Lettres d'Horace Walpole
luxtui NOTICE
France ont l'air de penser qu'ils peuvent remanier le monde sur un nouveau plan, avec des compas métaphysiques; ils tiennent que ni cruautés, ni injustices ne sauraient être comptées pour rien dans une pareille expérience. De tels législateurs sont de sublimes empiriques, qui dans leur bienveillance universelle ont bien peu de sensibilité individuelle ! Le résumé de mes observations sur ce qui s'est passé en Europe depuis plusieurs siècles, c'est que les tyrans n'ont pas de conscience et que les réformés n'ont pas de cœur. Le monde est-il donc destiné à souffrir toujours également du mal et du remède?... »
Décidé à quitter les affaires dès qu'il croirait le pouvoir honorablement, Walpole ne songea plus qu'à embellir son habitation, à y rassembler des collections et des curiosités* de toute sorte, dont il faisait les honneurs aux amis qui le venaient visiter; à y vivre à sa guise, en égoïste qu'il était avant tout, surveillant l'impression de ses propres ouvrages et de ceux de quelques auteurs favoris, par une presse qu'il avait établie chez lui. Quelques romans, la Mère mystérieuse, le Château d'Otrante, qu'on ne lit plus guère, mais dans lesquels Walter Scott, qui s'y connaissait, signale beaucoup d'originalité et de talent; une description des objets d'art réunis à Houghton par son père, et vendus plus tard à l'impératrice de Russie, JEàes Walpolianœ ; un essai de réhabilitation de Richard III; sans compter des Mémoires publiés après sa mort, sur les dernières années de Georges III, lui donnaient droit à une place honorable comme littérateur parmi ses contemporains. Mais son meilleur titre aux yeux de la postérité sont « ses incomparables lettres*, » qui passent en Angleterre pour des modèles de grâce et de facilité, et le classent, au jugement de Walter