OBS'ERVATIONS
tioiinaire des Rimes pour mettre en vers Mahomet, la Pucelle^ le Méchant, ou la belle traduction des Géorgiques.
En général, c'est après et d'après les bons écrivains qu'ont été composés les meilleurs dictionnaires; mais un dictionnaire, si bon qu'il soit, n'a jamais produit ni guidé un bon écrivain. C'est donc aux écoles publiques, aux jeunes gens, aux étrangers , que l'Institut national peut rendre un important service , non pas en retouchant le Dictionnaire de V Académie ^ mais en rédigeant un nouveau Dictionnaire, qui soit conçu avec méthode , qui présente des définitions claires et précises, l'étymologie , les racines des mots, et des exemples habilement choisis dans les auteurs classiques, depuis Malherbe jusqu'à Voltaire, depuis Pascal jusqu'à Buffon. L'excellent Dictionnaire italien de T Académie delta Crusca. offre un modèle en ce dernier point.
Ce n'est pas sur ce plan qu'est rédigé le Dictionnaire de V Académie française ; pour mieux dire , il est remarquable par l'absence de plan. Point d'étymologies; nulle clarté dans les définitions; des rédactions vagues, incomplètes. Quant aux phrases composées tout exprès pour faire autorité, elles fournissent presque toujours des exemples de mauvais style , souvent des modèles de ridicule. Ce travail malheureux est digne , en
SUR LE NOUVEAU DICIIONNAIUE. -k^^
tous sens, (In incpris ijiril iiispirail à V\)llairc dans L's iliMinors lems de sa vie. Et qu'on n'appelle point au secours d'iui pareil ouvrage tous ces tarauds écrivains, tous ces classiques fameux qui ont fait la gloire de T Académie , parce qu'ils y ont apporté leur gloire! ils sont innocens du Dictionnaire. L'ouvrage appartient tout entier à la foule lies immortels de profession. Les noms de la plupart sont restés ensevelis dans le recueil poudreux des harangues académiques; quelques-uns, tristement célèbres , ne sont connus de la postérité que par les satires de Boilean.
Otir. res auciennos. IV^ ^7