Le 12 novembre
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une grande constance, estime et attachement... » Walpole la grondait bien fort quand elle se laissait aller à ces mouvements de tendresse mal contenue. Il comparait ironiquement ses lettres aux élégies de madame de la Suze ou aux « lettres d'une religieuse portugaise, » ce qui la mettait au désespoir ! «... Je n'ose plus me permettre de vous parler de moi, lui dit-elle, et c'est pourtant, je l'avoue , ce que je sais le mieux. J'aimerais à vous dire... mes grands chagrins, mes petits contentements, enfin pouvoir causer avec vous comme je faisais avec mon pauvre ami Pont de Veyle. Mais vous êtes épineux, difficile, et, qui pis est, vous vous ennuyez de tout !... » Quand il est malade, elle le supplie d'ordonner qu'un simple bulletin soit adressé à Wiart , à qui elle fait apprendre l'anglais, pour éviter à Walpole la peine d'écrire en français ; ou bien elle confie ses inquiétudes eu M. Craufurt, qu'elle supplie de lui donner des nouvelles.
Ce dernier tenait aussi, on le voit par les lettres que nous publions pour la première fois, une assez grande place dans son affection ; elle le connaissait même de plus ancienne date, et c'est lui qui « l'avait induite à aimer Walpole. » Il est question de lui pour la première fois dans une lettre de Voltaire à madame du Deffand, de mars 1765 *, et le 13 février suivant, celle-ci parle de son amitié pour M. Craufurt, dont le nom revient, à partir de ce moment, très-souvent dans ses lettres comme celui d'un de ses meilleurs amis, qu'une assez grande conformité de caractère lui rendait, peut-être à son insu, plus intéressant et plus cher encore qu'elle ne le sentait elle-même. « Le petit Craufurt est un être bien malheureux, écrit- elle à
1 . Walpole n'était pas encore à Paris , où il n'arriva qu'au mois de septembre suivant.
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Walpole. Il a une mauvaise santé ; mais sa tête est bien plus mauvaise encore. Je ne sais pas ce qu'il fera ; rien ne ressemble à son incertitude ; l'ennui le ronge. Je le plains. Oh ! sa société ne vous convient nullement. Il perdit hier au vingt-et-un une centaine de louis... Il a plus d* esprit que de jugement, et je ne sens pas que ce soit à la jeunesse qu'il faut l'attribuer*. • un fonds de mélancolie, qui me donne avec lui de grands rapports... Quelquefois, de petites velléités de sortir de la vie quand il ne s'y trouve pas bien ; il a grand tort ; ce n'est pas aux gens aimables de se tuer... Il me confirme bien dans ce que je pense sur les Anglais ; je crois qu'il n'y a chez eux que les imbéciles qui ne soient pas extrêmes. Ceux qui ont de l'esprit sont ou excellents, ou détestables, ou insensés... Je l'aime, et, quoiqu'il m'impatiente et que sa déraison me fatigue, je suis bien aise quand je suis avec lui... Sa femme est simple et bonne1... » Il fut membre du Parlement ; lié d'amitié avec M. Fox, grand joueur comme lui et son compagnon de voyage en 1769 ; à Ferney, l'année suivante. Il revenait plus souvent que Walpole à Paris, où il passait même la plus grande partie de sa vie, fort apprécié dans le monde. On trouve quelques détails sur sa personne, et son portrait sous le nom « d'Astaque, » dans les Mémoires de Dutens. Il revit à Londres, pendant l'émigration, quelques débris de cette société qu'il avait connue si brillante, et resta en correspondance avec les amis qui n'avaient pas quitté la France. Nous avons sous les yeux une lettre que lui adressait , le 2 janvier 1793, cette charmante duchesse de Biron, Amélie de Boufilers, élevée,
1. Lettres à Walpole, 28 septembre 1765; 9 octobre 1767 ; 10 et 26 décembre 1760; 21 octobre 1770; 26 octobre 1777, etc.
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par sa grand'mère, la maréchale de Luxembourg, et Tune des plus aimables personnes de son temps, dont la duchesse de Choiseul parle souvent avec admiration. M. Craufurt mourut à Londres en 1814. Madame du Deffand avait servi de lien entre Walpole et lui. La lettre inédite suivante de Walpole à Craufurt donne d'intéressants détails sur cette amie commune , en même temps qu'elle fait connaître le caractère et la nature d'esprit de celui qui allait bientôt occuper une si grande place dans son cœur.
Paris, 6 mars 1766.
