mais si jamais j'arrive à Chanteloup, ce sera une belle débâcle.

Quelle bonté de penser à un tonneau ! il ne m'est point nécessaire, pourvu qu'il y ait un fauteuil bien bas, cela me suffit.

Je vais écrire à Horace de vous faire choisir six éventails dont le plus cher ne soit que de deux louis, et d'envoyer aussi de la soie. Vous ne dites pas combien; je crois qu'une demilivre suffira. Je lui demanderai de deux grosseurs différentes, du plus fin et de celui au-dessous.

Wiart va vous faire un catalogue de tout ce que j'ai de contes; apparemment que celui que j'avais envoyé est perdu. Si j'en ai aue vous n'ayez pas, mandez-le-moi, je vous les enverrai sur-le-champ. J'aurai peut-être plusieurs choses à mander à l'abbé sur mes tracasseries avec messieurs de Presle, Favancourt et quelques autres. Je compte en apprendre des circonstances ce soir. J'ai bien à me plaindre de ces genslà, mais j'ose me flatter que ma conduite avec eux est si irréprochable et j'ose dire si noble, que toute la honte leur en

restera. Ce sont des misères, que je ne veux point vous expliquer ; il n'y a qu'avec l'abbé que je me donne toute licence.

Adieu, chère grand'maman, ménagez-moi toujours l'amitié du grand-papa ; je l'aime plus que jamais. Guérissez vos rhumes et ne troublez point mon repos en me donnant de l'inquiétude de votre santé.

Je crois pouvoir envoyer celte lettre ; je ne l'ai fait voir à personne, pas même au prince; je ne le vois jamais seul. 11 est plus épris que jamais. Je commence à croire que le grandpapa a beau jeu.

Je viens d'envoyer savoir des nouvelles de M. le maréchal de Biron : il a eu un redoublement ; mais la bile coule , et il crache facilement. On le trouve mieux.

DE L'ABBÉ BARTHELEMY A MADAME DU DEPPAND

Chanteloup, 2 février 1771.

L'autre jour, un de nos frères cordeliers d'Amboise prêchait sur les vertus théologales, et voici l'extrait de son sermon :

a Sans la foi, l'espérance et la charité, point de salut dans ce monde ni dans l'autre. Commençons par celui-ci que nous connaissons mieux, parce qu'il est plus voisin de nous. Tout le monde connaît la force de l'espérance et de l'amour ; mais que peuvent ces vertus sans la foi, sans la confiance qui doit en être la base ?

u Mes chers frères, les exemples vous persuaderont mieux que les raisons. Si une petite fille éloignée de ses parents leur écrivait : « J'ai l'espérance de vous aller voir ; cette espérance fait mon bonheur, parce que je vous aime autant qu'on peut aimer ; mais je crains de ne pas vous paraître aimable, » on lui dirait : « Pourquoi doutez-vous qu'on vous aime, puisque

vous ne voulez pas qu'on doute que vous aimez? Ignorez-vous que la charité, suivant Paul, couvre la multitude des péchés? Ignorez-vous que saint Augustin a dit : Aimez et tout vous sera pardonné *? Ignorez-vous qu'on déplaît, en effet, lorsqu'on craint toujours de déplaire? » La défiance empoisonne ou détruit le sentiment. Elle n'est point l'ouvrage de la nature. Voyez les enfants; voyez avec quelle franchise ils aiment. S'ils ont des défauts, on les fouette ; mais aux premières caresses qu'on leur fai^ ils viennent se jeter entre vos bras. Savez-vous pourquoi, mes chers frères? C'est qu'ils ne calculent pas. C'est la raison qui a inventé le calcul, et , par conséquent, les soupçons, les craintes, les fausses interprétations. L'instinct ne connaît ni principes, ni conséquences, ni écarts; c'est par l'instinct qu'on aime et qu'on est aimé véritablement. Fiez-vous à lui, mes très-chers frères, il vous guidera mieux, quand il s'agira de sentiment, que les grands raisonnements des philosophes, que la trompeuse expérience du monde, et que les sophismes dangereux de votre raison ! »

Ce bon père continua, et je m'en allai, parce qu'il commençait à m'ennuyer, et que mon instinct ne peut supporter l'ennui ; cependant, j'ai entrevu dans son discours quelques vérités applicables à la petite-fille qui fait enrager sa grandmaman à force de défiance et de timidité. Eh! mon Dieu! laissez là toutes ces vaines réflexions, et ne vous occupez que de l'espérance de remplir votre projet et du plaisir infini que vous ferez. Le grand-papa s'impatiente quand la grand' maman lui parle de vos craintes. Que voulez-vous qu'on fasse pour vous tranquilliser? Supposez que vous ayez tous ces défauts, qui ne sont aperçus que de vous, qui doit mieux les excuser que ceux qui vous ont mis au monde? Enfin, vous aurez beau dire, beau faire, beau vous tourmenter, vous verres vos parents un jour, et vous serez bien étonnée de voir que vous vous

1. Voyez lu lettre de madame du Dcffand àWalpolc, du 15 fàrrier 1771.

êtes si fort trompée. Ils se portent très-bien l'un et l'autre, ils me chargent de vous faire mille compliments. Nous avons su, par M. Bertin, que vous aviez vu M. de Stain ville; rappelezmoi, je vous prie, dans le souvenir de ceux qui se souviennent de moi.

