‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 77 sur 128 · Lady Pembrock · texte numérisé non relu

Lady Pembrock

Il y a mille choses dont je vous parlerais, que je ne peux pas écrire. Venez! venez! mon petit Crawford. N'est-ce pas un plaisir d'avoir quelqu'un qui nous aime? Cela se rencontre-t-il si souvent? Mais vous ne viendrez point : l'argent que vous dites que vous me renverrez est une manière de m'annoncer que vous ne comptez pas me revoir: j'en suis affligée, mais je vous répète que je ne suis pas assez injuste pour être fâchée, c'est-à-dire en colère, je n'ai nul droit de rien exiger de vous.

A Chante loup, ce 13 juin 1768.

M. de Ghoiseul était encore ici, ma chère petite-fille, quand j'ai reçu votre lettre. Mais, hélas! ce n'était pas pour mon bonheur. Jamais votre pauvre grand' maman n'a été si tourmentée, M. de Choiseul a été attaqué, en arrivant, d'un de ses accès de néphrétique, le plus violent qu'il ait encore éprouvé, et qui n'a cessé qu'hier matin, un peu avant son départ. Il a rendu le plus énorme et le plus raboteux gravier, et a retrouvé en un moment la santé, comme s'il n'avait jamais été malade, à la faiblesse près que lui avaient laissée la douleur passée et la diète précédente, de sorte que le jour de son départ a été le plus beau de ceux que j'ai passés avec lui, ce qui ne deva assurément pas être. Il ne s'en est fallu de rien que vous me vissiez arriver avec lui. Le samedi au soir j'avais envoyé un courrier jusqu'à Paris me commander des chevaux sur toute la route; et si M. de Choiseul avait encore souffert, je l'aurais suivi à son insu, car il ne voulait pas que je l'accompagnasse ; mais la certitude que j'ai eue qu'il ne souffrait plus m'a retenue ici, où je resterai tant qu'il plaira à Dieu et à mon seigneur et maître. J'ai eu cette nuit un de ses courriers d'Orléans qui m'a

donné de très-bonnes nouvelles de sa route, et, ce matin, un autre que j'avais envoyé pour m'en rapporter de sa nuit. J'en attends un troisième demain, qui me rendra compte de l'arrivée. Ah ! ma chère petite-fille, votre grand'maman a été bien malheureuse pendant ces quatre jours ! Cependant il est impossible de souffrir avec autant de douceur et de patience que mon malade ; mais il n'en a été que plus attendrissant. A présent que son accident est passé et que je suis hors de toute inquiétude, il ne me reste que le regret de ce qu'il a perdu l'objet et le fruit de son voyage ; mais j'aime mille fois mieux avoir été témoin de ses souffrances que de l'avoir su souffrant à soixante lieues de moi; car, quelque diligence que j'eusse faite pour le rejoindre, je serais morte d'inquiétude avant d'arriver.

Il faut que je vous raconte (mais pour vous seule) ce qui s'est passé à cette occasion. Quand j'ai vu M. de Choiseul si malade, je me suis dit : Si j'étais à soixante lieues de lui, et que j'apprisse qu'il est malade, je serais au désespoir de n'avoir pas de détails sur son état, et quoique je haïsse x madame de Grammont, cela ne doit pas m'empêcher de faire pour elle ce que je voudrais qu'on fît pour moi ; et sur cela, je lui ai écrit un billet en ces termes :

a Si j'étais à soixante lieues de M. de Choiseul, et que j'apprisse qu'il a une de ses attaques de colique, je serais inquiète et malheureuse : ainsi, je crois vous devoir, dans cette occasion, l'attention dont je vous aurais de la reconnaissance si vous daigniez l'avoir pour moi. » Puis j'entre dans le détail de son état, et je finis par lui dire qu'elle ne doit point être inquiète, puisque je ne le suis pas. En effet, il n'y avait pas sujet de l'être. Ce n'était qu'un sujet de peine et de compassion, et d'attendrissement, dont on connaissait la fin nécessaire et point dangereuse. J'ai continué depuis à lui envoyer des bulletins

