‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 11 sur 128 · Le chevalier d'Aydie · texte numérisé non relu

Le chevalier d'Aydie

4. Supérieur des Théatins, fils de l'auteur connu d'Ésope à la cour.

xxii NOTICE

au caractère éminemment vrai de madame du Defland. Mais elle, et beaucoup d'autres femmes de son temps, tenaient encore, par les traditions de leur famille, par le souvenir d'une enfance et d'une première éducation chrétiennes, à la foi des générations précédentes. Le credo philosophique était encore repoussé par beaucoup d'esprits très- distingués, et Ton ne peut évidemment ajouter foi à l'anecdote rapportée par Champfort, qui prétend que madame du Deffand, « encore petite fille au couvent, prêchait l'irréligion à ses petites camarades... »

Malheureusement, il est certain aussi que ces étincelles dont parle mademoiselle Aïssé n'allumèrent pas un grand feu dans le cœur de la pénitente du père Boursault. Mlle indique elle-même jusqu'où , dans ses velléités de dévotion, elle a poussé les austérités : « ... Je me suis mise tout à fait dans la réforme, écrit-elle à Formont ; j'ai renoncé aux spectacles ; je vais h la grand'messe de ma paroisse. Quant au rouge et au président i9 je ne leur ferai pas l'honneur de les quitter!... » Mais c'était assez de ces faiblesses et de cette disposition passagère à entr'ouvrir son cœur aux instincts de la piété, pour s'attirer la malveillance haineuse

de la coterie philosophique, dont la destruction du christia-

nisme était la grande affaire, et qui ne pardonnait sur ce point ni hésitation ni tiédeur. Il fallait à ces messieurs des sujets bien décidés et bien nets contre « le grand préjugé, » surtout quand ces sujets tenaient un rang parmi les honnêtes gens 2... » Ils avaient cru pouvoir compter sur madame du Defland. Son refus de concours fit l'effet d'une trahison, et plusieurs fois elle fut dénoncée comme faux frère au patriarche de Ferney. A diverses reprises Voltaire

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