‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 4)Chapitre 97 sur 128 · Le comte de Thicrs · texte numérisé non relu

Le comte de Thicrs

5. Le chevalier de Listcnay, depuis la mort de son frère aîné , s'appelait le prince de BeaufTrcmont.

ne souperez-vous pas chez vous ; madame de Guémené, madame de Durfort, pourraient vous avoir engagée chez elles; il a joint à ces raisons celle de mon rhume qui pourrait en augmenter, mais la première a suffi. Ainsi, grand'maman, je vous attendrai en paix, si cela m'est possible; l'impatience est l'antipode de la tranquillité. Le chevalier vous dira tout ce qu'il saura de moi, et je le questionnerai bien à son retour pour apprendre tout ce qu'il saura de vous.

J'aurai ce soir à souper le chevalier de La Tremblay. Le prince vous racontera ses faits et gestes. Je tremble que le chevalier de Boufllers ne fasse quelque folie qui l'irrite contre moi; il est l'ami des Maulevrier, que j'ai des raisons de ménager.

Avouez, grand'maman, que voilà un rabâchage où vous ne comprenez rien. Rien ne serait plus ennuyeux que de vouloir vous l'expliquer, mais quand on est une petite-fille, il faut bien avoir des enfantillages.

Adieu, je n'ai pas le sens commun.

DE L'ABBÉ BARTHÉLÉMY A MADAME DU DEFFAND

Versailles, 4 mars 1770.

Je fus avant-hier à Saint-Joseph, vous étiez à la comédie de Tartuffe. Mon désespoir m'inspira l'idée de quitter Paris et de venir voir votre grand'maman pour me plaindre de votre conduite; elle m'a répondu qu'elle avait votre ordonnance des six derniers mois de l'année, que celle des six premiers mois était entre les mains de M. Leclerc; qu'elle verrait demain M. le contrôleur-général à son retour de Paris pour lui demander le payement de l'une et de l'autre ; que le grand-papa venait de lui dire qu'il lui en parlerait très-fortement et que cela serait fait; qu'il n'avait pas pu terminer l'autre affaire que vous lui avez recom-

mandée parce que M. de La Borde avait été à la Ferté, et que d'ailleurs l'affaire de la caisse d'escompte1; que le grand-papa le reverrait à son retour de La Ferté, et que son premier soin, celui qui intéressait le plus son sentiment, serait l'arrangement projeté par la petite-fille. Voilà, je crois, tout ce que j'avais à vous mander. Non, j'oublie le plus essentiel, la grand' maman se porte bien, elle ira à Paris mardi, elle donnera à souper à sa petite-fille. Quant à moi, je prendrai mon parti; puisque je ne vous trouve point chez vous, je me ferai Tartuffe, et vous viendrez me voir.

Pour supplément. La grand'maman vous écrira quand elle aura vu M. le contrôleur général.

Autre supplément, ou plutôt errata : après ces mots, et que d'ailleurs T affaire de la caisse d'escompte^ ajoutez : a beaucoup occupé M. de la Borde.

Chinteloup, co 13 mai 1770.

Je vous envoie, ma chère petite-fille, une requête que Voltaire m'a envoyée. Vous verrez qu'elle est adressée au roi, et ^ qu'il dit en note que l'instance est au conseil. Cet écrit, comme vous pensez bien, n'est pas fait pour être amusant, mais le sujet en est très-intéressant. La cause qu'il défend est certainement bonne en soi ; mais je crains bien que la manière un peu trop philosophique dont elle est traitée et le nom de Voltaire y nuisent beaucoup. Comme il ne m'a point écrit en me l'envoyant, je suis ravie de n'avoir point à lui répondre à ce sujet; mais comme le commerce de lettres que vous avez avec Voltaire est plus régulier que le mien, je vous prie, la première

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