« Vous ne sauriez croire, mon cher monsieur, combien j'ai été heureux de recevoir votre lettre, non pas tant encore pour mon propre compte que pour madame du Deffand. Je ne parle pas seulement du plaisir que votre lettre lui a causé par elle-même. Mais elle a fait cesser les reproches que madame du Deffand avait à souffrir à votre sujet. On la tourmentait à la fois à cause de sa bienveillance pour vous, et à cause de votre indifférence pour elle. Même cette niaise madame de La Vallière a été tout h fait impertinente pour elle à votre occasion. Vous n'en serez pas surpris ; vous en avez assez vu de l'humeur envieuse et méchante de toutes ces dames, et j'en ai vu beaucoup plus encore. Elles ont non-seulement les défauts ordinaires au cœur humain, mais encore cette bassesse et cette malice, effet naturel du gouvernement arbitraire sous lequel les sujets n'osent pas élever leurs regards jusqu'à quelque chose de grand. Le roi vient précisément de casser le Parlement, et ils sont tous ici charmés à la pensée qu'ils vont continuer à ramper au pied du trône. Parlons de choses moins méprisables. Votre bonne vieille femme a pleuré comme un enfant avec feu ses pau-
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vres yeux, & la lecture que je lui ai faite de votre lettre. Je ne m'en étonne pas. Elle est bonne, affectueuse, délicate et juste, si juste, que c'est pour moi un ennui de me voir forcé à combattre continuellement la bonté de son cœur et à détruire de vaines illusions qu'elle se fait sur l'amitié. « Ah « mais, dit-elle enfin, il ne parle pas de revenir !... » Je lui ai dit que si quelque chose pouvait vous ramener ici, vous ou moi, ce serait le désir de la voir. C'est ce que je pense à votre égard; j'en suis bien sûr pour mon compte. Si j'avais prolongé mon séjour à Paris, je n'aurais appris qu'à les connaître plus à fond. La barbarie, l'injustice avec laquelle on traite cette bonne vieille amie est vraiment inimaginable. La plus méchante de ces pestes vient de mourir, madame de Lambert. Vous ne la regretterez pas. Madame de Forcalquier, j'en conviens avec vous, est de toutes ses relations la plus sincère, incapable de faire comme les autres, manger ses soupers quand elles ne peuvent se réunir dans une maison plus élégante, pour ensuite se moquer d'elle, la tromper et essayer de lui faire des ennemis de ceux qui se disent ses amis. Elles ont été jusqu'à faire que ce vieux radoteur de président la traite aujourd'hui comme un chien. Son neveu l'archevêque de Toulouse, je le vois bien, n'est pas plus attaché à elle que les autres ; mais j'espère qu'elle se fait à cet égard plus d'illusions que je ne m'en fais. Quant à madame de Choiseul, elle lui veut réellement du bien, je le crois. Cependant, peut-être est-ce encore une illusion. La princesse de Beauvau paraît sincère aussi ; mais je me défie un peu du prince. Vous pardonnerez ces détails sur une personne que vous aimez, et que vous avez tant de raison d'aimer. Je ne crains pas d'avouer que je m'intéresse moi-même extrêmement à elle. Pour ne rien dire de ses très-remarquables facultés, elle est assurément l'être le plus
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libéralement affectueux qui soit sur la terre. Mais ni ses facultés, ni sa malheureuse situation ne touchent les indignes habituées de son salon. Figurez-vous qu'elle était tout à fait fâchée de l'argent que vous avez laissé pour ses domestiques. Wiart n'a pas voulu entendre à le recevoir, et quand j'ai fait tout ce que j'ai pu pour obtenir d'elle qu'elle leur donnât la permission de le prendre, j'ai si mal réussi, qu'elle a donné elle-même cinq louis à Wiart pour l'engager à persister dans son refus. Ainsi donc, je vous rapporterai votre mandat, et vous ne me devrez que cinq louis que j'ai ajoutés à ce que vous m'avez donné pour payer à Dulac les deux porcelaines de Chine qui partiront pour l'Angleterre avec les miennes.
