D(ï Mirepoix
Amboise; mais il a passé tout debout sans nous voir, et nous n'avons pas même voulu le recevoir au Chatellier, qui est une petite maison à une demi -lieue d'ici, dont nous avons donné la jouissance à mon neveu. Ce petit fait est bon à répandre.
J'ai reçu les éventails, qui, en effet, ne sont pas trop beaux: mais c'est ma faute de n'avoir pas voulu y mettre plus d'argent. Je charge Ribot de vous les aller payer, ainsi que la soie, si vous en savez le prix ; mais ne vous attendez pas à avoir une bourse de ma façon pour votre peine, je n'en sais pas faire; c'est pour mademoiselle de Caumont que j'ai fait venir cette soie; elle est très-belle. Remerciez bien, je vous en prie, M. Walpole de la bonté qu'il a eue de faire ma commission, et dites-lui que j'ai été contente de tout.
Je vous envoie la lettre du général t que je vous ai promise, j'y joins ma réponse, que je vous prie de remettre à milord Harcourt, en le priant de ne l'envoyer que par un de ses courriers. Je vous assure qu'il serait très-mal vu à la poste que j'écrivisse en pays étranger, et que cela ferait beaucoup de tort à M. de Choiseul. Il ne s'est pas permis de répondre à aucun étranger, et c'est ma raison pour n'avoir pas répondu au baron.
Le rhume du grand-papa est à sa fin , malgré ses imprudences. Il l'a mérité et n'a rien négligé pour l'entretenir. Malgré tous ses défauts, il faut bien l'aimer, ce grand-papa ; car il est plus aimable que jamais. Il a de plus, vis-à-vis de moi, le mérite de vous aimer à la folie. Pour moi , ma chère eriTant, je ne vous dirai plus rien de mes sentiments, ils sont presque aussi vieux que moi et doivent vous être bien connus.
Ce 4.
Le prince n'a point encore sa réponse. C'est affreux et trèseffrayant pour le refus. La nouvelle de la mort du roi de Suède m'oblige à écrire un compliment à M. de Creutz. Je vous prie de lui remettre ma lettre et de lui recommander de ne jamais
dire qu'il en ait reçu de moi. A propos, je n'ai point encore celle que vous avez mandé à l'abbé qu'il m'avait écrite. Informez-vous s'il me Ta en effet envoyée et si c'est par la poste. Ce petit fait est curieux h éclaircir.
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE C1IOISEUL
Ce mardi, 5 mars 1711.
Les porteurs de cette lettre, chère grand'maman, pourront lui nuire. La joie que vous aurez de les revoir refroidira bien la réception que vous lui feriez si elle vous était rendue par toute autre voie. Aussi l'abrégerai- je infiniment et ne vous dirai-je que le nécessaire. Ce qui m'aurait été fort nécessaire, c'aurait été de savoir des nouvelles du rhume du grand-papa. Vou3 uf assuriez le 28 que ce ne serait rien. J'aurais voulu que cela m'eût été confirmé.
M. et madame de Beauvau vous diront que ce n'a pas été sans peine qu'ils ont obtenu leur permission. Que de choses ils auront à vous dire, et quel plaisir vous aurez à entendre la princesse !... Voilà votre cour suffisamment garnie de pairs; le temps viendra que les sibylles vous arriveront. L'on m'a dit que madame de Château -Renaud ne partait qu'après Pâques. Je voudrais être aussi heureuse qu'elle, et avoir ma permission d'avance. Pour l'incomparable *, il n'éprouve que des refus; il s'en afflige paisiblement; son genre, comme vous savez, n'est pas l'emportement; mais tout paisiblement, tout tranquillement il se séparera de sa Dulcinée et ira vous trouver avec une satisfaction sincère, et qu'il n'exagérera point. 11 n'a plus les mêmes assiduités pour moi. Ce n'est plus une société journalière ; mais nous soupons souvent ensemble chez moi , chez