‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 119 sur 128 · Mesdames de Boufflers et de Cambise · texte numérisé non relu

Mesdames de Boufflers et de Cambise

DE L'ABBÉ BARTHÉLÉMY

La petite-fille ne savait pas que je venais de vous écrire quand elle m'a remis cette lettre. Elle m'a confié ce qu'elle croit si difficile à obtenir. Elle me l'a confié sous le secret, et c'est pour cela même que je vais vous le dire. Elle attend M. Walpole. Elle voudrait, pendant son séjour à Paris, lui faire lire les Mémoires de Saint-Simon , en donnant parole d'honneur qu'elle ne les fera pas copier et qu'elle ne les prêtera à personne. Elle les renverrait d'abord après que M. Walpole les aurait lus, et ne les demanderait qu'après son arrivée.

LETTRE CCXXX1V

DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DK GHOISEUL

Ce lundi, 15 avril 1771.

Voilà votre abbé, chère grand' maman. Rien ne peut mieux vous prouver l'excès de ma tendresse que l'impatience que j'avais qu'il fût auprès de vous. Je l'ai vu presque tous les jours. Savez-vous qu'après vous, il est ce que j'aime le mieux? Il vous dira mes projets, mes désirs; il est chargé de mes négociations.

Je suis enchantée, que vous vous accommodiez de ma bêtise, et puisque cette lettre dont j'étais honteuse ne vous a pas déplu, vous en aurez tant et plus de cette sorte. Rien n'est si doux que d'être à son aise. On aime aussi à y sentir les autres, et c'est pourquoi je préfère les plus grandes platitudes aux choses sublimes qui sont guindées.

Je distribuerai vos compliments. J'en ai déjà fait à votre petit dévot1, avec qui je soupai hier chez la maréchale de M...1. Il est devenu totalement muet.

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