Le prince de Beauiïrcmont
sa dame \ chez les Caraman, et quelquefois chez madame d'Enville. Nous irons vendredi chez celle-ci. 11 y a longtemps que je ne l'ai vue. Je ne saurais me résoudre à faire aucune visite. Je ne me trouve bien que dans mon tonneau. Je voudrais que lui et moi fussions déjà transportés à Ghanteloup.
Voltaire voudrait donc y être aussi? Vraiment, je le crois bien! Sa lettre est jolie, et vous m'avez fait plaisir de me l'envoyer. Il n'y a pas longtemps que je lui ai écrit. J'attendrai sa réponse pour lui récrire.
J'envoie à l'abbé les Lettres sur les animaux. S'il y a longtemps que vous n'avez lu Gil Blas, au nom de Dieu, relisez-le; c'est ce que je fais actuellement. II est écrit à merveille; il me fait des plaisirs indicibles.
J'aurais bien une grâce à vous demander, mais je n'oserais; je crains qu'elle ne soit indiscrète. Adieu, il faut que je ferme mes paquets pour les envoyer chez les Beauvau, qui prétendent partir à dix heures. Je soupe ce soir chez la petite sainte; charmante occasion de parler de vous, dont je profiterai bien.
!)K MADAME DU DEFKAND A LA DUCHESSE DE CffOISEUL
Paris, ce 7 mars 1771.
M. Ribot est venu ce matin, chère grand'maman , il m'a remis votre lettre du 3 et du 4 (c'est d'assez vieille date), il a payé votre dette. C'est être bien exacte. Je ne comprends point comment vous n'avez pas reçu la lettre de Creutz; j'éclaircirai ce fait. Je ne doute pas qu'il n'en ait conservé la minute : si cela n'était pas, j'en ai une copie, ainsi vous n'y perdrez rien.
L'épître du général est parfaite; je ne hais pas le baragouin,