1. On doit faire observer que cette expression n'avait pas dans le langage habituel du temps tout à fait le même degré d'énergie qu'aujourd'hui.

tous les jours. Mais que croyez-vous qu'elle ait fait ?... Elle a envoyé le médecin, ce qui est assez simple ; mais au lieu de me répondre ou de me faire dire un mot de remercîment, elle écrit à M. de Ghoiseul pour lui reprocher de ce qu'il ne lui a pas écrit par le même courrier que moi; de sorte que M. de Choiseul m'a grondée. Je me suis contentée de lui répondre devant tout le monde, que je n'avais pas cru que l'inimitié qui était entre madame de Grammont et moi dût m'empêcher de faire pour elle ce que j'aurais voulu qu'elle fît pour moi ; et hier en descendant à Orléans, M. de Choiseul Ta trouvée qui était venue l'y attendre plutôt que d'arriver de suite à Chanteloup. Comment trouvez-vous tout cela? Si vous en entendez parler, je vous prie de me mander ce qu'on vous en dira. Mon mauvais succès ne m'empêchera cependant pas de faire toujours ce que je croirai bien ; et si jamais j'ai ce malheur de voir M. de Choiseul aussi souffrant, je me conduirai de même et changerai seulement cette phrase à mon préambule : « Comme j'ignore si vous avez été contente ou mécontente des nouvelles que je me suis crue obligée de vous donner de M. de Choiseul, la dernière fois que j'ai eu le malheur de le voir malade, je continuerai à faire pour vous ce que je voudrais que l'on fît pour moi en pareille occasion. »

En voilà bien long sur cet article, ma chère enfant; mais je ne vous en fais pas d'excuse, parce que je suis persuadée que cela vous intéresse, à cause de M. de Choiseul que vous aimez, et parce que cela m'occupe grandement. Je doute qu'après tous ces détails il en reste encore quelques-uns à l'abbé à vous donner sur ce triste voyage. Il ne vous enverra ceriainement pas sa mauvaise plaisanterie ; mais il vous la rapportera sûrement...

DE L'ABBÉ BARTHELEMY A MADAME DU DEFFAND

Chanteloup , ce 15 juin 1788.

Vous êtes irritée contre moi, madame, car vous m'appelez tnons eur l'abbé ! Daignez m'entendre et vous verrez que votre colère a tort. Je comptais vous écrire tous les jours pendant que M. le duc de Choiseul serait ici. Il arriva le mercredi. Le soir même il eut un de ses accès de colique, et le lendemain matin, il nous fit promettre à tous de ne pas en écrire à Paris. La grand' maman nous le répéta plus d'une fois. Le lendemain de son départ,' elle me dit qu'elle vous écrivait ; voilà l'unique cause de mon silence. J'en ai eu du regret ; mais pouvais-je faire autrement, et méritais-je d'être traité de monsieur l'abbé? Je n'ai pas pu lire à M. le chevalier de Listenay l'article de votre lettre qui le concerne. Il partit hier matin pour les Ormes, et n'en reviendra que vendredi ou samedi. Je lui montrerai votre injustice à son retour. J'ai distribué au petit oncle la petite part que vous lui donnez dans vos reproches. Il m'a dit qu'il était interdit de ses fonctions tout comme moi. Vous devez être contente de ma justification. Si vous ne Tétiez pas, j'en viendrais peut-être aux injures, et, malgré mon respect pour vous, je vous appellerais monsieur l'abbé I