« Mais je vous en ai trop dit sur madame du Deffand, et j'ai trop tardé à vous remercier de la lettre à moi adressée. Je vous en remercie donc, et bien cordialement, bien sincèrement. Je sens tout ce que vous valez, et toute la reconnaissance que je vous dois ; mais il faut que je vous prêche comme je prêche votre amie. Songez combien il y a peu de temps que vous me connaissez, et combien vous avez eu peu d'occasions de connaître mes défauts. Pour moi, je les connais bien. Pour contenir vos sentiments dans de justes bornes , faites attention que mon cœur n'est pas comme le vôtre, jeune, bon, chaud, sincère, ardent à se donner. Non! il est usé par la bassesse, les trahisons, les cupidités dont j'ai eu si longtemps le spectacle sous les yeux. Il est soupçonneux, méfiant, glacé !... Je ne considère toute chose autour de moi que comme objet d'amusement ; car si je regardais sérieusement, je prendrais tout en haine. Je ris pour ne pas pleurer... Je joue avec singes, chiens et chats, pour n'être pas mangé par la Béte du Gévaudan. Je cause avec mesdames de Mirepoix, de Boufflers, de Luxembourg,
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de peur de trop aimer madame du Deffand ; et, après tout, elles me la font aimer encore davantage ! ne m'aimez donc pas, je vous en prie, ne m'aimez pas !... Les vieilles femmes ne sont que de vieilles folles, qui se passionnent pour leur dernier amant comme elles se sont passionnées pour le premier. Je me sens pourtant exposé à vous croire, et je ne partage pas l'avis de madame du DefTand, qu'autant vaut être mort que de n'aimer personne. Je pense au contraire que mieux vaut être mort que d'aimer quelqu'un. Transigeons donc à ce sujet; aimez-la, puisqu'elle veut être aimée, et je serai le confident. Nous ferons ainsi tout ce que nous pourrons chacun de notre côté pour lui plaire. Ce rôle de confident est le seul que je puisse accepter. J'ai pris le voile, et je ne romprais pas mes vœux pour un empire. Si vous voulez venir causer avec moi à travers la grille à Strawberry-Hill , je ne demande pas mieux ; mais pas un mot d'amitié !... Je ne la sens pas plus que si je faisais état de la sentir !... C'est un papier de crédit, et, comme tout autre billet de banque, destiné à être un jour ou l'autre converti en argent. Je pense bien que vous ne voudrez jamais me réaliser. Mais comment pouvez -vous, comment puis- je savoir moi-même que j'aurai de mon côté la même délicatesse ?... Le temple de l'amitié, comme les ruines du Campo-Vaccino, en est réduit à une seule colonne, à Stowe1. Ces chers amis se sont pris en haine, et se haïront jusqu'à ce que quelques-uns d'entre eux se voient contraints à reprendre de l'amour. Et comme les crevasses sont réparées par la haine, il est possible que ce sentiment rende un peu de solidité à l'édifice. Vous voyez mon opinion sur l'amitié. Convenez, après cela, que ce
1. Maison de campagne du duc de Buckingham, où se voyaient des ruines factices.
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serait vous faire un joli présent que de vous offrir la mienne !...
« Vos ministres n'en savent peut-être rien ; mais la guerre a été sur le point d'éclater entre la France et l'Angleterre ; et cela pour une cause toute anglaise, une course de chevaux!... Lord Forbes et Lauraguais étaient les champions ; ils ont couru ; le second a perdu, son cheval s'étant trouvé malade. Il est mort en effet dans la nuit On l'a ouvert, et les hommes de l'art ont déclaré que la bête avait été empoisonnée. Les Anglais ont soupçonné qu'un groom, qui sans doute avait lu Tite- Live et Démosthènes, a donné le poison par patriotisme pour assurer la victoire à son pays. Les Français, au contraire, pensent que le poison est aussi commun que l'avoine ou les féveroles dans les écuries de Newmarket. En un mot, il n'y a pas d'impertinence qui n'ait eu cours à cette occasion ; et cela a été si loin, que le roi, disait-on l'autre soir, a défendu une autre course annoncée pour lundi entre le prince de Nassau et lord Forbes, afin d'éviter une explosion d'animosité nationale. Pour ma part, j'ai essayé de calmer ces ardeurs en les menaçant du retour de M. Pitt au ministère, et la menace n'est pas restée sans quelque effet. Cette observation a, du reste, confirmé ce que j'avais découvert dès mon arrivée ici, que c'en est fait de l'anglomanie. La mode, aujourd'hui, c'est l'anglophobie... Quoi qu'il en soit, ceci est pour vous seul, car j'ai su que quelques-unes de mes lettres adressées en Angleterre, et dans lesquelles je parlais un peu librement, ont couru de manière à me faire des tracasseries. Comme nous ne sommes pas amis, je peux compter sur votre discrétion, n'est-il pas vrai ? En général, je n'y compte pas beaucoup.
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a Peut-être est-il nécessaire de prendre encore plus de précautions en parlant de moi à lord Ossory. Faites-le aimablement. J'ai beaucoup de considération pour lui. Mais je ne veux pas l'ennuyer de moi. Vous ne me dites pas un mot de notre duchesse1, si supérieure à toutes les duchesses de la terre. Combien elle me paraîtra grandie après toutes ces petites tracasseries de Paris !... J'espère la voir bientôt... Je fais mes paquets; mais, bien que renonçant aux cancans de société, je n'ai nulle intention de me mettre à la tête de la populace dans l'un ou l'autre parti. Je hais la politique autant que l'amitié, et je me propose de causer dans mon pays comme j'ai fait dans celui-ci, avec des dévots, des philosophes, des Choiseul, des Maurepas... la cour et le temple.
