‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 41 sur 128 · Dutens · texte numérisé non relu

Dutens

cxn NOTICE

dominé par les femmes, généreux, prodigue, plus séduisant que fidèle ; réunissant une partie de ce qu'il faut pour leur plaire, il a cependant, dit M. de Besenval, presque toujours échoué près de celles qu'il a désirées... » On en citait pourtant qui ne passaient pas pour lui avoir été cruelles : « Le grand'papa, dit madame du Deffand1, a aujourd'hui une nouvelle amie... c'est madame de Brionne; mais je crois qu'elle lui coûte beaucoup d'argent... » Une amusante anecdote, rapportée dans les Mémoires de Dutens, peint bien son caractère. Lorsqu'il recherchait madame de Choiseul en mariage, elle n'avait presque que des espérances de fortune. Son bien, qui devait être fort considérable, lui était disputé par des parents. M. de Choiseul ne voulut pas attendre la décision du procès pour l'épouser, et le lendemain du mariage, le procès fut perdu. Il n'en parut pas plus triste, consola sa belle-mère qui prenait la chose avec moins de philosophie et s'alarmait sur son avenir, en lui disant de ne pas perdre courage, qu'il ne quitterait pas la partie avant d'avoir obtenu une grande ambassade et acheté une terre de 200,000 livres de rente. Lui et le duc de Gontaut, son beau-frère, appelèrent de la sentence rendue contre eux, et obtinrent une révision du procès. Le duc de Gontaut était alors fort amoureux d'une madame Rossignol, femme de l'intendant de Lyon; il en parlait sans cesse à M. de Choiseul qu'il avait mis dans sa confidence, et son refrain était : « Mon frère! croyez-vous que madame Rossignol m'aime!... » Le jour où l'on jugea leur procès, ils étaient ensemble, et entendirent prononcer la sentence qui donnait gain de cause à leur partie adverse, et les ruinait. Pendant qu'on lisait cette sentence, M. de Choiseul dit tout bas à M. de Gontaut : « Mon

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