Ce voyage que nous attendions avec tant d'impatience, dont nous nous promettions tant de plaisir, nous a causé bien des chagrins. Votre grand-papa n'est sorti, pendant les quatre jours qu'il a passés ici, qu'une petite fois en carrosse. Il a souffert jour et nuit des douleurs très-vives, sans qu'on s'en aperçût qu'à la sueur de son front, d'une patience et d'une douceur sans exemple dans les souffrances, d'une gaieté charmante au moindre intervalle de repos. Votre grand'maman a souffert autant que lui ; elle l'aurait accompagné dans son

voyage si, quatre heures avant son départ, il n'avait pas rendu ce gravier qui nous a tant alarmés. Enfin l'orage a cessé, et nous voilà tranquilles ; mais nous avons depuis quinze jours le plus vilain temps du monde. Nous ne pouvons nous promener ni à pied, ni à cheval. J'en suis désolé pour la grand'maman, à qui l'exercice est absolument nécessaire, et qui n'a point encore retiré de son voyage le fruit qu'elle en avait obtenu les autres années. Elle est très-faible et très-maigre, et, si elle ne se refait pas pendant le séjour qu'elle fera encore à Ghanteloup, je redouterai Compiègne, Fontainebleau, Paris et Versailles. C'est un grand malheur qu'elle s'intéresse si fort à la santé de ses amis et si peu à la sienne ; mais ne lui en parlez pas, je vous en conjure, parce que nos sermons ne servent qu'à l'importuner, et qu'elle paraît à présent vouloir mettre le temps à profit. Ne vous alarmez pas non plus sur ce que j'ai l'honneur de vous mander; car, au fond, elle n'a aucune indisposition, elle ne tousse point, elle dort et mange passablement bien; il ne lui faudrait que plus de forces pour n'être pas si susceptible de rhumes ou d'autres incommodités. Elle me charge de vous dire: quoi? Que M. le chevalier de Listenay n'a pas mangé le pot de confitures en chemin. Il craignait d'en être soupçonné, parce qu'elle a toujours oublié de vous en remercier, et moi de vous en parler. Nous les avons mangées à votre santé, ce qui a ajouté un prix à leur bonté naturelle. Le précis historique que j'avais fait des petits pois est si ennuyeux que je bâille en me le rappelant. Je ne sais ce que j'en ai fait, et je n'en regrette point la perte. Mais j'ai les pièces justificatives que j'aurai l'honneur de vous envoyer ou de vous porter.

Recevez, madame, les nouvelles assurances de mon respect et de mon attachement. Ayez la bonté de me marquer au plus tôt vos sentiments à mon égard. Si vous n'êtes plus en colère, je vous aimerai à la folie; si vous y êtes encore, je... je vous aimerai de même, mais en vrai quiétiste, et sans espoir de retour.

A Chanteloup, ce 11 juin 1768.

Je ne comprends pas, en effet, ma chère petite-fille, quels peuvent avoir été les motifs de prudence de madame de R... qui l'ont déterminée à vous cacher que mon bulletin (ce n'était point une lettre) était adressé à madame de Grammônt ; car il me semble que cette attention n'était injurieuse ni pour Tune, ni pour l'autre, et il paraît que madame de Grammônt ne l'a pas trouvé elle-même, puisqu'elle Ta montré à tout le monde. Mais, dites-moi, n'est-il pas étrange qu'elle l'ait en effet montré à tout le monde et qu'elle ne m'ait seulement pas fait dire : « Je vous remercie. » Je lui dois cependant réparation sur le voyage d'Orléans. J'avais écrit qu'elle était venue y attendre son frère plutôt que de pousser jusqu'à Chanteloup; mais j'ai appris, au contraire, qu'elle n'y était arrivée qu'après lui, et alors cela devient tout simple.

Vous avez beau dire : c'est moins dans cette occasion que dans toute autre que je donnerai à votre dame prudente, le nom de farine; car loin d'être insipide, elle vous picotait extrêmement par cette réserve si mal placée, et celui d'aspic lui aurait alors bien mieux convenu, quoique assurément son dessein ne fût pas de vous faire de la peine ; car il faut convenir que c'est la meilleure femme du monde, et si elle est quelquefois un peu farine, comme vous l'appelez, tant mieux ! cela est nécessaire dans la société , et tout serait perdu s'il n'y en avait pas. Je n'aurais pas été si malheureuse si j'en avais trouvé un peu plus dans les premières sociétés où j'ai vécu. Mais au lieu de farine, je n'ai trouvé que du levain.

