Lettre du 18 juillet
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plus grands seigneurs, convertis en maisons de jeu. Entrait qui voulait i ! Madame du Deffand, comme tout le monde, subit l'influence de l'épidémie régnante, mais en guérit bientôt. « La vilaine passion que le jeu, écrit-elle un jour5 à M. Craufurt, qui resta joueur toute sa vie ; je l'ai eue pendant trois mois ; elle me détachait de tout ; je ne pensais à rien. C'était le biribi que j'aimais ; je me fis horreur, et je me guéris de ma folie ! »
Il est à croire qu'elle ne se singularisa pas davantage par une régularité de conduite et une fidélité conjugale, peu à la mode dans le monde où elle entrait ; elle était fort jolie : « Vous avez perdu deux yeux que j'ai vus bien beaux il y a trente ans, » lui disait encore Voltaire en 1770 s. Les premières amies avec lesquelles on la trouve en rapport sont mesdames de Parabèrc, de Prie, d'Averne. Son nom se trouve parmi ceux des principales jeunes femmes élégantes de la société, de ce qu'on appelle aujourd'hui les lionnes, à qui le régent donna à Saint-Gloud, dans une maison qui avait appartenu à l'électeur de Bavière, une fête magnifique, spécialement destinée à la maréchale d'Estrées, et que raconte en détail le journal de Mathieu Marais, à la date du 30 juillet 1721. « Madame d'Averne y était brillante, avec madame du Deffand et une autre dame. Plusieurs autres avaient refusé d'y paraître. La fête dura une partie de la nuit; les jardins de Sainl-Gloud étaient illuminés de plus de vingt mille bougies, qui faisaient avec les cascades et les jets d'eau un effet merveilleux. Tous les carrosses de Paris étaient dans le bois de Boulogne, à Passy, à Auteuil, et on voyait de toutes parts les délices de Ga-
1. Voir les Mémoires du marquis d'Argenson. 1 Lettre du 13 février 1767.