‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 23 sur 128 · Mémoires de Noailles, t VI · texte numérisé non relu

Mémoires de Noailles, t VI

xlvi NOTICE

sident Hénault ne passe pour avoir été bien susceptible. Walpole imprima plus tard, sans doute par égard pour madame du Deffand, une tragédie intitulée Cornélie, que le président avait composée, « fruit de sa première jeunesse et ouvrage de l'amour, » dit-il dans une épître dédicatoire. « Il est à craindre, ajoute-t-il, qu'elle ne se ressente de l'emportement d'une première passion... » — « Pauvre président, observe Grimm *, il a pu être amant aimable, mais amant passionné... on ne saurait lui faire cette injustice!... » Voltaire le jugeait moins défavorablement :

Hénault, l'un des meilleurs suppôts Du Dieu que les buveurs adorent, Que Pamour doit compter encore Au rang de ses zélés dévots.

Quoi qu'il en soit, à l'époque de sa liaison avec madame du Deffand, ni l'un ni l'autre n'étaient plus de la première jeunesse. Elle avait environ trente-trois ans, lui quarantecinq, et il avoue lui-même o qu'il commençait à être bien aise, quand, par hasard, il se trompait d'heure et arrivait trop tard à un rendez- vous... »

Les lettres échangées entre eux pendant un voyage qu'elle fit aux eaux de Forges, en 1742, donnent une idée de cette liaison quasi conjugale. Les détails de santé les plus intimes y tiennent une grande place. C'était du reste fort l'usage dans les correspondances du xvme siècle, et sur ce sujet, comme sur tant d'autres, il semble que Voltaire donnât la mode. On sait combien il se montre préoccupé et parle longuement de la sienne à tous ses amis. Plus tard, dans ses lettres à la duchesse de Choiseul, madame du Deffand donne et exige, sur ce sujet, des détails minutieux,

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