Je suis charmée que vous ayez approuvé ma conduite, cela me confirme dans l'opinion que j'avais qu'elle était bonne, en

effet. Mais, malgré cela, je serais bien étonnée si on ne cherchait pas à l'empoisonner, et je vous serai bien obligée de continuer à me dire ce que vous en apprendrez.

DE L'ABBÉ BARTHÉLÉMY A MADAME DU DEFFAND

.... Ce dimanche , 19 juin 1768.

Je devais vous écrire hier, madame, j'en étais convenu avec la grand'maman, qui me dit une heure après qu'elle vous avait écrit. J'ai cru que vous aimeriez mieux avoir deux jours de suite de ses nouvelles. Elle me charge de vous renvoyer le billet du grand-papa, et d'y joindre des vers que M. Dupuis lui a fait passer de la part de M. de Voltaire, et qui contiennent un trait contre M. de la Bletterie1. Elle vous prie de ne pas les communiquer, parce qu'elle ne veut pas chagriner l'abbé de la Bletterie, à qui vous savez qu'elle s'intéresse. Voilà, je crois, toutes mes commissions faites. Le mauvais temps continue, il pleut sans cesse, et nous ne pouvons sortir. Vous demanderez ce que nous faisons tout le jour. Croyez-vous qu'avec des caractères aussi bruyants que le petit oncle et M. le chevalier de Listenay, on puisse être embarrassé ? Nous jouons au trictrac et nous avons de la musique ; quelquefois nous lisons des pièces de théâtre. Nous avons plusieurs exemplaires de chaque pièce, et c'est un assez joli amusement ; mais nous n'avons pas beaucoup de spectateurs. Les troupes de province ne doivent pas

] . Apostat comme ton héros ,

Janséniste signant la balle , Tu tiens de fort mauvais propos Que de bon cœur je dissimule.

Je t'excuse et ne me plains pas ; Mais que t'a fait Tacite , hélas !

Pour lo tourner en ridicule?

La Bletterie était auteur d'une vie de Julien et d'une traduction de Tacite.

s'attendre à de grands profits; cependant la grand'maman et M. le chevalier de Listenay pourraient jouer sur tous les théâtres de Paris. Il est un auditeur que nous regrettons souvent et dont nous parlons sans cesse : pourriez-vous le deviner ?

Je rouvre ma lettre pour vous dire de la part de votre grand'maman qu'elle a reçu un billet très-poli de madame la duchesse de Grammont.

DE L'ABBÉ BARTHELEMY A MADAME DU DEFFAND

Chanteloup, 28 juin 1768.

Vous avez bien fait, Madame, de m' appeler mon cher abbé, je n'aurais jamais osé retourner à Paris, car il faut rester en province, quand on est dans la disgrâce. Nous voilà donc prêts à partir. Ce sera suivant les apparences dans les premiers jours de la semaine. La mort de la reine a dérangé nos projets ; votre grand'maman a rappelé au grand-papa les suites de cet événement pour vous ; elle lui a, de plus, envoyé la note concernant M. le vicomte de Yichy, et quoiqu'il n'ait pas besoin d'être sollicité dans tout ce qui vous concerne, elle s'est fait un plaisir de lui en parler.

Vous devez voir aujourd'hui M. le chevalier de Listenay, il vous dira le genre de vie que nous menions ici, et le nombre de fois qu'il a été question de vous, si cependant il a pu les compter, mais il ne vous dira pas combien nous avons été enchantés de l'avoir et affligés de le perdre. Votre grand'maman n'a plus auprès d'elle que le petit oncle, qui restera jusqu'à la fin du voyage. Savez-vous qu'elle a fini Pamila depuis trois jours? C'était une grande entreprise que quatre volumes in-12, et cependant il ne lui a fallu que deux mois pour la terminer.

