Mathieu Marais, année
SUR MADAME DU DEFFAND. xlhi
au Parlement, et ils ont tous deux bien de l'esprit; mais ils ne sont pas taillés en gens galants... »
Parmi les personnes auxquelles il rendait des soins, on citait entre autres madame de Civrac, fille du duc d'Aumont, dame d'honneur de Mesdames, et qui était de la société intime de la reine. On avait ordonné des eaux minérales à cette jeune femme déjà fort malade, et bientôt enlevée à l'affection de toute cette société. Le président Hénault, pour la distraire pendant son voyage, imagina une série de fêtes qui lui étaient données dans tous les lieux où elle se reposait. Ses amis partaient pour la devancer de quelques postes et préparer leurs déguisements. A Bernis, elle trouva un groupe de seigneurs costumés en anciens chevaliers français, accompagnés des meilleurs musiciens de la chapelle du roi, qui lui chantèrent des couplets composés par le président. A Nemours, les mêmes personnes en habits de villageois et de villageoises lui donnèrent une fête champêtre. Ailleurs, ils parurent en bourgeois et en bourgeoises, avec le bailli et le tabellion, o Ces travestissements, parés et animés par l'esprit aimable du président, suivirent madame de Civrac jusqu'aux eaux où elle se rendait... 4 »
On citait encore au nombre des bonnes fortunes du président : la maréchale d'Estrées et la princesse de Léon, fille aînée du duc de Roquelaure. Chez cette dernière, il avait rencontré, en 1716, la duchesse de Luynes, tante de madame du Deffand, et avec qui il n'avait pas tardé à se lier assez intimement. « Elle a, dit-il dans ses Mémoires, toutes les qualités et les vertus du plus honnête homme; noble, généreuse, fidèle, discrète, ennemie de toute ironie, proscrivant la médisance qui n'approche pas de sa maison, considérée de toute la famille royale, qu'elle