‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 8 sur 128 · Lettre à Walpolc du il décembre · texte numérisé non relu

Lettre à Walpolc du il décembre

xviii NOTICE

de ses maux présents, que le repentir alors ne manque jamais d'adoucir. Elle avait d'autant moins le droit de « maudire. » comme elle le fait souvent, son éducation, que rien au contraire ne paraît avoir été négligé. Tout prouve que cette éducation fut sage et chrétienne ; que ses maîtresses mirent tous leurs soins à combattre de bonne heure cette vague curiosité d'esprit, cette indépendance de caractère qui finirent par lui jouer de si mauvais tours et par lui faire perdre la foi. On fit de son mieux pour remettre dans la bonne voie une pauvre âme qui s'égarait, une intelligence dont les belles facultés appelaient l'intérêt des gardiens de son innocence et des protecteurs de son avenir; elle fut bien disputée à elle-même. « Ses parents, raconte M. Walpole, alarmés sur ses sentiments religieux, lui envoyèrent un jour Massillon pour s'entretenir avec elle et la catéchiser. .. » Elle-môme confirme cette circonstance dans une lettre à Voltaire i : « Je me souviens, dit-elle, que dans ma jeunesse, étant au couvent, madame de Luvnes m'envova le père Massillon. Mon génie trembla devant le sien ; ce ne fut pas à la force de ses raisons que je me soumis, mais à l'importance du raisonneur... » Walpole assure que la jeune pensionnaire ne fut pas plus intimidée par le caractère, que persuadée par les raisonnements de Massillon; qu'elle soutint la discussion avec beaucoup de bon sens, et que le prélat futur la quitta plus frappé de son esprit et de sa beauté que scandalisé de ses hérésies. L'abbesse lui ayant demandé, au moment où il se retirait, quel livre il fallait faire lire h cette enfant, il réfléchit une minute et répondit : « Un catéchisme de cinq sous!... » on ne put en tirer autre chose 2. Excellent conseil! mais qui malheureusement rappelle un

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