Elle se porte assez bien, mais elle n'est point engraissée. Je suis bien aise qu'il n'y ait point de camp à Compagne, elle en sera moins fatiguée. Vous êtes ennuyée des nouvelles de Paris; ne le seriez -vous pas si je vous disais qu'on a pris l'autre jouiun gros loup au trébuchet, que le grand taureau est très-méchant et le petit très-drôle, qu'on a tondu les moutons, que leur laine est très-fine, que votre grand' maman a eu cette année des agneaux qui sont plus gros, plus alertes et presque aussi jolis qu'elle, que l'autre jour elle fit apporter une table de trictrac sur une pièce de gazon très-verte, qu'elle y fit venir ses cent trente moutons avec tous les petits enfants du château qui leur distribuaient du pain et du sel, qu'il faisait alors le plus joli temps du monde, qu'il fait aujourd'hui le plus vilain ; qu'elle fait travailler depuis trois ans à un boudoir, que pendant ce temps-là on a fait des colonnades , des cours, des écuries, de grands bassins, des cascades , mais que le boudoir n'est pas fini, qu'elle avait compté en jouir avant que de partir, mais que des glaces qu'on attendait de Paris et qui doivent être appliquées en dedans des fenêtres se trouvent trop grandes ou trop étroites et faites pour d'autres fenêtres, et que pour s'en servir il faudrait envoyer chercher ces autres fenêtres qui peutêtre sont en Franche -Comté ou en Languedoc; que le petit oncle lit toute la journée des romans qui l'amusent dans le moment et qu'il oublie, à ce qu'il dit, le moment d'après; que moi je les enregistre dans un catalogue de bibliothèque que j'ai commencé aussi depuis trois ans et qui n'est pas plus avancé que le boudoir; que nous lûmes hier au soir le discours de réception du grand Corneille à l'Académie française, qui nous divertit grandement; enfin qu'au milieu de tous ces détails, je trouve que le temps passe aussi vite à Chanteloup qu'auprès de vous. Votre grand'maman vous aime toujours bien tendrement et se fait un grand plaisir de vous voir; le petit oncle et moi de même. La grand'maman me charge d'ajouter qu'elle ne vous écrira peut-être plus avant son départ, parce

qu'elle a beaucoup d'affaires à traiter avec M. de Mondomaine, l'écuyer, M. de Perceval, le capitaine des chasses, M. Bibol, l'intendant, M. Teillier, le concierge, Chauvin, le fermier, Nicolas, le jardinier, Claude, le vacher, Robin, le berger, madame Grisemine, la gardeuse de dindons, etc., etc. Voilà bien des folies, madame, mais je vous dis tout ce que je sais. Recevez, je vous supplie, les nouvelles assurances de mon respect et de mon attachement sans bornes.

P. S. J'ai dit dans ma lettre que la grand' maman n'avait plus auprès d'elle que le petit oncle; j'ai oublié de vous dire que j'y suis aussi.

A Chanteloup , ce 6 juillet H 68.

C'est M. de Choiseul, ma chère enfant, qui a déterminé luimême le jour de mon départ; il me mande qu'il ne pourrait pas me voir, et que je ne pourrais faire ma cour au roi avant le lundi 18, et comme ce sont les motifs apparents qui me rappellent, ne serait-il pas inconséquent de revenir sans les remplir?... Voyez donc si je n'ai pas raison, et ne me soupçonnez pas sur toute chose de me plaire à éloigner le moment de vous revoir.

Vous me faites un grand présent en m'envoyant la tragédie du président, imprimée par M. Walpole *; nous nous préparons, l'abbé, le petit oncle et moi, à la lire ce soir. Je trouve la franchise de M. Walpole envers Voltaire extrêmement noble, et j'aime beaucoup mieux ces manières-là ; mais pourquoi me dites -vous : « Ne vous détachez pas de notre ami? » Vous

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