Ce qui nous plut dans le Barmécide, c'est l'idée ingénieuse et touchante. Il nous a paru que ce refrain à toutes les questions, était l'éloge le plus flatteur. Il est vrai que ces questions ne roulent que sur des grâces dont tout autre ministre aurait été capable, et par conséquent ne caractérisent pas le grand-papa. Il est vrai encore que les vers ont été faits à la hâte, et qu'il y en a quelques-uns d'assez prosaïques ; mais, je le répète, l'idée est très-jolie et fait pardonner les autres défauts, à nous surtout qui sommes près de l'objet, et toujours disposés à nous enflammer.

Vous n'êtes pas seule à rire de la grosse bète du procureur, nous en avons bien ri aussi.

J'ai reçu le catalogue de vos contes de fées et vous en remercie. Je vous enverrai les Contes marins.

DE LA DUCHESSE DE CIÎOISEUL A MADAMK DU DEFPAND

A Chantdoup , «v 3 fétrier 1771.

Vous me dites toujours la même chose, ma chère petitefille, à quoi je répondrai toujours la même chose : vous croyez que je vous aime par complaisance et que je veux vous voir par politesse ; eh bien, non ! Je vous aime, parce que je vous aime. Je ne dirai pas parce que vous êtes aimable, car vos craintes, vos méfiances, vos discrétions ridicules me donnent trop d'humeur pour vouloir vous dire une galanterie quelque vraie qu'elle puisse être. Je ne prétends pas vous rendre justice, je ne veux que me la faire, je vous aime encore parce que

vous m'aimez et que je suis personnelle, parce que je suis sûre de vous, et que j'ai autant de méfiance des autres que vous en avez de moi. Je veux vous voir parce que à tort ou à raison je vous aime. Si vous radotez, votre radotage me plaît. Il vaudra bien mon rabâchage ; car je suis rabâcheuse. Si votre tête s'affaiblit, elle sera plus au niveau de la mienne ; si vous perdez la mémoire, vous vous rapprochez de moi qui n'en ai jamais eu. Ainsi tous vos inconvénients me conviennent; si vous avez soixante-quatorze ans, c'est à cause de cela qu'il faut être dans un château où vous pourrez avoir à votre choix la compagnie et la solitude, sans vous donner de soins pour la trouver ni pour vous en débarrasser; si vous avez besoin d'être conduite, vous aurez l'abbé et nous tous pour vos bâtons; si vous êtes infirme, vous aurez tous les secours de la faculté et tous les soins de l'amitié, sans l'importunité des visites comme à Paris. Je veux, s'il vous plaît, que vous ayez votre tonneau. J'ai bien grondé de ce qu'on n'avait pas encore été en prendre la mesure. Je voudrais que vous trouvassiez dans votre chambre de Chanteloup tout ce qui est dans celle de Saint- Joseph, et alors soyez sûre que cette habitation vous conviendrait mille fois mieux à tous égards. Je crois vous avoir déjà mandé le genre de vie qu'on y mène. C'est précisément celui qui s'accorde le plus avec le vôtre. Ainsi, venez donc, ma chère petite-fille, et n'en parlons plus, car vous m'avez véritablement aflligée. Demandez plutôt à l'abbé qui est mon confident. Je vous dirai de plus que le grand-papa n'a qu'un cri après vous. Votre dernière lettre à l'abbé, où vous faites les arrangements du voyage, m'a pourtant un peu raccommodée avec vous. Votre carrossée me plaît infiniment, Tévêqued'Arras1 et le prince-. Je suis bien aise que vous soyez en jouissance du premier. 11 écrit une lettre charmante à l'abbé, toute pleine de

1. M. de Conziû, éveque d'Arras , frère de l'évèque de Saint-Omer. ï. Î4e prinro do Bauffromont.

sentiments pour vous. Vous savez combien je l'aime ; dites-lelui bien, mais très-bien ; parlez comme pour vous.

Je ne puis vous quitter sans vous dire un mot de tout ce qui se passe. On doit être bien consterné à Paris ! J'en juge par la consternation qui a passé jusqu'à nous. Ah! Dieu! que je suis heureuse de ne voir que de loin d'aussi horribles objets ; tout n'est pas dit encore : vous en verrez bien d'autres : ne fût-ce qu'à cause de cela, il vaut bien mieux être ici, avec nous, au sein de la paix et de l'amitié.

Je vous envoie une lettre que j'ai reçue du baron de (ileichein1, qui m'a paru charmante. Chargez-vous de l'en remercier pour moi ; car, d'ici à longtemps, vous sentez bien que je ne veux ni ne dois plus écrire dans les pays étrangers.

L'archevêque de Toulouse2 m'a écrit qu'il allait avoir la bonté de. s' occuper de mon collège. Je vous prie de ;'en bien remercier de ma part.

La soie que je demande en Angleterre est une espèce de soie particulière pour faire ce qu'on appelle du filet. Cela est nécessaire à expliquer.

Voilà le grand-papa qui veut que je vous embrasse pour lui.

DE MADAME DU DEFFAND A L'ABBÉ H A R T if KL GJK Y

Ce mercredi 5 h.-vner 1771.

Je crois avoir trouvé ie fait de madame Ménage, et que M. et madame de Jonsac la prendront pour être concierge à

1. Envoyé extraordinaire de Danemark en France, et l'un des meilleurs amis de madame du Deffand. « Il me voit souvent; son esprit n'est pas à mon unisson ; mais il en a ; son cœur est bon ; il me marque du goût et de l'amitié. Kh bien , il est rappelé! J'en suis fïichée, je le trouverai à redire; je disputais avec lui ; il valait mieux pour moi qu'aucun des gens qui me restent... » (Lottro à Walpole, du 24 janvier 1770.)

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