« Quel volume je vous ai écrit là!... Mais ne soyez pas effrayé. Vous n'avez pas à me répondre , si vous n'en avez bien envie, car je serai en Angleterre au moment où votre réponse pourrait me parvenir ici. La Geoffriniska a reçu de magnifiques fourrures d'hermines, de martres, d'agneaux d'Astrakhan ; je suppose que la czarine a eu le plaisir d'écorcher vifs ces derniers de sa propre main. Oh! pour cela, oui! dirait le vieux Brantôme. Du reste, je ne pense pas qu'il y ait ici rien de nouveau. M. Jung fait des calembours, le docteur Gem n'en fait pas ; Lorenzi fait des bêtises plus qu'on n'en peut répéter; Voltaire plus de volumes qu'on n'en peut imprimer, et j'achète plus de chinoiseries que je n'en peux payer.
« Je suis bien aise d'apprendre que vous avez été deux ou trois fois chez lady Hervey. Par ce qu'elle dit de vous, vous devez être fort encouragé à lui faire la cour. Mais vous
1. Je suppose la duchesse de Devonshire, dont M. Craufurt était amoureux. ( Voir Dutens.)
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n'aurez pas l'approbation de madame de Valentinois. Sa pomme d'or, à la vérité déjà bien grignotée par tout Paris, est réservée pour lord Holderness.
« Tout à vous,
« Walpole. »
La sensibilité que madame du Deffand n'osait laisser voir à Walpole, elle l'épanchait dans ses lettres à la duchesse de Choiseul et à l'abbé Barthélémy. Leur sympathique et affectueuse indulgence lui offrait toutes les consolations que peut donner l'amitié la plus dévouée. Une seule fois l'abbé Barthélémy la reprend sans humeur, mais avec quelque sévérité, de ses exigences et de ses soupçons. Du reste, ils la soignaient comme un enfant malade, dont les plaintes injustes, les tristesses déraisonnables n'épuisent jamais ni la tendresse, ni la patience de ceux qui les chérissent. Eux aussi cependant, elle les tourmente par la susceptibilité, la méfiance continuelle qui rendait son commerce difficile. Jamais elle ne décourage leur affection qui la soutient dans ses défaillances et parvient quelquefois à lui rendre un peu de sérénité.
On a déjà vu sa parenté avec Etienne-François, duc de Choiseul, fils de Marie de Bouthillier de Chavigny, grand mère maternelle de madame du Deffand, et mariée en secondes noces à César-Auguste de Choiseul. Entré au service fort jeune sous le nom de comte de Stainville, Etienne- François, fils de César-Auguste, s'y distingua par une brillante valeur, et fut nommé officier général en 1759. Une grande naissance, beaucoup d'esprit et d'assurance compensaient en sa faveur les désavantages d'une taille remarquablement petite, plutôt désagréable. Duclos prétend qu'il
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choisit en entrant dans le monde le rôle d'homme à bonnes fortunes, « ce qui prouve bien, remarque-t-il , que tout le monde y peut prétendre... » Mais Duclos fut toujours pour le duc de Choiseul d'une malveillance qui doit rendre ses jugements suspects. En réalité, malgré une figure plutôt laide, une taille médiocre, des cheveux presque roux, son extérieur et ses manières ne manquaient ni d'agrément, ni surtout de distinction. Sa physionomie était vive, ouverte et bienveillante, sa gaieté naturelle si agréable si communicative, « qu'elle serait venue à bout de vaincre le flegme d'un Espagnol1. » Personne peut-être, tous les contemporains s'accordent sur ce point, n'a possédé autant que lui l'art de séduire; mais d'une légèreté, d'une mobilité d'impressions qui ne permettait pas de le tenir pour ami fidèle, s'il n'était pour personne, grâce à la bonté de son cœur, un ennemi dangereux!... « En vérité, s'il n'était le plus léger des hommes, il en serait le meilleur, » dit de lui madame du Deffand. Les sentiments de la haine et de la vengeance lui étaient si étrangers, que pendant dix ans de ministère et de toute-puissance, il ne fit jamais de mal à personne. On a prétendu pourtant, impossible de découvrir sur quels fondements, qu'il avait inspiré à Gresset le rôle du « méchant » dans la pièce de ce nom. Aucun trait de son caractère ne peut justifier cette supposition. Ce n'est pas qu'il ne s'emportât facilement, mais il revenait de même; et le désir de réparer un tort devenait souvent, dans ce cas, très-utile à ceux qu'il pouvait avoir blessés. On le soupçonna aussi d'être l'auteur de l'opéra la Reine de Golconde, dont il exigea la reprise et dont « les paroles sont assez mauvaises pour être de lui , » disent les Mémoires de Bachaumont, à la date du 27 février 1767. « Facilement